Le lab: Une habile technique pour transformer le négatif en positif


Édition du 22 Février 2014

Le lab: Une habile technique pour transformer le négatif en positif


Édition du 22 Février 2014

Par Olivier Schmouker

Quand Martin Imbeault et Vanessa Landry, les deux fondateurs de La bande à Paul, ont découvert, en 2009, le détail de l'appel d'offres de l'Association du Marais-de-la-Rivière-aux-Cerises (LAMRAC), ils ont grimacé. L'idée de départ leur plaisait, pourtant : concocter l'exposition permanente du Centre d'interprétation du Marais (CIM), soit trouver le moyen d'intéresser le public à l'écosystème et à la biodiversité du vaste milieu humide de Magog, en Estrie. Mais voilà, l'appel d'offres stipulait qu'il fallait pour cela inventer un scénario avec des elfes.

«Les elfes, ça faisait référence à l'univers du jeu de rôles Donjons & Dragons et de la trilogie du Seigneur des anneaux. Ça collait à un imaginaire qui était loin du nôtre. Bref, c'était pour nous comme une épine dans le pied», m'a dit M. Imbeault, qui avoue aujourd'hui qu'ils ont failli laisser tomber pour cette simple raison.

«Quand il faut faire preuve de créativité, il faut "sentir" le projet sur lequel on planche. On doit le faire sien. Mais là, à cause de ces elfes dont nous ne connaissions pas grand-chose, nous n'arrivions pas à nous projeter dans l'histoire à trouver, celle qui servirait de fil conducteur à l'exposition», m'a-t-il expliqué.

Alors ? Les deux dirigeants de la firme montréalaise de design culturel et commercial ont eu l'idée de vivre avec cette épine dans le pied. Mieux, de voir s'il n'y avait pas moyen d'en faire même un avantage pour aller plus vite et plus loin !

Ils y sont parvenus en procédant en trois temps.

1. Chercher les lumières des autres

Mme Landry et M. Imbeault ont réuni autour d'eux une dizaine d'experts - muséologue, photographe, designer graphique, etc. -, histoire de voir comment autrui percevait ce qui les bloquait. «Nous voulions afficher la plus grande ouverture d'esprit possible, être prêts à accueillir les surprises qui nous attendaient en chemin, les bonnes comme les mauvaises», m'a-t-il dit.

Peu à peu est née l'idée d'arrêter de focaliser sur les elfes pour plutôt se concentrer sur de simples humanoïdes peuplant le marais de Magog. Et de faire de ceux-ci l'élément distinctif du projet d'exposition soumis par La bande à Paul. «Là, tout devenait possible. Il n'y avait plus de frein à notre imagination. L'épine était enfin devenue un atout pour nous», a-t-il indiqué.

2. Se concentrer sur le négatif devenu positif

Très vite, les elfes ont été transformés en petites créatures des marais de 12 pouces de haut, à grandes bottes et grands chapeaux pour se protéger de l'humidité. Celles-ci circulaient en «bateau sèche-bottes», ou bien à l'aide de catapultes naturelles. Et elles prisaient un sport extrême, le «botgee», qui se pratique avec des bottes à ressorts.

«Nous avons créé tout un univers féérique, et même réalisé quelques croquis montrant comment ils se servaient des plantes du marais pour vivre. Pour leur garder un aspect mystérieux, nous avons décidé de ne pas leur donner de nom, ni même de les représenter : seul un grimoire aurait été retrouvé, lequel serait le clou de l'exposition du CIM», a indiqué M. Imbeault.

3. Tirer profit de son avantage

Le duo de La bande à Paul a présenté sa contre-proposition à LAMRAC avec front, en soulignant qu'il avait trouvé mieux que des elfes, à savoir de drôles de créatures des marais. Résultat ? L'AMRAC leur a confié le mandat. Le CIM a ouvert ses portes en juin 2011, et aujourd'hui, il enregistre plus de 15 000 visites par an.

«La leçon que j'en tire, c'est qu'il faut avoir le courage de surmonter ce qui nous effraie a priori. Car de là peuvent nous venir des forces nouvelles, et même le succès», m'a confié le codirigeant de La bande à Paul, qui enchaîne maintenant les contrats en usant de la même stratégie, tant auprès des musées que des entreprises.

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