Gérer à l'ère du plein emploi et des pénuries

Offert par Les Affaires

Publié le 21/02/2018 à 06:00, mis à jour le 21/02/2018 à 08:38

Gérer à l'ère du plein emploi et des pénuries

Offert par Les Affaires

Publié le 21/02/2018 à 06:00, mis à jour le 21/02/2018 à 08:38

Par Mia Homsy

Comme l'an dernier, le marché de l'emploi est en pleine effervescence au Québec. En décembre 2017, le taux de chômage est tombé à 5 %. Deux phénomènes expliquent ce creux historique: l'économie a dépassé les attentes et la population vieillit, ce qui fait rétrécir le bassin de main-d'oeuvre potentiel. Il semblerait donc que le plein emploi soit atteint. D'ailleurs, les pénuries de main-d'oeuvre s'aggravent dans divers secteurs, de sorte que les employeurs cherchent de nouvelles façons d'attirer des gens qualifiés.


Les chiffres en disent long. Pour la première fois en plus de 10 ans, nous assistons à une troisième année consécutive de création nette d'emplois. Depuis le début de 2015, plus de 220000 emplois, majoritairement à temps plein, ont été créés au Québec. Entre les troisièmes trimestres de 2016 et de 2017, le nombre de postes vacants a grossi de 30%, pour atteindre presque 90000. Selon la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante(FCEI), en janvier 2018, près de 40% des petites entreprises canadiennes soulignaient que le manque de travailleurs qualifiés freinait leur production.


D'autres phénomènes indiquent que la situation se complexifiera au cours de la prochaine décennie: la démographie et l'accélération du changement technologique.


D'après les prévisions, entre 2015 et 2024, un million de travailleurs devraient prendre leur retraite au Québec. En 2030, il y aura 140000 travailleurs de moins et 630 000 retraités de plus.


Parallèlement, l'automatisation et la robotisation viendront bouleverser les pratiques. On estime qu'environ 1,4 million de travailleurs québécois seront touchés (nouvelles tâches, nouveaux chômeurs technologiques, personnes en situation de sous-emploi ou en quête de nouvelles formations).


Les métiers nécessitant un travail cognitif non routinier seront plus à l'abri des robots et des logiciels intelligents (tâches exigeant des capacités d'analyse non standardisée, de l'improvisation, de la résolution de problèmes nouveaux, de la créativité, de la transmission de savoir, de la supervision d'autres personnes, de l'autonomie et des aptitudes sociales).


Bien sûr, une meilleure intégration des immigrants au marché du travail et la rétention des travailleurs de 55 ans et plus demeurent essentielles. D'importants efforts sont consentis à cet égard, mais il faudra en faire davantage.



« L'automatisation et la robotisation seront-elles la solution à la pénurie de main-d'oeuvre? »


À moyen terme, les robots aideront probablement, mais à long terme, ils feront ressortir l'enjeu véritable: la formation. Les transformations du marché du travail s'accéléreront et les travailleurs devront être outillés pour s'adapter en continu à de nouvelles exigences imposées par la technologie.


La solution passera donc inévitablement par l'offre d'une formation de qualité, continue, accessible et flexible. Cette responsabilité incombe en premier lieu au gouvernement, mais c'est aussi une question sociétale qui exigera une collaboration et une coordination meilleures entre les entreprises, le ministère de l'Emploi et le milieu de l'éducation.

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