Les deux plus grandes sources de stress pour les entrepreneurs

Publié le 07/03/2016 à 10:01

Les deux plus grandes sources de stress pour les entrepreneurs

Publié le 07/03/2016 à 10:01

Franck Boulbès, cofondateur de Celliers Domesticus. (Photo: Aurélien Pierre)

La croissance et les liquidités sont citées parmi les principaux facteur de stress par les entrepreneurs selon un sondage d'Intuit Canada. Témoignages. 

Quand on démarre une entreprise, la pression est forte pour grandir rapidement. «J’ai rencontré un bailleur de fonds dernièrement qui me disait qu’il nous prêterait sans problème si on avait une croissance de 20 %... par semaine», raconte Franck Boulbès, cofondateur de Celliers Domesticus.

Créée en 2013, la start-up montréalaise produit et commercialise des celliers intelligents permettant de reproduire les conditions de vieillissement du vin. «Ce n’est pas simple de maintenir l’équilibre entre revenus et production», ajoute l’entrepreneur.

Surtout quand on fonde son entreprise à deux, comme l’a fait Franck Boulbès avec son frère, qui habite en France. Une réalité partagée par plusieurs, alors que se lancer en solo est de plus en plus rare.

«La plupart des entrepreneurs que nous accompagnons fondent leur entreprise à deux ou trois, indique Liette Lamonde, directrice générale de la Fondation Montréal inc., un organisme qui aide les jeunes Montréalais à se lancer en affaires. C’est très positif, car cela leur permet d’élargir leur champ de compétences. Mais cela augmente la pression pour engendrer des revenus rapidement et subvenir à leurs besoins.»

Victimes de leur croissance
Si le manque d’argent est un obstacle pour se lancer en affaires, la difficulté à obtenir des liquidités peut empêcher les entreprises de croître aussi rapidement que prévu. Pas étonnant que ces deux questions arrivent en tête de liste des préoccupations des propriétaires canadiens de petites entreprises, selon un sondage mené auprès d’eux par Intuit Canada.

Autre phénomène: plusieurs entrepreneurs remportent du succès tellement rapidement qu’ils ne sont pas prêts à faire face à la musique. «La croissance vient beaucoup plus vite aujourd’hui qu’il y a cinq ans. Les entreprises en démarrage décollent rapidement parce qu’elles ont trouvé la bonne formule, mais elles n’avaient pas prévu ce rythme de croissance aussi rapide», observe Liette Lamonde. Tout à coup, tout est multiplié par dix, mais les propriétaires sont pris de court…  

«Ça me prendrait dix têtes et vingt mains de plus, mais je ne les ai pas. Pour pouvoir les recruter, je dois pouvoir les payer.» S’enchaîne alors une multitude de décisions à prendre. «Tout fonctionne quand on ne compte que sur quelques ventes, mais quand ça explose, ce n’est plus la même paire de manches!»

Une réalité qu’elle explique en partie à cause de la technologie, qui permet de développer des produits rapidement et à moindres frais. «Démarrer une entreprise de fabrication demande beaucoup de temps pour trouver les bons fournisseurs, les bonnes pièces, etc. Mais dans l’univers technologique, tout se passe extrêmement rapidement, explique-t-elle. On passe vite aux premières ventes et ensuite, à des demandes de clients d’envergure, avec des ventes beaucoup plus importantes que prévu.» Sans compter que des plates-formes de sociofinancement comme Kickstarter les propulsent sur la planète dès leurs premiers balbutiements.

Le salaire n’est pas tout
Par manque de liquidités, plusieurs entrepreneurs préfèreront se serrer la ceinture pour payer leurs employés clés. Une solution temporaire qui risque d’être nuisible à long terme, avertit Liette Lamonde. Car en se sous-payant, ils perdent des points auprès des bailleurs de fonds éventuels. Il devient alors difficile, voire impossible, d’engager leur responsabilité personnelle pour un prêt.

«On encourage nos entrepreneurs à commencer rapidement à se verser un salaire. Ils peuvent alors monter un historique de crédit personnel, une condition nécessaire pour continuer à faire grandir l’entreprise.» C’est aussi essentiel pour amasser une mise de fonds, obligatoire pour obtenir un prêt.

En réalité, seulement 13%  des entrepreneurs font le saut pour gagner plus d’argent. Ce serait plutôt le fait d’être leur propre patron qui est leur principale source de motivation, selon le tiers des répondants de l’étude Intuit Canada.

«Il faut une certaine dose de folie pour braver les risques. Surtout quand, comme moi, on laisse un emploi stable, un salaire fixe et une retraite bien solide», soutient Franck Boulbès. Ce qui ne l’empêche pas de faire partie des 79% d’entrepreneurs qui s’estiment plus heureux depuis qu’ils ont pris le virage entrepreneurial.

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