Un bon leader doit avoir l'âme d'un poète

Publié le 27/10/2010 à 11:26, mis à jour le 28/10/2010 à 12:31

Un bon leader doit avoir l'âme d'un poète

Publié le 27/10/2010 à 11:26, mis à jour le 28/10/2010 à 12:31

Par Premium

David Whyte prône la lecture de Beowulf et d'Hamlet. Photo : DR.

David Whyte est chercheur associé à la Said Business School de l’Université d’Oxford et… poète! Il a écrit neuf livres, dont The Three Marriages : Re-imagining Work Self and Relationship (Riverhead, 2009). Ses conseils ont servi à améliorer les pratiques managériales de grandes entreprises comme Mattel, Gap, Boeing, Novartis et AstraZeneca.

Par Stephen Watt | Rotman Magazine

Vous êtes l’un des rares poètes à transposer votre vision de la créativité dans le domaine du développement organisationnel. Comment cela vous est-il venu?

Je suis d’abord et avant tout un poète, et tout ce que je fais dans une panoplie de domaines s’inspire de la tradition poétique. Le poète a sa façon à lui de voir son environnement, et souvent une façon crue. Il dialogue avec la réalité, en cherchant sans cesse de la mettre à nue.

Quand je travaille avec des leaders d’entreprise, j’adopte la même approche. Je veux avoir avec eux des «conversations courageuses», où l’on se dit la vérité. Vous savez, ces discussions qu’on évite d’habitude pour toutes sortes de raisons…

Il y a quelques années, j’ai travaillé avec une multinationale du secteur agroalimentaire dont la principale «conversation courageuse» aurait dû porter sur sa contribution directe à l’obésité en Amérique du Nord : ses produits procurent un plaisir immédiat, mais en bout de ligne nuisent à la santé, et ce à l’échelle de la société. Vous imaginez bien que le sujet était tabou à l’interne. Or, un an plus tard, la malbouffe était interdite dans tous les distributeurs des Etats-Unis, ce qui a eu un impact énorme sur cette multinationale. Imaginez si elle avait eu cette «conversation courageuse» bien avant cette décision politique : elle aurait pu mettre dans les distributeurs des produits santé avant tout le monde et aurait ainsi grillé la concurrence…

Un bon leadership a-t-il une dimension poétique ?

Oui, assurément. Je dis d’ailleurs souvent qu’un PDG doit être «le chef de la conversation». En effet, aucun cerveau n’est assez puissant pour piloter à lui seul toute une entreprise. Le PDG doit donc s’entourer d’autres cerveaux, d’autres yeux, d’autres oreilles, d’autres imaginations pour s’attaquer, ensemble, aux problèmes. C’est ce que j’appelle le «leadership conversationnel».

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Quels sont les effets du leadership conversationnel au sein d’une organisation ?

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