Conquérir le monde en vélo de montagne

Publié le 31/03/2016 à 11:10

Conquérir le monde en vélo de montagne

Publié le 31/03/2016 à 11:10

Par Claudine Hébert

Yvan Rodrigue, directeur général de Devinci, avec le nouveau Django Carbon, lancé à la mi-mars.

PME DE LA SEMAINE - Le manufacturier de vélos Devinci, à Chicoutimi, a pris un pari en 2010. Faire du marché international, qui représentait moins de 5% de ses ventes à l’époque, sa principale source de revenus. Comment y est-il parvenu ? En se hissant parmi les meilleurs fabricants mondiaux de vélos de montagne !


Au premier trimestre de 2016, 55% du chiffre d’affaires du manufacturier de vélos saguenéen provenait de l’extérieur des frontières canadiennes : 30% des États-Unis et 25% de l’Europe.


À l’image d’un cycliste qui évolue sur une piste truffée de racines, de gros cailloux, de boue et d’autres obstacles, «Devinci a pris le chemin le plus difficile, le plus lent pour réussir ce tour de force», soulève Yvan Rodrigue, directeur général de l’entreprise depuis 2003.


Un des éléments-clés de ce succès : la garantie à vie offerte sur les cadres à double suspension des vélos haut de gamme, fabriqués à Chicoutimi.


Les publications spécialisées américaines et européennes sont dithyrambiques au sujet des vélos fabriqués par Devinci. La revue américaine Outside, qui rejoint plus de 2,4 millions de lecteurs, a hissé le Devinci Spartan Carbon SX parmi les cinq meilleurs vélos de montagne de l’année en 2015. Et on chuchote que le Troy Carbon pourrait en faire autant pour l’année 2016.


Il faut ajouter à ces éloges les exploits du Canadien Steve Smith, qui a remporté le championnat de la Coupe du monde de vélo de montagne en 2013 en selle sur un Devinci Wilson Carbon. La nouvelle édition de ce vélo vient justement d’être lancée le 29 mars dernier.


Plus d’un million de dollars ont été investis par l’entreprise au cours des cinq dernières années pour ajuster les infrastructures et les plateformes de production de l’usine de Chicoutimi. Et ça continue. Devinci compte devenir un leader du «gravel bike», un vélo adapté pour les chemins de terre, d’ici les cinq prochaines années.


Mais, insiste Yvan Rodrigue, c’est sa façon de faire des affaires à l’international qui propulse aujourd’hui les revenus annuels de l’entreprise à plus de 20 M$. Le double du chiffre d’affaires de 2010.


«Au départ, nous nous sommes associés avec des distributeurs qui veillaient au marketing et à la vente au détail à l’extérieur du pays. On a réalisé rapidement que notre marge de profit était considérablement réduite. De plus, nous étions trop dépendants de leurs réseaux de détaillants. On voulait davantage de liberté », raconte-t-il.


L’entreprise a donc peu à peu développé son propre réseau d’agents indépendants. En cinq ans, la force de vente est passée de 8 à plus de 43 personnes. « Outre Montréal et Vancouver, nous avons des entrepôts à Rotterdam, aux Pays-Bas, et Grand Prairie, au Texas, afin de faciliter la livraison de nos vélos à nos détaillants. Rotterdam, par exemple, est une zone de commerce hors douanes. Lorsque nos agents s’y approvisionnent, on paye les douanes et les taxes en fonction des pays où les vélos seront livrés», explique Yvan Rodrigue.


Un procédé ambitieux que salue le consultant en exportation Christian Sivière. « Cette méthode d’importateur non-résident est très fréquente aux États-Unis. Les Américains préfèrent que les entreprises de l’extérieur s’occupent de tout. Mais en Europe, c’est beaucoup moins répandu. En fait, très peu d’entreprises québécoises acceptent d’y occuper ce rôle. Un processus jugé trop long, trop compliqué. Mais celles qui y parviennent - le cas Devinci en est un bel exemple - constatent que l’exercice s’avère beaucoup plus payant », indique Christian Sivière, de Solutions Import Export Logistique, Montréal.


Expertise en vélo libre-service


Devinci produit également les vélos libre-service qui sont utilisés dans plus de 15 grandes villes du monde. Notamment Montréal (BIXI), Londres, Chicago, Guadalajara. « Depuis 2009, nous avons produit plus de 45 000 vélos libre-service et nous n’avons eu aucun retour de marchandises », indique fièrement M. Rodrigue. Le système devrait être déployé vers la fin de l’été 2016 dans la ville de Honolulu, à Hawaii.


Cette entente avec l’entreprise de Longueuil PBSC, qui commercialise le système de vélos libre-service, correspond à plus de 15% des revenus de l’entreprise saguenéenne. «C’est un marché dont Devinci ne contrôle pas le développement, mais qui nous permet de maintenir notre production en basse saison», conclut M. Rodrigue.


Année de création : 1987


Nombre d’employés : 72


Chiffres d’affaires : plus de 20 M$


Objectif pour 2016 : Maintenir la croissance annuelle de 20%, et ce pour les 5 prochaines années. Devinci compte également poursuivre la R-D pour renforcer sa position dans le marché du vélo de route haut de gamme.


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