Relève : avez-vous un plan ?

Publié le 30/10/2008 à 16:02

Relève : avez-vous un plan ?

Publié le 30/10/2008 à 16:02

Par lesaffaires.com
L'entrepreneur a sa PME tatouée sur le coeur. Difficile pour lui de planifier sereinement sa relève. Pourtant, seul un plan assure un transfert harmonieux, révèle une étude de la FCEI.

Les chefs de PME qui ont un plan de succession augmentent la valeur de leur entreprise... et de leur bas de laine. Ce ne sont pas les consultants qui le disent, mais les propriétaires de PME eux-mêmes, dans le sondage pancanadien réalisé en mai 2004 par la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante (FCEI). "Comme tout le monde, les entrepreneurs vieillissent, et l'avenir de nos PME est en jeu. Nous voulons sonner le réveil", résume André Lavoie, analyste principal des politiques à FCEI-Québec. Bien sûr, les chefs d'entreprise en général n'aiment pas penser à leur départ. Toutefois, leur expérience est riche d'enseignements. Voici cinq leçons incontournables tirées de ce sondage.

1. Sus à l'improvisation

Seulement un chef de PME sur trois (35 %) dispose d'un plan de relève. De ce nombre, un peu plus du quart (28 %) n'y a travaillé que de façon non officielle. "C'est inquiétant, car il est prouvé que pour réussir, il faut un plan structuré", commente André Lavoie. Pourquoi ? Parce que l'opération demande du temps, au moins cinq ans. Or, deux dirigeants sur cinq (41 %) comptent tirer leur révérence au cours des cinq prochaines années, et un sur trois (30 %), d'ici 2015. Danger : la moitié de ceux qui mettront les voiles au cours des cinq prochaines années n'ont pas encore consacré une seule minute à l'exercice !

2. L'humain avant la technique

Un entrepreneur instaure un gel successoral sans savoir si son enfant ou son bras droit veut devenir calife à la place du calife. Affirmation tirée par les cheveux ? Que non ! La plupart de ceux qui ont réfléchi à leur plan de relève ont placé la "technique" avant l'"humain". En effet, plus de 70 % des plans de relève comportent les considérations fiscales et juridiques, alors qu'à peine 38 % prévoient la formation et la préparation du successeur. Voilà ce qui s'appelle mettre la charrue avant les boeufs.

3. Argent : ça coince

De nombreux ex-dirigeants, à l'instar de vedettes vieillissantes, n'arrivent pas à décrocher. Scénario courant puisqu'une fois sur deux, l'entrepreneur finance de sa poche les nouveaux acheteurs, et que dans 31 % des cas, il le fait en contractant un prêt personnel ! Qu'il le veuille ou non, il doit ensuite veiller à ses propres intérêts. La démarche idéale : avant la transaction, on envisage dans son plan de relève des scénarios de vente, de maximisation de la valeur de l'entreprise et d'approche auprès de financiers.

4. L'essayer, c'est l'adopter

Aux yeux de la majorité des propriétaires vendeurs (75 %), le plan de relève a amélioré la stabilité financière de la PME, car il a rassuré les prêteurs. En outre, disent trois vendeurs sur quatre (76%), le plan leur a permis de réduire de futures obligations fiscales, comme l'exonération des gains en capital. Dernière retombée, mais non la moindre: après le transfert, les PME affichent une augmentation des bénéfices (68%), des parts de marché (60%) et du nombre de produits et services offerts (67%). Contribuer ainsi à améliorer son milieu procure sûrement davantage de satisfaction qu'une épitaphe sur sa pierre tombale.

5. Klondyke pour consultants

Une armée d'experts sont prêts à répondre aux questions complexes suivantes : Que vaut l'entreprise ? Comment maximiser sa valeur ? Ai-je une bonne convention d'actionnaires ? Ma relève est-elle prête ? "La préparation de la relève représente un marché d'une ampleur incroyable pour les comptables, les avocats, les notaires, les planificateurs financiers et les courtiers en assurances !" s'exclame André Lavoie.

Cet article a été publié dans la revue PME en février 2006.

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