Eddyfi Technologies veut doubler de taille d'ici 2020


Édition du 10 Mars 2018

Eddyfi Technologies veut doubler de taille d'ici 2020


Édition du 10 Mars 2018

Par Denis Lalonde

José Bussière, PDG de Libéo, Martin Thériault, PDG d’Eddyfi et Renaud Lavoie, PDG d’Embrionix [Photo : Vincent Provost]

Eddyfi Technologies, de Québec, souhaite doubler de taille et atteindre un chiffre d'affaires de 100 millions de dollars d'ici 2020, indique son PDG, Martin Thériault.

L'entreprise se spécialise dans les « tests non destructifs » pour l'inspection d'infrastructures comme les centrales nucléaires, les turbines, les pipelines et les plateformes pétrolières, de même que pour des composantes de téléphones.

Concrètement, Eddyfi inspecte les équipements pour s'assurer de leur bon fonctionnement. Lorsqu'elle trouve des anomalies, la tâche de la société est de signaler quelles sont les pièces à remplacer avant qu'une panne ou un bris ne survienne.

Création et sortie de crise

En 2009, M. Thériault travaillait pour Zetec, une entreprise du secteur des tests non destructifs. Au coeur de la crise financière, elle décide de vendre des actifs et d'abandonner des programmes de recherche et développement (R-D). « J'ai vu que de nombreux clients déploraient le fait que la société abandonne le programme de R et D sur lequel je travaillais. Avec deux collègues (Michael Sirois et Florian Hardy), nous avons décidé de racheter ce programme pour desservir le marché des tests pour les centrales nucléaires et les turbines », explique M. Thériault.

« Au départ, le marché était très petit, il nous a fallu investir beaucoup en R-D. Huit ans plus tard, la société compte 260 employés », raconte-t-il.

Au cours des 18 derniers mois, l'entreprise a réalisé trois acquisitions au Royaume-Uni et une à Québec. M. Thériault dit avoir exploré le marché anglais pour acheter la société Silverwing en mai 2016, en profitant d'une baisse de la livre sterling à la suite du vote sur le Brexit. « Après la première acquisition, le téléphone s'est mis à sonner et nous avons finalement réalisé deux autres transactions là-bas en mai et octobre 2017 », explique le dirigeant.

M. Thériault soutient que le Royaume-Uni possède un bon bassin de chercheurs et d'entreprises technologiques dans le marché ciblé par Eddyfi, surtout en raison de la présence de nombreuses centrales nucléaires et de BP du côté de la pétrochimie.

« Quand nous réalisons des acquisitions, nous ciblons les technologies qui nous sont offertes, mais aussi une clientèle qui est prête à acheter nos produits, affirme le PDG. De plus, Silverwing possédait des bureaux aux États-Unis, aux Émirats Arabes Unis et en Afrique du Sud. La transaction nous a donc procuré une présence au Moyen-Orient et dans le sud de l'Afrique, où il nous aurait été difficile d'ouvrir des filiales. »

À ce jour, Eddyfi dit compter des clients dans 80 pays, incluant Areva, Ontario Power Corporation, EDF Energy, Mitsubishi Heavy Industries, Rolls-Royce, Siemens, Alstom, la NASA, Space X et le programme Ariane du Centre national d'études spatiales.

Croissance organique et par acquisitions

Eddyfi n'entend toutefois pas s'arrêter là, soutient son PDG. La société pourrait réaliser une à deux acquisitions par année d'ici 2020, notamment aux États-Unis, où le marché est très fragmenté.

« À l'échelle mondiale, il existe trois ou quatre très gros joueurs dans notre industrie, comme Olympus et GE, une dizaine d'entreprises de taille moyenne dont nous faisons partie, et environ 250 sociétés dont le chiffre d'affaires oscille entre 500 000 M$ et 10 M$. En achetant de plus petits joueurs, on ajoute des technologies, on mutualise les ventes et on rend nos initiatives de R-D plus fortes », dit le PDG.

En parallèle à ses acquisitions, Eddyfi poursuit ses propres programmes de R-D, elle qui consacre entre 15 % et 20 % de son chiffre d'affaires au perfectionnement et au développement de produits.

« En 2015, notre chiffre d'affaires était de 20 M$. Il est passé à 50 M$ l'an dernier et nous voulons atteindre 100 M$ en 2020. J'ai confiance que nous atteindrons notre cible de quintupler nos revenus en cinq ans », dit le dirigeant.

Si Eddyfi veut se renforcer dans ses principaux secteurs d'activité, elle souhaite aussi augmenter sa présence dans les secteurs de l'aérospatiale et des minières.

M. Thériault a été nommé PDG de l'année AQT-Investissement Québec 2018 durant l'événement Vision PDG, organisé par l'Association québécoise des technologies, qui s'est déroulé du 20 au 22 février à Mont-Tremblant. Il a été élu par un parterre de 150 PDG d'entreprises québécoises en technologies de l'information.

José Bussière, PDG de Libéo, et Renaud Lavoie, PDG d'Embrionix, étaient finalistes pour l'obtention de ce prix.

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