La PME québécoise qui fait vibrer Dubaï

Publié le 19/01/2017 à 13:54

La PME québécoise qui fait vibrer Dubaï

Publié le 19/01/2017 à 13:54

[Courtoisie. Les projections qui font partie intégrante de l’architecture du City Walk, à Dubaï, ont été conçues et réalisées par Float4]

À la fin de 2016, la PME technologique montréalaise Float4 a bouclé un mandat de plusieurs millions de dollars lié au City Walk à Dubaï. Ce projet, qui comprenait la conception et l’installation de projections et de fresques numériques d’une dimension comparable à 12 terrains de football, dans un quartier commercial, est selon Float4 le plus grand en son genre au monde. Et ce n’est qu’un premier pas.

Le City Walk, à Dubaï, est un quartier commercial de 85 700 mètres carrés qui rappelle les villes européennes sillonnées de rues piétonnières. Float4 était responsable d’élaborer la stratégie de contenu, de le produire et de s’occuper des aspects techniques.

«Pour nous, le contenu numérique est un matériau, comme du bois, du papier peint, du béton ou de la peinture», dit le cofondateur Alexandre Simionescu. Son entreprise, fondée en 2008, transforme donc les lieux physiques pour y ajouter des installations et expériences numériques en tout genre : murs interactifs, espaces immersifs et projections audiovisuelles visant la publicité ou le divertissement.

Encore jeune, la PME a pourtant déjà un impressionnant portfolio de clients : Desjardins, Saudi Aramco, le Cirque du Soleil, la NBA, J.P. Morgan, le gouvernement canadien et Beats by Dre.

Concrètement, le travail de Float4 au City Walk à Dubaï se résume par les chiffres suivants: 100 millions de pixels de projection nécessitant trente baies de serveurs pour les faire fonctionner.

City Walk Dubai from Float4 on Vimeo.

Les installations de Float4 sont séparées en trois sections. La première s’appelle le Gateway. La PME y a installé deux écrans DEL, un de 75 mètres de long et l’autre de 85 mètres, qui servent à afficher du contenu publicitaire et des éléments de divertissement.

La seconde section, nommée Showstreet, a une vocation plutôt architecturale. Float 4 y a installé un plafond d’environ 150 mètres de long qui projette du contenu. Le plancher diffuse lui aussi des éléments visuels, cette fois-ci sur une distance d’environ 100 mètres.

La troisième section, la Place des lumières, est l’attraction principale. On y retrouve entre autres une fontaine à l’apparence ordinaire, de jour, mais qui se transforme le soir: des bras de 10 mètres sortent de l’eau pour créer des rideaux d’eau sur lesquels sont projetées des images.

Ce projet, que Float4 a mis environ un an et demi à élaborer, puis à livrer, est un exemple de ce qui s’en vient pour l’entreprise de 25 employés.

«C’est notre plus gros projet à jour, mais c’est un exemple de ce que l’on vise. Ce mandat-là nous ouvre la porte à des projets de plus grande envergure encore», dit Alexandre Simionescu.

[Courtoisie. Le cofondateur de Float4, Alexandre Simionescu, en compagnie du directeur général Stéphane D’Astous et de son cofondateur Sevan Dalkian]

Selon lui, les clients apprécient les projets de son entreprise puisque la technologie numérique permet maintenant de repenser complètement l’architecture et de changer l’identité d’un lieu en appuyant sur quelques touches de clavier. C’est une façon pour eux de se différencier de la compétition.

D’ici un an, M. Simionescu voudrait consolider ses opérations à l’international. Les États-Unis, où Float4 a ouvert un bureau en 2016, sont notamment une priorité en raison du taux de change avantageux et de la proximité.

L’an dernier, Float4 a d’ailleurs continué de pénétrer le marché américain en réalisant un projet pour eBay. L’entreprise de vente en ligne a ouvert un nouveau bureau dans la Silicon Valley, un bureau qu’elle nomme Main Street. La boîte techno montréalaise y a installé un mur interactif de 12 pieds de long qu’elle a conçu et qui permet de voir l’évolution en temps réel des ventes à l’échelle mondiale de certains produits, comme des sacoches.

D’ici cinq ans, M. Simionescu projette d’ouvrir de nouveaux bureaux dans le monde. Il n’a pas encore choisi de villes particulières, mais il considère entre autres le Moyen-Orient et l’Asie. Il favorisera les centres d’innovation.

En attendant, le début de 2017 sera occupé chez Float4 puisque l’entreprise lancera en milieu d’année RealMotion, un ensemble de logiciel et de matériel informatisé qui permet d’exécuter et d’afficher du contenu audiovisuel comme celui qu’elle produit. D’ici deux ou trois ans, elle prévoit également développer et commercialiser des outils qui permettront de créer du contenu.

«Ce sont des outils que nous développons nous-mêmes pour nos besoins parce que les outils disponibles ne sont pas assez performants, dit Alexandre Simionescu. Et là, le temps est venu de les commercialiser.»

Float4 en quelques chiffres

Année de création : 2008

Chiffre d’affaires annuel: environ 5 M$

Marché desservi: Amérique du Nord, Europe, Moyen-Orient, Asie

Emplacement du siège social: Montréal

Objectif pour l’année à venir : consolider ses opérations à l’international

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