Robko: de barmans à constructeurs

Publié le 24/03/2016 à 14:50

Robko: de barmans à constructeurs

Publié le 24/03/2016 à 14:50

Par Claudine Hébert

De gauche à droite: le directeur des ventes de Via Capitale Sélect, Gabriel Roberge, Ralph Koehler et le directeur de l'usine Structure Robko, Frédéric Lapointe. (Photo: Robko)

PME DE LA SEMAINE - Ralph Koehler et Sylvain Robitaille, les têtes dirigeantes de Développements Robko, de Québec, sont associés depuis près de 30 ans. Ils en ont fait des bons coups depuis qu’ils se sont rencontrés alors qu’ils étaient tous deux à l’emploi du bar Dagobert.


Leur dernier en lice: l’achat de l’ancienne usine Fermco, à Saint-Adelphe, en Mauricie, en juillet dernier, au coût de 2 millions de dollars. 


«Cette acquisition nous permet désormais de nous approvisionner nous-mêmes en fermes de toit, en poutrelles et surtout en murs que nous pouvons faire construire à l’intérieur et non plus sur place à la merci des intempéries», rapporte Ralph Koehler.


Cette acquisition se traduit d’abord par des économies d’au moins 40 000$ par année liées aux pertes de matériaux, soit l’équivalent de 5000 bacs de recyclage remplis de retailles. Mais surtout, la PME de Québec bénéficiera ainsi d’une énorme économie de temps.


«Finis les retards de livraison qui pouvaient aller d’une, voire à deux semaines sur les chantiers», indique le constructeur. Structure Robko réalise entre 100 et 130 maisons unifamiliales, jumelées et de ville par année sur la couronne nord de Québec. Robko a l’avantage de construire ses habitations sur des terrains qui lui appartiennent, essentiellement situés dans Val-Bélair, Charlesbourg, Lac Saint-Charles, Loretteville et Beauport.


Ils profitent d’un marché de l’unifamiliale qui se porte relativement bien à Québec, particulièrement à la revente, où plus de sept habitations sur dix sont des maisons unifamiliales, souligne Paul Cardinal, directeur analyse du marché à la Fédération des chambres immobilières du Québec.


L’investissement pour l’achat de l’usine Fermco, qui avait fermé ses portes en décembre 2014, comprend également l’installation d’un nouveau logiciel et l’achat d’un nouveau camion de livraison.


«La reprise et la réouverture de l’usine agissent comme une réelle bouffée d’air frais pour la municipalité de Saint-Adelphe. Il s’agit d’un moteur économique majeur au sein de notre territoire», soulève Patrick Baril, directeur général du CLD de Mékinac.


Structure Robko souhaitait faire l’acquisition d’une telle usine depuis 2011. Les constructeurs avaient déjà lorgné deux usines dans le Centre du Québec, sans succès. Pourquoi avoir investi en Mauricie? «Les manœuvres sont rares à Québec. En Mauricie, on trouve une main d’œuvre qualifiée et beaucoup plus accessible. D’ailleurs, la plupart des employés de Fermco, soit près d’une trentaine de travailleurs, ont tous été réembauchés. Et on souhaite doubler ce nombre au cours de la prochaine année», indique M. Koehler. Les taxes municipales sont par ailleurs beaucoup moins élevées dans la MRC de Mékinac qu’en banlieue de Québec.


Robko compte profiter de cette acquisition pour pénétrer le marché du grand Montréal d’ici la fin de l’année 2016. «Fermco disposait dans le passé d’une importante clientèle de constructeurs montréalais. Plus de 90% de sa production y était dédiée. On compte reprendre des parts de ce marché. On prévoit que 30% de la production de l’usine prendra la route de Montréal sous peu», soutient le constructeur Koehler. Selon lui, l’achat de l’usine Fermco devrait se traduire par une augmentation de 15% du chiffre d’affaires de la PME, évalué à 30M$ par année.


Tout a commencé chez Dagobert


La filiale Structure Robko existe depuis 2004. Néanmoins, l’association des deux entrepreneurs remonte à 1988. «On travaillait tous les deux au bar Dagobert, sur Grande-Allée, à Québec. Sylvain et moi étions tous les deux issus du monde la construction, lui plombier, moi couvreur, mais sans emploi dans notre industrie. C’était l’époque où la construction était au neutre», raconte M. Koehler.


Au début, les deux hommes ont commencé à acheter des immeubles de location et à faire de la rénovation. Aujourd’hui, plus de 90% des revenus de Développements Robko proviennent de la construction neuve.


La prochaine étape? «On blague souvent sur ce sujet mon partenaire et moi, mais une entreprise de béton serait sans doute la bienvenue pour compléter la boucle», dit M. Koehler.


 


L'entreprise en chiffres


Année de création: 1988 pour Développements Robko, 2004 pour la filiale Structure Robko


Nombre d’employés : 55


Chiffre d’affaires : 30M$


Objectif pour 2016 : Augmenter ses parts de marché dans la région montréalaise.


 

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