Ça pousse pour Biotero

Publié le 08/04/2024 à 07:30

Ça pousse pour Biotero

Publié le 08/04/2024 à 07:30

Par Emmanuel Martinez

Développé par Biotero, le BTX-160 permet de transporter et répandre le terreau au sol de manière beaucoup plus rapide et économique. (Photo: Biotero)

L’innovation peut faire grandir rapidement comme en témoigne le cas de la jeune entreprise de gazon Biotero.

La PME de Québec s’attaque à cinq nouveaux marchés québécois pour faire verdir des pelouses, grâce à l’apport de franchisés. Se décrivant comme la seule au Canada à se spécialiser dans le terreautage et l’ensemencement biologique, l’entreprise compte désormais des franchises à Mirabel, Beloeil, Saint-Jérôme, Victoriaville et au Saguenay–Lac-Saint-Jean. Elles seront dotées des équipements conçus par Biotero pour transporter et répandre le terreau au sol de manière beaucoup plus rapide et économique. Il s’agit du BTX-160, qui a remporté un prix de la CNESST en santé et sécurité au travail.

«Avant, deux employés pouvaient faire trois terrains par jour, tandis qu’un peut maintenant en faire dix, affirme Philippe Goulet, président de Biotero, en entrevue. On a augmenté les capacités de production 400% et le travail est moins éreintant.»

Cette innovation permet de transporter avec un seul camion la terre bonifiée de compost, le terreau, ainsi que l’outil pour la répandre au sol, la «terreauteuse», qui se remplit en dix secondes en pressant simplement sur un bouton.

«Cela évite le pelletage, explique l’homme d’affaires. On peut répandre 50 verges de terreau par jour.»

L’entreprise estime qu’avec sa terre enrichie de matières organiques compostées et ses semences provenant de fournisseurs, elle offre une pelouse écoresponsable à prix accessible. Elle juge qu’à surface égale, son procédé de terreautage est jusqu’à 70% moins onéreux que le gazon en rouleau, sans oublier la réduction de l’empreinte carbone. Et ceci sans avoir besoin de fertilisant ni de pesticides, car la PME utilise des semences variées pour obtenir une pelouse plus durable.

 

Forte expansion

La PME fondée en 2018 a de grandes ambitions. Dès l’an prochain, Biotero vise à desservir l’ensemble du Québec avec environ huit nouveaux franchisés, tandis qu’une percée est prévue en Ontario et aux États-Unis en 2026. «On a déjà des demandes de l’extérieur de la province, remarque Philippe Goulet. Notre expansion se fera grâce à l’ajout de franchisés, car c’est la manière la plus rapide de croitre. Dans notre domaine, on est les premiers spécialisés comme ça.»

L’entrepreneur précise que sa proposition d’affaires est idéale pour les compagnies de déneigement qui veulent rentabiliser leurs équipements et leur main-d’œuvre durant la saison estivale. D’ailleurs, trois des cinq franchisés de Biotero sont issus de ce domaine.

«C’est un super combo pour une entreprise de déneigement, croit-il. Elles n’ont qu’à travailler dans le même secteur où elles opèrent déjà. C’est une implantation simple pour un déneigeur.»

Avec son système de franchise, la PME possède quatre sources de revenus. La première est la vente de territoire pour fournir une exclusivité au partenaire dans une région donnée. La seconde consiste en la vente d’équipements, dont le BTX-160 qui se détaille 110 000 dollars l’unité. Il y a ensuite la perception de redevances sur le chiffre d’affaires des franchisés et finalement, des ristournes des fournisseurs autorisés qui produisent les semences et le terreau utilisés par Biotero.

La maison-mère contrôlée par Philippe Goulet et son beau-frère maintient l'exploitation du marché de Québec où elle a commencé, tout en poursuivant ses efforts d’innovation, au profit de tous ses franchisés.

«On a d’autres projets qui s’en viennent et on va continuer de doubler nos revenus annuellement», soutient le patron.

Avec de nombreuses entreprises de paysagement, de gestion immobilière et d’excavation qui cognent à sa porte pour lui offrir des contrats en sous-traitance, Biotero ne devrait pas manquer de boulot dans les prochaines années.

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