Passage du flambeau chez Brio Conseils


Édition du 19 Novembre 2016

Passage du flambeau chez Brio Conseils


Édition du 19 Novembre 2016

Caroline Ménard, nouvelle présidente de la firme Brio Conseils, accompagnée de sa prédécesseure Sylvie Charbonneau, en arrière plan. [Photo : Martin Flamand]

Sylvie Charbonneau quitte la présidence de Brio Conseils, la firme montréalaise qu'elle a cofondée en 2005 et qui se spécialise dans la transformation organisationnelle, et cède la barre à Caroline Ménard. Les Affaires a discuté avec elles de cette transition et de l'avenir du cabinet.

«La forte concurrence mondiale, la consolidation dans plusieurs marchés et le virage numérique font de la transformation le plus grand défi actuel des entreprises québécoises, et notre rôle est de les aider à se réinventer», dit Caroline Ménard, nouvelle présidente de Brio Conseils.

La transition est à peine officielle (elle a été annoncée le 11 novembre), mais on sent Caroline Ménard bien en selle. Elle défend déjà avec acharnement l'approche boutique de ce cabinet d'une trentaine d'employés. «Nous avons une expertise équivalente à celle des quatre grands acteurs dominant le marché [PwC, Deloitte, KPMG et EY], d'où proviennent d'ailleurs plusieurs de nos collaborateurs, dit-elle. Toutefois, notre approche est bien différente.»

Elle vante la simplicité de cette approche, et l'indépendance de Brio. Le cabinet montréalais ne joue pas d'autres rôles, comme celui d'auditeur ou d'intégrateur, et son seul intérêt est la réussite de la transformation. Cet accompagnement se fait en misant sur une grande complicité avec le client. «Nous collaborons avec toutes les équipes à l'interne, car nous souhaitons transmettre une expertise qui restera au sein de l'organisation», poursuit-elle.

Penser à la relève dès le jour 1

Alors que Caroline Ménard présente l'approche et le positionnement de Brio Conseils et rappelle ses réalisations récentes, comme l'appui à l'acquisition de State Farm par Desjardins, Sylvie Charbonneau reste discrète. Elle ajoute de petites précisions, ici et là. Comme une mentore. N'est-ce pas étrange, pourtant, de voir quelqu'un d'autre parler en tant que présidente de l'entreprise que l'on a fondée et dirigée ?

Bien qu'elle admette avoir un petit pincement au coeur, Sylvie Charbonneau soutient qu'elle s'y préparait depuis la fondation de Brio Conseils. «Je rêvais de construire une firme solide, que je pourrais céder à l'interne, raconte- t-elle. Dès le jour 1, j'ai embauché des gens dont les talents me laissaient croire qu'ils pourraient un jour me remplacer.» Elle avait vu juste avec Caroline Ménard, par ailleurs une ancienne collègue de Sylvie Charbonneau chez CGI, entrée chez Brio dès octobre 2005.

Elle tenait aussi mordicus à ce que l'entreprise reste entre des mains québécoises. «J'ai travaillé pour deux cabinets qui ont été achetés, et je trouvais dommage que des fleurons québécois passent à des intérêts étrangers, déplore-t-elle. On a des gens très talentueux au Québec, il faut leur céder les rênes de nos entreprises.»

Elle a donc préparé la transition en s'entourant de gens dotés d'une forte expertise et en les faisant participer activement aux mandats. Elle leur accordait une grande autonomie. Cela fait sourire Caroline Ménard. «On m'a donné beaucoup de marge de manoeuvre ici. Bien sûr que j'ai commis des erreurs, mais on ne m'a jamais tapé sur la tête, dit-elle. C'étaient des occasions d'apprentissage inestimables.»

Cap sur la France

Cet apprentissage l'aidera à relever les défis qui l'attendent, dont consolider la place du cabinet dans le créneau de la transformation sur les marchés québécois et canadien. Le portefeuille de clients de la firme s'est beaucoup diversifié, et son chiffre d'affaires a doublé depuis quatre ans. Mais Caroline Ménard trouve que cela reste encore un secret trop bien gardé, malgré des mandats réalisés pour les Desjardins, Sobeys, la Société des alcools du Québec ou Loto-Québec.

La nouvelle dirigeante lorgne aussi la France, où elle voit de belles occasions de croissance. «Peu de firmes en France ont une approche mariant l'aspect très stratégique de la transformation avec un grand souci à l'égard des gens au sein de l'entreprise, souvent les premiers touchés, juge-t-elle. C'est ce que nous offrons, et nous sentons un réel appétit pour cela dans ce pays.»

Si elle a besoin de conseils, on peut parier qu'elle pourra compter sur Sylvie Charbonneau, qui continuera de jouer un rôle dans la firme, notamment auprès des clients. Très fière de voir une femme pour laquelle elle a visiblement beaucoup d'estime prendre la relève, cette dernière compte s'investir dans des causes plus sociales.

Il y a quatre ans, elle offrait un de ses reins à son fils, lequel avait besoin d'une greffe. Elle veut intensifier son engagement envers la promotion du don d'organes. Elle est déjà vice-présidente, ressources financières, de la division québécoise de la Fondation canadienne du rein. «Je veux appliquer les compétences que j'ai acquises pour aider à transformer la société, dit-elle. Comme j'apprécie beaucoup le courage, l'intelligence, la connaissance du marché et le sens des affaires de Caroline, j'ai confiance qu'elle saura mener la stratégie de croissance de Brio Conseils à bon port.»

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