Montréal et Toronto, paradis des employeurs ?

Publié le 27/09/2010 à 09:32, mis à jour le 30/09/2010 à 10:08

Montréal et Toronto, paradis des employeurs ?

Publié le 27/09/2010 à 09:32, mis à jour le 30/09/2010 à 10:08

Par Olivier Schmouker

L'un des avantages de Montréal est la productivité élevée des employés. Photo : DR.

À l’échelle de la planète, Montréal et Toronto figurent parmi les 5 villes présentant le moins de risques pour les employeurs, selon une étude d’Aon Conseil. La métropole québécoise se classe à la 5e place, et l’Ontarienne, à la 1ère.

Qu’est-ce qui leur permet de se distinguer ainsi? «Le faible niveau de corruption qui prévaut au Canada, l'application stricte des lois sur l'équité en matière d'emploi, les avantages sociaux en matière de soins de santé et de retraite ainsi que la qualité et la grande accessibilité des moyens de formation», est-il indiqué dans le rapport.

La principale différence entre les deux villes canadiennes est attribuable aux faits que la population de Toronto est plus importante et qu'on y trouve des ressources de formation encore plus accessibles, selon Aon.

Mais, de quels risques parle-t-on? Ceux qui ont trait au recrutement, à l'embauche et à la mutation d'employés. Aon est ainsi mis au point un indice du risque lié aux ressources humaines, à l’aide de données sur la démographie, l'éducation, les pratiques d'emploi et la règlementation gouvernementale. Selon cet indice, les cinq villes où les employeurs courent le moins de risques sont respectivement : Toronto (70 points sur une échelle allant de 25 à 250 points), New York (73), Singapour (74), Londres (74) et Montréal (77). À l'autre extrémité du classement, on trouve les villes de Dhaka au Bangladesh (190), Phnom Penh au Cambodge (189), Lagos au Nigéria (182), Karachi au Pakistan (180) et Téhéran en Iran (178).

Des améliorations encore possibles

Cela étant, l'analyse détaillée des villes présentant un faible risque montre qu'elles pourraient faire mieux. Par exemple, Toronto ne figure au premier rang dans aucune catégorie, même si elle est au premier rang du classement général. En fait, elle se trouve en 14e position en ce qui a trait aux données démographiques et en 12e position en ce qui a trait aux pratiques d'emploi. Quant à New York, elle est première en matière d'éducation et deuxième en matière de perfectionnement des employés.

«Autre exemple, le bassin d'employés de Toronto ou de Montréal est modeste en comparaison de celui de New York ou de Los Angeles, ce qui augmente le risque lié au recrutement pour certains types d'emplois, comme les postes fortement spécialisés en finance ainsi qu'en design et en arts visuels», dit Rick Payne, chef de la recherche, Centre de recherche mondial de Aon Conseil, établi à Singapour.

Le risque particulièrement faible relatif aux ressources humaines à Montréal et à Toronto s'explique pour les raisons suivantes, selon Aon :

- Un flux constant de nouveaux employés;

- Une productivité relativement élevée par personne;

- Une faible discrimination qui permet d'utiliser le bassin local complet d'employés;

- Des pratiques solides en matière de santé et de sécurité au travail;

- Une main-d'oeuvre extrêmement scolarisée et qualifiée, et des moyens considérables de formation et de perfectionnement sur place;

- Des gestionnaires et des spécialistes multilingues ayant accès à d'excellentes possibilités de formation et de perfectionnement en gestion;

- Le peu de corruption dans les entreprises et des pratiques d'emploi et de promotion largement basées sur le mérite.

La taille et la possibilité pour les employeurs de faire appel à une vaste main-d'oeuvre pour atténuer le risque relatif au recrutement et à l'embauche sont les principaux facteurs qui distinguent ces deux villes canadiennes. Sur les grands marchés, le risque relatif à l'embauche et au recrutement de leaders à potentiel élevé est par ailleurs moindre. Enfin, l'âge relatif de la main-d'oeuvre et le pourcentage important de la population qui approche de l'âge de la retraite expliquent aussi quelques-unes des différences dans le risque.

Les deux métropoles canadiennes peuvent encore s'améliorer (outre les conditions démographiques), notamment sur deux points :

- instauration de meilleures relations de travail;

- réduction du fardeau du coût des soins de santé pour les employeurs.

De nouvelles occasions à saisir

«Ce tout nouveau classement arrive à point nommé, car l'évaluation du risque lié à l'emploi prend de plus en plus d'importance depuis quelque temps en raison, notamment, de la controverse entourant la nouvelle loi très stricte sur l'immigration illégale de l'Arizona ainsi que des grèves survenues récemment en Chine», explique M. Payne.

«Dans un contexte où les entreprises font face à ces risques et où elles envisagent sérieusement de saisir de nouvelles occasions d'investissement sur les marchés émergents, ce classement peut les aider à évaluer le risque relatif auquel elles font face au moment de recruter, d'embaucher et de muter du personnel», ajoute-t-il.

L'indice du risque lié aux ressources humaines d’Aon Conseil évalue le risque d'après 25 facteurs qualitatifs et quantitatifs, dans cinq grands domaines : démographie, éducation, soutien du gouvernement, développement du talent et pratiques d'emploi. Chacun des 25 facteurs est noté sur une échelle de 1 (risque minimal) à 10 (risque extrême). Les notes globales vont donc de 25 à 250, 25 représentant un risque minimal ou «nul», et 250, un risque extrême.

Plus : consultez l’étude d’Aon Conseil

 

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