La course contre la montre de Phazon

Offert par Les Affaires


Édition du 10 Décembre 2016

La course contre la montre de Phazon

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Édition du 10 Décembre 2016

Par Matthieu Charest

Un modèle porte les écouteurs Phazon. Ciblant les sportifs, ils sont réputés pour tenir en place. (Photo: courtoisie)

En apparence, l'histoire de Phazon et de son président fondateur, Christian Houle, a de quoi faire rêver tout entrepreneur. Charismatique et télégénique, ses écouteurs sans fil cumulent les prix et retiennent l'attention des médias. Mais en réalité, la start-up est au coeur d'une course effrénée afin de commercialiser ses produits.

Imperméables à l'eau, dotés d'une connectivité Bluetooth et d'un micro, rechargeables et de taille universelle, les écouteurs Phazon impressionnent.

La montréalaise, qui a remporté le Prix Montréal inc. 2016 le 30 novembre, vient de faire les manchettes alors que le président a refusé 4 millions de dollars pour vendre son entreprise lors de l'émission Dragons' Den, sur les ondes de CBC.

«J'y crois tellement [à Phazon], explique l'ancien joueur de football des Carabins de l'Université de Montréal et des Roughriders de la Saskatchewan, que je vais tout donner. Au pire, ça ne fonctionnera pas. C'est comme quand je jouais au football, je n'avais pas un talent inné, mais je travaillais très fort.»

Au moins, son apparition à CBC lui aura permis de convaincre quatre dragons de le suivre dans l'aventure. L'entente n'est pas signée, mais selon l'homme de 30 ans, ce n'est qu'une question de temps.

Autre succès : sa campagne de sociofinancement sur Indiegogo lui a permis de recueillir plus de 2 M$ US, soit 1 819 % de l'objectif. À l'heure actuelle, 14 000 paires d'écouteurs ont été commandées, ce qui représente des ventes potentielles de 2,7 M$.

La face cachée du succès

Mais cette réussite n'est que la pointe de l'iceberg. Dans les faits, c'est une longue succession de nuits blanches, d'anxiété et de défis qui pèsent sur les entrepreneurs.

Et si Phazon semble briller de mille feux, le succès est hypothétique. Le produit n'a pas été livré et les retards s'accumulent. D'abord prévue à l'été 2016, la livraison ne devrait que débuter en janvier 2017. Si tout va comme espéré.

«Ce fut difficile de trouver une usine en Chine pour produire nos circuits imprimés, raconte Christian Houle. Même chose pour dénicher un manufacturier canadien en ce qui concerne l'assemblage. C'est très compliqué d'arriver à créer des écouteurs parfaits.» Les défis de connectivité et de miniaturisation, notamment, sont complexes.

Entre-temps, il s'est brouillé avec ses anciens associés. Conséquence : il a dû rebâtir son équipe à partir de zéro.

Et le temps file. Pendant que Phazon attend ses prototypes finaux d'ici quelques semaines, les géants comme Apple travaillent sur des produits semblables. Pour preuve, le nouvel iPhone 7 n'est plus doté d'une prise pour écouteurs.

«Nous avons beaucoup de pression, confie le président. Mais nous voulons arriver sur le marché avec le meilleur produit.»

Et à 240 $ la paire au détail (prix de lancement de 179 $ US), la québécoise est consciente que «tout le monde ne peut pas se payer ça. C'est pour ça que nous sommes axés sur les gens actifs avec un design très léché. Ça nous différencie des autres.»

Et si la pression est à son comble, l'entrepreneur relativise. «Tesla a été en retard. Mais c'est tellement bon ce qu'ils ont fait que la réception du public a été fantastique.»

Et si tout va bien, notre Elon Musk de l'audio veut atteindre 10 M$ en ventes d'ici la fin de 2017. Déjà, Walmart, Best Buy et Amazon ont démontré de l'intérêt, dit le jeune entrepreneur. Maintenant, il faudra livrer le produit.

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