Diverses interprétations des mots et des gestes

Publié le 06/11/2008 à 15:07

Diverses interprétations des mots et des gestes

Publié le 06/11/2008 à 15:07

Par lesaffaires.com
Pour Farès Chmait, expert en PNL, la programation neurolinguistique peut venir en renfort aux gestionnaires.

Entrevue

Journal Les Affaires - Comment peut-on décrire cette fameuse méthode de la PNL, la programmation neurolinguistique ?

Farès Chmait - Formellement, on dit qu'en PNL, on étudie " la structure de l'expérience subjective ". En fait, on vise le développement personnel, en misant sur l'amélioration de la communication entre les gens.

Chacun voit, ressent, entend. Mais encore faut-il intrepréter les sensations. Regardez cette situation classique : dans un couple, une personne dit à l'autre : " Tu ne m'aimes plus, puisque que tu ne me le dis plus. " Et l'autre peut tout aussi bien répondre : " Mais tu ne vois pas tout ce je fais pour toi. "

Cette mésentente n'est pas fortuite : elle naît d'une erreur, celle de croire que ce qui est important pour une personne l'est forcément pour l'autre, et de croire que les mots, ainsi que les gestes, ont la même signification pour tous. Or, ils peuvent être interprétés de façons tellement diverses !

JLA - Et comment la PNL peut-elle résoudre ce problème, qui relève essentiellement de la communication ?

F.C. - Lorsqu'il reçoit de l'information, notre cerveau s'active. Il déclenche un dialogue interne, il mesure les images, les sensations. Il cherche à décoder. En PNL, je m'applique à comprendre comment il est en train de transformer cette information. Et en observant les réactions verbales autant que non verbales des autres, je comprends comment ils en viennent à prendre des décisions.

Pour y parvenir, il faut s'efforcer d'écouter sans filtre, en admettant au départ que la plupart des gens, eux, écoutent avec leurs propres filtres. On peut ainsi mettre au jour leurs motivations, leurs craintes et leurs critères. On saisit mieux le sens réel de leurs mots, en allant au-delà du langage.

JLA - En d'autre termes, on travaille à observer et à comprendre les réactions à partir des mots comme des attitudes... À partir de là, dans quelle mesure la PNL peut-elle influencer le leadership ?

F.C. - À mes yeux, un bon leader est un bon communicateur. S'il possède cette capacité de détecter les besoins inexprimés de ses troupes, il saura mieux y répondre, sans tomber, évidemment dans la servilité. Le leader doit alors comprendre et se faire comprendre. Le langage devient génératif, il produit des effets, si on sait bien l'employer.

JLA - Est-ce à dire qu'un bon leader doit faire preuve d'une attention de tous les instants ?

F.C. - C'est sûr qu'il doit être attentif. C'est entre autres ce qui le distingue. Mais il y a aussi l'émotion qui entre en compte, comme dans é-motion : l'émotion qui crée le mouvement. Lorsque l'on dit que le leadership est fondamentalement émotionnel, c'est aussi parce qu'il fait bouger les choses. Pour y parvenir, il faut parler à la tête tout comme au corps.

JLA - Au-delà de toute cette démarche se pose une grande question : est-ce que le sens du leadership se développe, ou est-il inné ?

F.C. - On sait que le caractère d'une personne se forme avant l'âge de six ans. Les parents qui laissent un enfant essayer, faire des expériences, vont lui donner plus de latitude.

Mais l'histoire ne s'arrête pas là. Une métamorphose s'effectue chaque fois qu'on vit un choc émotif. Tout se joue dans l'interprétation de l'événement.

Je pense à ce pilote, Jeff Coffey, dont l'avion a été abattu lors de la guerre du Viêtnam, et qui a été fait prisonnier avec ses coéquipiers par l'ennemi. Aujourd'hui, c'est un conférencier recherché.

À l'époque, un de ses compagnons d'infortune s'était suicidé, et un autre avait dû être interné en institution psychiatrique. M. Coffey, lui, a réussi à traverser l'épreuve de l'emprisonnement en se représentant mentalement des parties de golf pour ne pas se laisser abattre, malgré les conditions misérables de sa détention. C'est ce qui a fait pencher la balance en sa faveur. La situation était la même pour les trois personnes, mais l'interprétation en était radicalement différente.

On peut toujours se demander : " Qu'est-ce que je dois apprendre de cette expérience ? Qu'est-ce que je peux en retirer ? " Lorsqu'il est bien mené, ce dialogue interne permet littéralement de reprogrammer ses circuits et de modifier ses comportements.

CV de Farès Chmait

Âge: 56 ans

Titre: Président

Entreprise: Impact-Pro

Né au Liban, il a grandi en France et est arrivé au Canada en 1986. Fort de 17 ans d'expérience en commerce international, il a ensuite travaillé à adapter la programmation neurolinguistique (PNL) au monde des affaires. Il enseigne à l'Université Concordia.

Pour en savoir plus

Livre : Au-delà de la vente, pour mieux décoder la communication verbale et non verbale Farès Chmait, 2008

Cet article a été publié dans le Journal Les Affaires le 8 novembre 2008.


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