Réussir un MBA en 10 étapes


Édition du 06 Septembre 2014

Réussir un MBA en 10 étapes


Édition du 06 Septembre 2014

8. Comment tenir le coup ?

Ce qu'il faut savoir

Thomas Berber se souvient de l'enchaînement constant des travaux : «Toutes les six semaines, on devait réviser pour l'examen de fin de session et on entamait dans la foulée les nouveaux apprentissages de la session suivante, avec tous les devoirs à rendre qui y sont associés !»

En pratique

«Le MBA est un défi organisationnel, note Brigitte Carel. Ce sera difficile pour les gens perfectionnistes qui ne savent pas tourner les coins ronds. Il faut absolument prioriser et s'organiser. C'est l'un des apprentissages essentiels du MBA.»

«Il est important de conserver un rythme constant et de ne pas prendre de retard», conseille pour sa part Marie-Josée Roy, de l'Université Laval. L'esprit d'équipe au sein de la cohorte peut aussi aider à se remotiver en cas de découragement.

Enfin, même s'il peut être culpabilisant de prendre du temps pour soi alors que la masse de travail est énorme, il est salutaire de prévoir des plages de temps libre. Un bon moyen de rester motivé et efficace ! «Il faut réserver du temps de qualité dans l'agenda avec les gens qu'on aime plutôt que d'attendre que le moment se présente de lui-même», insiste Mathieu Guénette.

9. Comment utiliser le MBA pour faire évoluer sa carrière ?

Ce qu'il faut savoir

Toutes les universités affichent des chiffres pour montrer que l'obtention du MBA a permis à leurs étudiants de faire évoluer leur carrière de façon intéressante et rapide. HEC Montréal indique que sa promotion de 2013 a connu en moyenne 35 % d'augmentation de salaire et que 85 % des diplômés étaient en emploi moins de six mois après la fin du programme d'études. Pour les étudiants de McGill (2011-2012), le taux de placement trois mois après l'obtention du diplôme est, depuis les cinq dernières années, supérieur à 90 % en moyenne, précise Marie-José Beaudin, directrice exécutive du Centre de carrières de la Faculté de gestion Desautels de l'Université McGill.

En pratique

Il ne faut pas attendre d'avoir son MBA pour envisager «l'après». «Ça se prépare dès l'entrée à l'université par des tests psychotechniques, des simulations d'entrevues d'embauche, etc.», précise Marie-José Beaudin, qui accompagne les étudiants dans cette préparation.

«Le parcours académique, les cours à option, la session à l'étranger sont des éléments qui doivent être planifiés dès l'entrée au MBA», complète René Beaulieu, de la Faculté des sciences de l'administration (FSA) de l'Université Laval, dont le service de placement propose également un accompagnement des étudiants jusqu'à deux ans après la fin de leurs études. Le choix du stage - quand il est prévu dans le cursus - est d'ailleurs stratégique, car «il se transforme souvent en opportunité d'emploi», constate Jean-François Guertin, de l'Université de Sherbrooke qui propose une formule «coop» pour les étudiants en MBA à temps plein.

À Concordia, on aide les étudiants du programme EMBA «à planifier ce qu'ils veulent faire après», précise le directeur du programme, Jordan LeBel. Test de personnalité au travail et coaching sont des outils mis en oeuvre pour aider les gestionnaires à mieux se connaître et à faire évoluer leur carrière selon leurs forces et leurs souhaits.

Une fois le diplôme en poche, tout n'est pas encore gagné pour obtenir un poste de responsabilité ou même une augmentation de salaire. «Même si l'entreprise a autorisé une personne à faire un MBA, ça ne l'engage pas à offrir une évolution de carrière ou de rémunération», rappelle Guylaine Allard, de Quantum. Tout le monde est d'accord sur ce point : le MBA est un atout de taille, mais ce n'est pas un sésame ouvrant toutes les portes.

Il reste donc à démontrer ses compétences nouvelles et l'intérêt pour l'entreprise de ses nouveaux acquis. Pour ce faire, une seule voie : l'action. «La meilleure façon de prouver ses compétences, c'est de mener un projet. Il faut prouver qu'on peut appliquer les connaissances acquises au MBA à des choses visibles pour l'entreprise», explique Marie-José Beaudin. Une maîtrise peut en effet sembler trop théorique dans le monde des affaires.

Dernier conseil pour profiter pleinement du MBA afin de faire évoluer sa carrière : savoir se vendre ! «Ce ne sont pas toujours les meilleurs qui sont promus, mais ceux qui savent se vendre, constate Marie-José Beaudin. C'est pourquoi on travaille beaucoup avec les étudiants sur le branding exercise : repenser comment je me présente, je parle de moi, comment j'approche les gens, etc.»

10. Évoluer dans son entreprise ou ailleurs ?

Ce qu'il faut savoir

Les diplômés d'un MBA espèrent toujours une évolution de leur carrière. Dans certaines entreprises pourtant, notamment les PME, accéder à des fonctions correspondant au niveau atteint avec le MBA n'est pas toujours réalisable, faute de postes disponibles. Même dans les grandes entreprises, la promotion, si elle est possible à moyen ou long terme, demande de la patience. Alors, quand faut-il commencer à chercher ailleurs ?

En pratique

«Je conseille à mes clients de prioriser leur entreprise actuelle avant de penser à changer d'employeur, car leur réseau, leurs clients et leurs intervenants sont des avantages qui ne se monnaient pas et qui permettent de progresser plus rapidement. Changer d'employeur nécessite un certain recommencement», explique René Beaulieu.

Un délai est nécessaire pour que l'entreprise prenne conscience des nouvelles compétences de l'employé. «C'est parfois long de voir le changement de perception de la personne nouvellement diplômée du MBA dans la compagnie», reconnaît Mathieu Guénette. D'où l'importance d'être proactif, de proposer des projets, de s'investir dans des dossiers, etc., afin de montrer ce dont on est capable désormais.

L'attente ne doit toutefois pas être vaine. «On peut patienter deux ou trois ans, estime Guylaine Allard, si la promotion est planifiée.» Sinon, il est temps de regarder les occasions à l'extérieur de son entreprise. Dans ce contexte, l'obtention récente d'un MBA est un atout de taille.

À lire aussi:
Du nouveau dans les Universités

À la une

Nos exportations à risque en France malgré l'AECG

14/06/2024 | François Normand

ANALYSE. Les droites radicale et populiste minent l’économie et le niveau de vie des pays, selon des études empiriques.

Banque du Canada: jusqu'à cinq baisses de taux d'ici juin 2025

14/06/2024 | Denis Lalonde

BALADO. Les données américaines sur l’inflation pourraient conforter la Banque du Canada dans ses baisses de taux.

Bourse: Wall Street termine en ordre dispersé, mais le Nasdaq enchaîne un 5ème record d'affilée

Mis à jour le 14/06/2024 | lesaffaires.com, AFP et Presse canadienne

REVUE DES MARCHÉS. La Bourse de Toronto a terminé dans le rouge.