Le ­Québec manque de grandes entreprises privées, dit le Conseil du patronat

Publié le 04/09/2019 à 10:00

Le ­Québec manque de grandes entreprises privées, dit le Conseil du patronat

Publié le 04/09/2019 à 10:00

Par François Normand

(Photo: 123RF)

Créatrices d’emplois, résilientes, exportatrices : les grandes entreprises privées insufflent une véritable bouffée d’air frais dans l’économie. Or, le Québec en compte un nombre insuffisant, d’après une nouvelle étude du Conseil du patronat (CPQ), dévoilée en exclusivité par Les Affaires. Pourquoi et comment corriger le tir ?

Devenir une grande entreprise n’a jamais été une option pour le fournisseur de solutions numériques ­Alithya. « ­On n’avait pas le choix de grandir, confie le président et chef de la direction, ­Paul ­Raymond. On risquait de perdre des contrats avec de gros clients si on n’avait pas une masse critique. » ­Une transformation bénéfique, car elle a permis à la société montréalaise qui aide les entreprises à numériser leurs activités de s’internationaliser et de devenir un leader ­nord-américain dans son domaine.

Au fil des ans, ­Alithya a augmenté ses revenus grâce à la croissance interne et à des acquisitions, dont la plus importante a été celle de l’américaine ­Edgewater, en 2018, qui a permis d’ajouter 400 professionnels à son équipe.

Grandir a été tout un défi pour la société, à commencer par la complexité de la gestion. « ­Quand une entreprise est petite, on connaît tout le monde. Aujourd’hui, c’est impossible : nous avons 300 personnes à ­Toronto, sans parler des 400 aux ­États-Unis et des 150 en ­France », dit M. Raymond.

Pour réussir sa croissance, ­Alithya a mis sur pied une équipe de gestion plus grande et plus compétente. Elle a aussi créé une « académie du leadership » pour transmettre plus efficacement la vision et la stratégie de l’entreprise aux cadres et aux employés.

Aujourd’hui, l’entreprise récolte les fruits de ses efforts. Elle affiche un chiffre d’affaires de 210 millions de dollars, emploie 2 000 professionnels et réalise près de 50 % de ses revenus aux ­États-Unis et en ­Europe. Des cas comme celui d’Alithya, le ­PDG du ­Conseil du patronat du ­Québec (CPQ), ­Yves-Thomas ­Dorval, en rêve.

S’il souhaite les voir se multiplier, c’est que les grandes entreprises, soit celles qui comptent plus de 500 employés, font beaucoup plus de recherche et développement (­R-D), paient de meilleurs salaires et exportent davantage que les petites et moyennes entreprises.

Or, selon une nouvelle étude du ­CPQ, le ­Québec manque de grandes entreprises privées, toute portion gardée, comparativement à l’Ontario, notre principal marché, compétiteur et benchmark économique au ­Canada.

Cet article est extrait de notre manchette Les entreprises doivent passer à la vitesse supérieure. Abonnez-vous pour la consulter en entier.


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