«Les PME seront la nouvelle frontière pour le libre-échange» - Chrystia Freeland, ministre du Commerce international

Offert par Les Affaires


Édition du 26 Mars 2016

«Les PME seront la nouvelle frontière pour le libre-échange» - Chrystia Freeland, ministre du Commerce international

Offert par Les Affaires


Édition du 26 Mars 2016

Par François Normand

[Photo : Bloomberg]

Les PME canadiennes seront au coeur de la prochaine stratégie du gouvernement libéral de Justin Trudeau pour accroître les exportations du Canada, qui ont reculé en 2015.

Dans un entretien avec Les Affaires, la ministre canadienne du Commerce international, Chrystia Freeland, affirme qu'il faut «penser le libre-échange» autrement. «Nous devons comprendre que ce sont les PME qui seront la nouvelle frontière du libre-échange», dit cette ancienne journaliste du Financial Times et du Globe and Mail.

La signature de nouveaux accords de libre-échange est au menu d'Ottawa pour ouvrir de nouveaux marchés aux PME. Douze accords sont actuellement en vigueur entre le Canada et des pays comme les États-Unis, le Chili ou Israël.

Mais cela n'est pas suffisant pour les aider à exporter davantage, insiste Chrystia Freeland. À ses yeux, le gouvernement doit mieux accompagner les PME à l'étranger.

Les accords constituent une première étape

«Les accords de libre-échange sont uniquement la première étape, explique- t-elle. Nous devons, comme gouvernement, travailler plus fort pour donner aux entreprises ce dont elles ont vraiment besoin pour tirer parti de ces accords.»

L'enjeu est de taille pour nos entreprises. L'an dernier, les exportations du Canada ont reculé de 0,5 % pour s'établir à 522 milliards de dollars, selon l'Institut de la statistique du Québec. Nos expéditions ont diminué dans la même proportion aux États-Unis. Elles ont totalisé 400 G$.

La ministre s'inspire d'une approche dite de «l'AfterCare» - ou appui post-investissement - pour mieux accompagner les PME sur les marchés internationaux.

La création du programme CanExport, en janvier, s'inscrit dans cette stratégie. Ce programme fournira 50 millions de dollars sur cinq ans aux PME exportatrices pour les aider à augmenter leur productivité et à profiter des occasions d'affaires à l'étranger. Il vise les entreprises dont le chiffre d'affaires annuel s'établit entre 200 000 $ et 50 M$. La ministre affirme qu'Ottawa lancera d'autres programmes similaires. «C'est une première étape. Ce programme montre comment nous pensons devoir travailler.»

La Chine et l'Inde, des priorités

Pour ce qui est des accords de libre-échange potentiels que le Canada pourrait conclure, Chrystia Freeland affirme que les marchés émergents sont dans le collimateur du gouvernement canadien.

Par exemple, l'ancien gouvernement conservateur de Stephen Harper a lancé des négociations avec l'Inde, l'une des économies émergentes les plus dynamiques. En 2015, le PIB indien devrait progresser de 7,2 %, selon les estimations de l'Economist Intelligence Unit, une division du groupe The Economist. C'est une progression plus élevée que celle de la Chine, à 6,9 %.Le Canada négocie actuellement avec 26 pays (y compris les 15 pays membres du Marché commun des Caraïbes, dont Haïti, la Jamaïque et les Bahamas) pour conclure des accords de libre-échange. Source : Affaires mondiales Canada

Le marché chinois intéresse aussi au plus haut point Ottawa. La Chine est le deuxième partenaire commercial du Canada. En 2015, nos exportations s'y sont élevées à 20,2 G$. Par contre, notre déficit commercial avec ce pays atteint 45,4 G$, et il se creuse constamment.

La ministre Freeland a déjà eu un entretien avec son homologue chinois pour évaluer comment les deux pays peuvent renforcer leurs liens commerciaux.

Mais à ce jour, Ottawa et Pékin n'ont pas encore amorcé de discussions préliminaires pour conclure un éventuel accord de libre-échange.

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