La puissance des mots pour modeler le cerveau

Publié le 06/11/2008 à 16:04

La puissance des mots pour modeler le cerveau

Publié le 06/11/2008 à 16:04

Par lesaffaires.com
Neuroscience. En psychologie du leadership, on reconnaît maintenant le pouvoir des mots, qu'exploitent des méthodes comme la PNL.

Série : 2 de 8 

Peut-on entraîner le cerveau, comme on entraîne un muscle ?

C'est là une question qui déclenche bien des débats, mais un fait demeure, sur lequel à peu près tous les experts s'entendent : le cerveau peut lui aussi se développer. Les neurosciences nous ont appris que sa vitalité dépend en partie des expériences qui vont réussir à le stimuler, même à l'âge adulte. Par conséquent, on reconnaît de plus en plus qu'il est possible d'intervenir dans son fonctionnement même : pas de façon chirurgicale, mais en agissant de manière à influencer une zone ou l'autre, responsable d'un comportement donné.

Le cerveau est malléable. Cela signifie qu'on peut le travailler et qu'on peut développer des aptitudes. En matière de recherches sur le leadership, c'est une avancée significative.

Modifier le cerveau, pourquoi pas ?

" En fait, on le sait depuis longtemps, dit Farès Chmait, président de Impact-Pro et enseignant au Centre de perfectionnement de l'École de gestion John-Molson, de l'Université Concordia. Dans les années 1930, le Dr Wilder Penfield avait démontré, à McGill, qu'on pouvait stimuler chez un patient certaines zones en particulier, notamment celle qui abrite le siège de la mémoire. Un épileptique qu'il traitait avait ainsi pu faire remonter à la surface des souvenirs qui dataient de son cinquième anniversaire. Le Dr Penfield en déduisait que le plus gros problème était d'avoir accès aux données déjà enregistrées dans le cerveau. "

Ce qui ne veut pas dire que tout est réglé dès l'enfance, comme on l'a longtemps prétendu. " Si on peut circonscrire les zones spécifiques dans le cerveau et si on peut connaître les éléments qui y déclenchent des réactions, pourquoi ne pourrait-on pas les modifier ? " ajoute-t-il.

C'est d'ici que partent toutes les théories et toutes les méthodes, qui découlent d'une meilleure connaissance de ce que l'on a appelé l'organe le plus complexe de l'univers - le cerveau humain. Farès Chmait, lui, s'est orienté vers la PNL, la programmation neurolinguistique. " Avec le langage, dit-il, on peut faire des raccourcis et stimuler des zones du cerveau. "

Reprogrammer des attitudes

" À la limite, on pourrait reprogrammer des attitudes. C'est un objectif souhaitable, mais en réalité, c'est difficile ", ajoute Vincent Sabourin, directeur du Département de stratégie et responsabilité sociale à l'École des sciences de la gestion de l'UQAM et directeur du programme Performex, qui intervient auprès des gestionnaires.

Il reconnaît cependant la popularité de méthodes du genre de la PNL, " qui permet d'associer des images mentales à des actions ", dit-il, en donnant l'exemple suivant : " Vous devez appeler des clients et vous avez peur de vous faire dire non. Mais si vous réussissez à associer des images positives aux échanges qui s'annoncent, les chances qu'ils soient fructueux sont meilleures. " À ses yeux, il est clair qu'un commentaire positif se traduit par une énergie positive.

Le pouvoir des mots ? " La parole du chef n'est pas une formule magique, mais elle a ce pouvoir de mobiliser ou de... démobiliser, d'enthousiasmer ou de décevoir, de capter l'attention ou au contraire d'ennuyer ", pouvait-on lire dans un texte publié dans Enjeux, le magazine du quotidien français Les Échos, en avril 2006, sous le titre évocateur " Et au début était le verbe " (paraphrasé des tout premiers mots de la Bible). On sait depuis longtemps que les enfants ont le sentiment de mieux maîtriser leur environnement quand ils apprennent à bien nommer les choses qui les entourent. Apparemment, c'est la même chose pour les leaders.

Cet article a été publié dans le Journal Les Affaires le 8 novembre 2008.

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