Comprendre ses employés français en six leçons

Publié le 23/01/2009 à 00:00

Comprendre ses employés français en six leçons

Publié le 23/01/2009 à 00:00

Leçon no 1 : Le sourire

Thierry, dit "le cousin", ne se montre guère souriant au bureau ? Ne le croyez pas malheureux pour autant. Dans les vieux pays, on ne sourit que si c'est drôle.

"En France, les personnes qui sourient tout le temps sont soit imbéciles soit hypocrites, ou alors, ce sont des Canadiens", explique Jean-Benoît Nadeau, journaliste et auteur, qui a vécu en France pendant deux ans.

Français et Québécois parlent la même langue, mais ont des bagages culturels complètement différents. D'où le risque considérable de malentendus.

Leçon no 2 : La "pause-déjeuner"

Ne vous offusquez pas si votre employé français semble prendre son travail à la légère ou s'il étire ses lunchs d'affaires. Ça ne fait pas de lui un tire-au-flanc pour autant.

"Jamais un Français ne va dire qu'il est occupé, avertit Jean-Benoît Nadeau. Chez nous, il faut avoir l'air occupé, même si on ne l'est pas. Chez eux, il ne faut pas avoir l'air occupé, même si on l'est. C'est pour ça qu'ils ne se cachent pas pour prendre de longs repas."

En réalité, en France, un travailleur passe en moyenne 41 heures par semaine au bureau - en dépit de la règle des 35 heures, tandis que le Québécois travaille 35 heures.

Leçon no 3 : La hiérarchie

Les Français sont très respectueux de la hiérarchie en entreprise. Jamais ne leur viendrait l'idée saugrenue de contredire Monsieur-le- président en réunion.

"Pour tâter le pouls d'un employé français, il faut le lui demander, car il ne donnera pas son opinion spontanément", dit Nathalie Francisci, vice-présidente exécutive de Mandrake.

Leçon no 4 : L'argumentation

Ne faites pas l'erreur d'interpréter cette politesse devant les supérieurs pour de la gêne.

Les ressortissants du pays qui nous a donné Cyrano de Bergerac manient le verbe comme une épée. Mieux vaut ne pas les provoquer en duel oratoire. Sinon, l'inévitable "maudit Français" risque de vous terrasser. "L'argumentation, en France, est un sport national", rappelle le professeur Jean-Pierre Dupuis.

Leçon no 5 : L'arrogance

Si le Japonais ne dit jamais non, le Français, pour sa part, se montre bien souvent incapable de reconnaître son ignorance.

Il dira que ça n'existe pas avant de dire qu'il ne le sait pas. Forcer un Français à admettre qu'il ne sait pas, c'est lui faire perdre la face.

Leçon no 6 : La présentation

Cette culture de l'éloquence colore aussi les rapports professionnels. "Ils oublient tout le temps leur carte d'affaires. Se présenter soi-même passe après la présentation de ses idées, dit M. Nadeau. Un Français ne veut pas connaître le nom de quelqu'un qui n'est pas intéressant."

Vous souriez ? Ne vous en faites pas. Vous n'êtes ni imbécile ni hypocrite. Vous êtes sans doute Canadien.

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