Investissement de 10M$: encore plus d’aliments récupérés par Loop Mission

Publié le 02/06/2021 à 07:00

Investissement de 10M$: encore plus d’aliments récupérés par Loop Mission

Publié le 02/06/2021 à 07:00

Par Emmanuel Martinez

«C’est complètement fou! Chaque semaine on a des appels d’agriculteurs ou de transformateurs qui veulent se débarrasser d’aliments», dit le cofondateur de Mission Loop David Côté. (Photo: courtoisie)

Les fraises et le pain sauvés du dépotoir par Loop Mission commençaient à faire des jaloux. Les céleris et les courgettes qui pourrissaient dans les champs se demandaient ce qu’ils avaient fait pour mériter un tel sort. Idem pour les retailles, les morceaux trop gros ou les fruits et légumes blanchis dans des usines de transformations qui pouvaient encore servir, mais qui se retrouvaient aux poubelles.

Devant tant de gaspillage, Loop Mission, qui commercialise notamment des jus, du savon et de l’alcool avec des restes alimentaires, n’allait pas rester les bras croisés dans ses installations trop petites d’Anjou à Montréal.

L’entreprise a ainsi fait l’acquisition d’un bâtiment de 40 000 pieds carrés à Boisbriand, dans les Laurentides, dans le cadre d’un projet de développement de 10 millions $ annoncé mardi.

«On est devenu le centre d’appels de tous ceux qui veulent jeter des aliments. On perdait beaucoup d’opportunités de pressage et de sauvetage d’aliments, explique le cofondateur David Côté en entrevue avec Les Affaires. Donc on a acheté cette ancienne usine d’O’Sole Mio. C’est un bâtiment adapté à nos besoins, puisque c’était déjà dans l’alimentation»,

Loop Mission tourne à plein régime puisque ses ventes ont grimpé de 116 % l’an dernier. Il est bien loin le temps où David Côté et sa conjointe Julie Poitras-Saulnier ont démarré cette entreprise en 2016.

«On vivait dans notre appartement en haut du Starbucks du Marché Jean-Talon et on se branchait sur leur wifi parce qu’on n’en avait pas les moyens. Je capote de voir à quelle vitesse on grandit», dit David Côté.

«C’est complètement fou! Chaque semaine, on a des appels d’agriculteurs ou de transformateurs qui veulent se débarrasser d’aliments.»

 

Yeux vers l’étranger

La future usine de Boisbriand va permettre de multiplier par six la production ainsi que de la diversifier.

Loop Mission compte se lancer plus à fond dans l’élaboration de poudre déshydratée, de purées et de jus congelés qui pourront notamment être revendus à des transformateurs alimentaires, tout en empêchant des fruits et légumes de finir six pieds sous terre.

Elle pourra aussi se lancer dans l’exportation de ses jus et autres produits dans le nord-est des États-Unis, eux qui sont déjà disponibles dans le reste du Canada.

Parallèlement, des projets de constructions d’usines en Californie, en Europe et en Australie afin d’y récupérer des surplus ou des rejets locaux sont dans les cartons, afin de devenir un leader mondial de l’économie circulaire.

«C’est pas logique pour nous d’importer des fruits comme des oranges pour les transformer ici, fait valoir David Côté.  Des surplus, il y en a partout, donc on veut répliquer notre modèle sur place. Cela permet d’éviter la pollution liée au transport et de recycler localement les emballages dans lesquels on reçoit les produits délaissés.»

 

Dans la cour des grands

La notoriété de Loop Mission lui vaut des coups de fil de gros joueurs de l’industrie, comme Del Monte, qui la contactent pour trouver des débouchés à leurs restes.

«Huit appels sur dix, on ne peut rien faire, déclare David Côté. Parce que y’a pas assez de surplus annuellement. Si on veut déployer, cela ne vaut pas le coût. L’impact, c’est sur les grands joueurs. C’est eux qui nous appellent avec des idées et qui veulent qu’on développe ensemble un produit.»

Il souligne que la récupération d’aliments périssables est un casse-tête, mais que Loop Mission a réussi à se démarquer dans ce créneau qui était autrefois «tabou», selon lui.

«On est l’intermédiaire qui a développé la logistique des surplus pour des compagnies qui ne veulent pas se compliquer la vie avec cela et qui envoyaient ces aliments aux ordures.»

David Côté précise que les entreprises agroalimentaires qui vendent leurs restes qu’ils jetaient autrefois aux poubelles réussissent à générer des revenus supplémentaires sans coûts additionnels en marketing ou en production tout en économisant les frais de dépotoirs.

«Avec plus d’argent dans leurs poches, ces compagnies peuvent donc vendre leurs produits moins chers. Ce qui force leurs concurrents à aussi valoriser leurs surplus pour rester compétitif.»

C’est ainsi qu’un cycle vertueux a été enclenché afin de réduire le gaspillage alimentaire. D’autres industries devraient certainement prendre note de ce modèle en pleine croissance.

 

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