PixMob: la PME montréalaise qui illumine le monde

Publié le 05/05/2016 à 10:50

PixMob: la PME montréalaise qui illumine le monde

Publié le 05/05/2016 à 10:50

Par Matthieu Charest

De Taylor Swift aux Jeux olympiques d’hiver de Sotchi en passant par les matchs d’ouverture de la NBA, PixMob cumule les succès à l'international. Connue pour ses bracelets lumineux, la PME montréalaise s’apprête à lancer une plateforme de commerce en ligne et à lancer une nouvelle technologie: Connect, afin de révolutionner le réseautage.

La PME connaît une croissance soutenue. Depuis l’été dernier, le nombre d’employés est passé du simple au double, d’une quarantaine à près de quatre-vingts. D’ici un an, elle prévoit engager cinquante personnes de plus.

Créée sous sa forme actuelle en 2010, elle s’appelait Eski auparavant, l’entreprise a connu des croissances annuelles dans les trois chiffres. Aujourd’hui, son chiffre d’affaires se mesure en dizaine de millions de dollars US.

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La ruche anonyme

Situé dans le nord de Montréal, l’aspect extérieur de leurs locaux ne paye pas de mine. L’édifice, morne, sans personnalité, s’apparente plus à un entrepôt quelconque qu’à des bureaux abritant un catalyseur d’innovation.

Mais à l’intérieur, c’est une tout autre histoire. Les locaux sont ultramodernes, colorés, ouverts. Lors de notre passage, c’est une vraie ruche qui s’active. Autour de la cuisine centrale, surplombée par des mezzanines, les divers départements sont disposés en rayons.

[Crédit photo : Sylviane Robini pour le réseau PME MTL, de gauche à droite, David Parent, Vincent Leclerc et Jean Olivier Dalphond, les trois associés derrière PixMob

Nous commençons par rendre visite au président et co-fondateur, David Parent, à l’étage.

«Nous détenons environ 50 % du marché mondial dans les objets lumineux pour les foules, estime-t-il. Si l’on exclut la Chine par contre. Là, on ne sait pas trop ce qui se passe» [les chiffres ne sont pas fiables].

Pour se différencier parmi leurs concurrents, notamment la britannique Xyloband et l’américaine Glomotion, en plus des copies chinoises de piètre qualité, PixMob mise sur la qualité, l’innovation et le service.

«Nous sommes présentement en tournée au Japon avec le groupe Bump of Chicken, qui y est très, très populaire», raconte le président. Avec Xyloband, le groupe avait connu un taux de défectuosité de 17%, avec PixMob, ce même taux serait de 0,07% selon nos sources. «Pour les prix, nous pouvons être compétitifs, à cause du volume. Mais au-delà de l’aspect lumineux, nous pensons toujours à ajouter de la valeur pour nos clients, nous sommes dans l’art de l’émotion».

Un art qui se traduit par la projection d’images sur la foule en utilisant les bracelets comme autant de pixels, par exemple. Ou encore, en décortiquant les sons, les vibrations, par des couleurs changeantes sur les bracelets. 

Les défis

Mais au-delà de la concurrence, deux enjeux menacent de plomber la PME à terme.

Le recrutement de main-d’œuvre qualifiée est un défi majeur, confie David Parent. «Oui, il y a beaucoup de gens de talent à Montréal. Mais s’il te faut quelqu’un de l’étranger, c’est extrêmement difficile de le faire venir. En plus, il faut bien les convaincre de déménager. C’est très frustrant». 

Autre écueil potentiel, les délais. «Nous avons déjà refusé 80% des contrats offerts étant donné les délais trop courts, pour envoyer le matériel par exemple. Nous sommes passés à environ 25% de refus maintenant. Nous maintenons des stocks partout dans le monde».

Connect : humaniser le réseautage

Une fois la discussion avec David Parent terminée, le directeur marketing, Simon St-Germain, me présente Maria Koneva, représentante des ventes. Tout juste rentrée de Las Vegas par le vol de nuit, elle est chargée de me présenter Connect, la plateforme que s’apprête à lancer PixMob.

Sans doute épuisée par son vol et une journée qui a démarré trop tôt, elle déborde pourtant d’enthousiasme. C’est clair, le projet la passionne.

Sorte de mélange techno entre la carte d’affaires et LinkedIn, Connect se sert des bracelets PixMob pour permettre aux participants d’un événement, une conférence par exemple, de réseauter.

D’un simple choc de bracelet, les participants peuvent s’échanger leurs coordonnées professionnelles afin de tisser des liens. Les données accumulées par les porteurs du bracelet sont transférées automatiquement sur une page Web privée, où ils peuvent ajouter des notes. La carte d’affaires et le Rolodex à l’ère numérique finalement.

Pour les organisateurs, les bracelets permettent de géolocaliser les participants et intervenir s’il y a lieu pour faciliter la mobilité, ou encore pour évaluer le succès, ou non, de certaines présentations.

Autre étape, nous a révélé Simon St-Germain, directeur marketing, vu la demande de particuliers, PixMob s’apprête à lancer une plateforme de vente en ligne pour ses bracelets et autres objets connectés. Après tout, si c’est bon pour Taylor Swift, pourquoi ne pas illuminer un mariage privé ou autres événements corporatifs avec PixMob. Un pari à suivre.

Fondation : 2010 (Eski devient PixMob)

Siège social : Montréal

Nombre d’employés : Environ 80

Objectifs pour 2016 : Gestion de la croissance, prendre de l’expansion, poursuivre le déploiement de la plateforme de commerce en ligne et déployer la nouvelle plateforme Connect

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