Embaucher plus vite que son ombre

Publié le 04/06/2011 à 00:00, mis à jour le 10/06/2011 à 14:21

Embaucher plus vite que son ombre

Publié le 04/06/2011 à 00:00, mis à jour le 10/06/2011 à 14:21

Cinquante pour cent : c'est le gain moyen de temps que peut réaliser un recruteur en publiant ses offres d'emploi sur les médias sociaux.


C'est l'avis de plusieurs experts et entreprises, dont l'Industrielle Alliance, qui s'est dotée d'une stratégie Web 2.0, car elle doit embaucher en grand nombre.


" Aujourd'hui, la concurrence sur le marché de l'emploi est telle que la rapidité est devenue de plus en plus importante concernant le recrutement. Les entreprises doivent non seulement aller plus vite pour trouver des candidats, mais aussi pour vérifier leurs compétences et leurs antécédents ", explique Anthony Grolleau-Fricard, fondateur du cabinet de conseil en identité numérique AGF Consultants.


Les médias sociaux offrent également la possibilité d'avoir accès à des profils souvent impossibles à rejoindre au moyen des médias traditionnels. On parle ici des candidats dits " passifs " qui ont déjà un emploi et qui ne consultent pas les offres publiées dans les médias traditionnels, mais qui pourraient être de bons candidats potentiels. Des sites comme LinkedIn, Viadéo ou Facebook mettent à la portée des recruteurs une banque de chercheurs d'emploi élargie et mise à jour en temps réel, en leur permettant de recouper les informations qu'ils possèdent déjà sur un candidat. " Aujourd'hui, environ 80 % des recruteurs effectuent ce type de vérification ", estime M. Grolleau-Fricard.


Et ce n'est pas tout : en publiant directement leurs offres sur la Toile, les entreprises peuvent aussi sauter des étapes en évitant d'avoir à afficher des postes ou de faire appel à une agence de placement.


" Certaines entreprises utilisent les médias sociaux pour faire de la veille et séduire des candidats avant même que le processus de recrutement ne soit commencé. Cela leur permet de conclure ensuite la transaction plus rapidement dès que l'ouverture du poste s'officialise ", explique Mathieu Laferrière, conseiller en gestion et ressources humaines.


Ne pas confondre rapidité et précipitation


Pour les professionnels du recrutement, cette nouvelle ère de la communication instantanée est une vraie révolution qui bouscule les rapports traditionnels entre les candidats et les entreprises en favorisant des échanges directs et rapides.


" Lorsque vous êtes présents sur les médias sociaux, les gens s'attendent à ce que vous répondiez à leurs messages ou à leurs commentaires le jour même. On est bien loin des longues semaines que pouvait prendre un processus de recrutement traditionnel ", note Patrice Derome, consultant et président d'Opportun, spécialisée en solutions iPhone et iPad pour les entreprises.


Mais cette rapidité a des limites. Les médias sociaux semblent constituer un outil de recrutement efficace dans certains secteurs comme les TI, le marketing ou les communications. Par contre, ils s'avèrent moins utiles pour pourvoir des postes de manutentionnaires, par exemple, des types de profil moins présents dans les médias sociaux. " Le Web 2.0 ne remplace pas les moyens traditionnels, mais c'est un levier qui peut être utilisé en complément ", estime Mathieu Laferrière.


Pire, une trop grande précipitation pourrait même gâcher la sauce. " En voulant aller trop vite, certains recruteurs procèdent par envois massifs de courriels ou analysent mal les données en faisant abstraction de votre lieu de résidence ou de la date à laquelle remonte votre dernière expérience dans le domaine qui les intéresse ", remarque Patrice Derome.


L'importance de séduire


C'est pour cela que les experts du Web 2.0 insistent sur la nécessité de bien se préparer : il faut être prêt à investir un peu de temps en amont pour pouvoir espérer en gagner par la suite. " Pour provoquer une décision rapide de la part d'un candidat qui occupe peut-être déjà un emploi, il faut que votre entreprise ait d'abord valorisé son image sur le Web ", explique M. Laferrière.


Parmi les bons élèves figure l'Hôpital du Sacré-Coeur de Montréal. Qui ne se souvient pas de son célèbre lipdub, diffusé en 2009 ? Véritable coup de pouce pour l'image de l'établissement, ce clip chantant visant à appuyer sa campagne de recrutement avait été vu plus de 60 000 fois sur la Toile, lui permettant de recevoir plus de 2 600 CV.

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