Le consultant numérique devenu commerçant irrévérencieux

Publié le 19/12/2016 à 14:16

Le consultant numérique devenu commerçant irrévérencieux

Publié le 19/12/2016 à 14:16

[Courtoisie]

Quand un pro du marketing numérique se lance dans le commerce de détail, il ne faut pas s’étonner que laventure s’amorce en ligne. Ce fut le cas de la boutique pour hommes Rituels. Mais celle-ci explore maintenant bien d’autres canaux de distribution.


«Nous avons trois canaux de distribution: soit la vente en ligne, notre boutique et une douzaine de boutiques pour hommes ou salons de barbier, explique le fondateur Michael Carpentier. La vente en ligne rapporte le plus, mais les deux autres canaux jouent des rôles importants dans notre stratégie».


Pour Rituels, placer ses produits de rasage traditionnel, de soins personnels et d’accessoires chez certains détaillants, comme la boutique montréalaise Bon Vivant, la chaîne Surmesur ou Emporium Barbershop, positionne la marque et multiplie les points de vente physiques. De son côté, le site surfe sur la popularité du commerce en ligne et génère le gros des revenus.


Quant à la boutique, Michael Carpentier la présente comme une base arrière. «C’est un entrepôt, un centre de logistique d’expédition, un point de service et un lieu pour ancrer la marque dans une expérience mémorable pour le client, soutient-il. Ses dépenses entrent dans les coûts de distribution et dans les coûts de marketing.»


C’est d’autant plus important que Rituels transite en ce moment de détaillant à marque. Lorsque Michael Carpentier a lancé son entreprise en 2011, c’était un projet pour ses temps libre et il vendait les produits des autres. En 2015, il a décidé de s’y consacrer à temps plein et de lancer sa propre gamme. Cela est devenu un facteur de différenciation majeur par rapport aux détaillants classiques.


Apprendre à la dure


Le commerce de détail n’est pas une sinécure. Pourquoi se lancer là-dedans ? «Je faisais du marketing numérique depuis longtemps et j’avais fait le tour du jardin, explique Michael Carpentier. J’avais envie de passer de consultant à bâtisseur d’une entreprise de commerce de détail.»


Ce faisant, il a gagné un respect immense pour les entrepreneurs de ce domaine. «C’est une méchante galère», admet-il d’emblée. Si sa connaissance du commerce en ligne l’a aidé à connaître du succès avec les ventes numériques, sa relative ignorance des boutiques physiques a été une bénédiction. Elle lui a permis de faire fi des convenances. Par exemple, on ne retrouve dans la boutique qu’un exemplaire de chaque produit sur une tablette, ce qui lui donne un peu l’air d’un musée ou d’une galerie.


[Courtoisie]


Mais son inexpérience a aussi entraîné son lot d’erreurs. Il rigole franchement en repensant au lancement de la boutique en novembre 2015. «J’avais décidé d’y travailler seul pour le premier mois avant d’embaucher de l’aide, mais j’avais nettement sous-estimé l’achalandage quelques semaines avant Noël, raconte-t-il. Résultat, j’ai travaillé 28 jours en ligne, avec des files d’attente à la caisse et des clients qui souhaitaient être servis partout dans la boutique. Plus jamais!»


Le fondateur des cabinets de marketing numérique Zengo et Sigmund est toutefois très satisfait des résultats de sa stratégie de développement des affaires, fortement axée sur le marketing de contenu.


«Nous utilisons plusieurs réseaux sociaux, dit Michael Carpentier. Notre bulletin par courriel, une approche que certains jugent désuète, est notre plus fort canal avec Facebook. Ce qui nous différencie, c’est notre ton irrévérencieux. Ça ne plaît pas à tous et c’est très bien ainsi. On veut des clients très engagés envers la marque. Ceux qui nous aiment nous adorent, ceux qui ne nous aiment pas achètent ailleurs et ce n’est pas un drame.» 


Pour l’instant, l’entreprise s’autofinance. «Nous n’avons par de dette, alors nous sommes libres de nos choix, se réjouit le propriétaire. Toutefois, il faudra peut-être s’ouvrir à des partenaires financiers pour nos futurs développements.»


Rituels


Année de fondation: 2011


Nombre d’employés: 5


Chiffre d’affaires: Environ 500 000 $, en forte croissance


Objectif: Développer les marchés du reste du Canada, des États-Unis et même de l’Europe

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