La prochaine génération de leaders se fait attendre

Publié le 15/10/2008 à 15:08

La prochaine génération de leaders se fait attendre

Publié le 15/10/2008 à 15:08

Par lesaffaires.com

Aux quatre coins du monde, les organisations privées et publiques peinent à former de futurs chefs.


Il est minuit moins cinq. Les leaders, qui sont indispensables à la croissance des organisations publiques et privées, se font rares. Il est donc urgent que celles-ci forment sans délai une prochaine génération de leaders.

Aucune entreprise n'est à l'abri : les grandes comme les petites, les québécoises comme celles établies à Londres, Los Angeles ou Hong-Kong.

Certaines données sont éloquentes pour illustrer ce que plusieurs spécialistes appellent « la crise du leadership». Par exemple, une étude récente d'IBM montre que 75 % des directeurs des ressources humaines de l'entreprise dans 40 pays s'inquiètent de leur capacité à développer de futurs leaders. L'étude suggère aussi que les entreprises courent un grave risque si elles n'arrivent pas à reconnaître et à former la prochaine génération de leaders.

Entreprises à risque
Les chefs d'entreprise sont d'ailleurs bien conscients qu'il faut agir sans tarder : 86 % estiment que l'urgence de développer des leaders a augmenté depuis quelques années, montre un sondage réalisé par Hay Group, de concert avec Chief Executive Magazine.

Il va sans dire que le Québec est frappé de plein fouet par ce problème, compte tenu du déclin démographique et du départ à la retraite des baby-boomers. La participation de 37 dirigeants d'entreprises et d'organisations québécoises au Laboratoire d'idées Urgence Leadership, organisé par Les Affaires et Knightsbridge à Montréal le 26 août, témoigne du sentiment d'urgence.

Départs massifs à la retraite
Du reste, les premiers baby-boomers ont déjà commencé à partir à la retraite, et le phénomène s'accentuera au cours des prochaines années, souligne Françoise Morissette, professeure émérite au Centre de recherche industrielle de l'Université Queen's, en Ontario.

« D'ici 10 ans, 9,8 millions de baby-boomers partiront à la retraite au Canada. Or, la génération suivante, les X, qui est appelée à prendre la relève des leaders, ne compte que six millions d'individus ! » Aux États-Unis, les chiffres sont tout aussi impressionnants. Ainsi, à compter de 2012, 10 000 baby-boomers prendront leur retraite... chaque jour ! Cela représente 3,65 millions de personnes par année, ou un peu plus que la population du Montréal métropolitain.

Certes, tout ce beau monde n'est pas un Jack Welch dans l'âme, le légendaire ancien président de General Electric reconnu son leadership exceptionnel. Mais à terme, ce déficit risque de nous rattraper, d'autant plus si les immigrants que nous accueillons ne suffi sent pas à occuper tous ces postes vacants.

De quoi le monde des affaires a-t-il besoin au juste ? Bien sûr, cela peut varier en fonction des secteurs d'activité. Mais pour l'essentiel, les organisations sont à la recherche de personnes pouvant asseoir leur autorité, de faire preuve d'initiative et de bien communiquer avec leur entourage.

Mais ça, c'est le profil actuel d'un leader. Or, ce n'est pas suffi sant : les entreprises doivent penser à leurs besoins à long terme, affirme Mirella De Civita, spécialiste en stratégie du développement du leadership de Knightsbridge.

« Il faut une stratégie pour réfl échir aux besoins futurs qu'aura votre organisation. » Le monde des affaires a changé, et il changera encore dans les prochaines années. Les futurs leaders doivent donc s'adapter et avoir la meilleure formation possible pour aider leur entreprise à atteindre leurs objectifs.

Le diplôme ne fait pas le leader
Et pour cela, il ne faut pas nécessairement avoir un MBA, soutient Bill George, spécialiste en leadership de la Harvard Business School. Selon lui, le leadership n'a rien à voir avec le profil universitaire, ni avec les années d'expérience d'une personne.

« Dans ma classe, les meilleurs leaders sont des jeunes de 22 ans qui ont été dans l'armée. Ils ont été dans des situations de combat critiques, où ils ont dû prendre rapidement des décisions cruciales. »

Les meilleurs leaders ont des aptitudes naturelles, mais ceux qui n'ont pas ce talent peuvent quand même cultiver leurs sens du leadership, dit Bill George.

Un point de vue que partage Pierre Lainey, chargé de cours en management à HEC Montréal. Selon lui, le leadership, c'est un peu comme la musique : « Des gens naissent avec un talent. Ils vont prendre quelques cours ici et là, et ils vont presque devenir des virtuoses du piano.

Ceux qui n'ont pas de talent peuvent prendre des cours, mais ils pourront seulement se débrouiller et pianoter un peu. » Dans les organisations, cela ne signifi e pas que ceux qui ont moins d'aptitudes au leadership ne peuvent pas progresser. Mais ils devront faire des efforts et prendre le temps nécessaire pour devenir des leaders.

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