Le lab: Comment faire du neuf avec du vieux?


Édition du 21 Décembre 2013

Le lab: Comment faire du neuf avec du vieux?


Édition du 21 Décembre 2013

Par Olivier Schmouker

Cette année, un homme a accepté de relever un défi dantesque en matière de créativité, à savoir donner un coup de jeune à cette institution cinquantenaire qu'est le Musée d'art contemporain (MAC) de Montréal. Cet homme, c'est John Zeppetelli, un Italo-Québécois de 52 ans à la gueule de baroudeur qui en est devenu, l'été dernier, le nouveau directeur général.

«Le MAC et moi, nous franchissons le cap du demi-siècle quasiment en même temps. C'est l'occasion d'une vaste remise en question, et donc d'un grand renouveau. L'idée est, en fait, de réussir à se renouveler, tout en restant fidèle à soi-même», m'a-t-il confié, bien installé dans l'un des fauteuils de cuir noir de son bureau aux trois murs vitrés, situé en plein coeur du Quartier des spectacles.

C'est que M. Zeppetelli est un expert en matière de remise en question existentielle. Sa carrière a priori chaotique en témoigne. Dans les années 1980, il a été libraire à Hampstead, le quartier de l'intelligentsia de Londres : «J'avais parmi mes clients l'écrivain Salman Rushdie», dit-il d'un air encore ébahi. Puis, il a dirigé les conférences de l'Institute of Contemporary Arts de Londres, à l'époque un incroyable bouillon de culture où l'on pouvait rencontrer l'icône littéraire Susan Sontag.

Il est ensuite revenu aux études : il s'est inscrit aux prestigieux cours du Whitney Museum de New York pour développer ses connaissances en art. «Je voulais devenir cinéaste. Mais on disait à propos des cours du Whitney qu'ils tuaient la fibre artistique plus qu'autre chose, et c'est peut-être bien ce qui m'est arrivé», m'a-t-il confié, en précisant qu'il a néanmoins réussi à tourner depuis des courts et moyens métrages.

Un havre de paix

Durant ses études new-yorkaises, il a fait de nombreuses excursions à Montréal, sa ville natale. «Elle me semblait un havre de calme et de paix. J'ai eu envie de venir m'y installer avec ma petite famille», m'a-t-il dit. Et c'est ainsi qu'il est reparti à zéro, en devenant libraire... à la librairie du MAC !

M. Zeppetelli a donné en parallèle des cours sur l'art vidéo à l'Université Concordia. Il a organisé des expositions au défunt Centre des arts Saidye Bronfman. Par la suite, il a été choisi comme conservateur de la galerie d'art contemporain DHC/Art, ouverte par la mécène Phoebe Greenberg, la même qui vient d'ouvrir le Centre Phi consacré, lui, aux arts numériques : «Cela m'a donné la possibilité de faire venir ici des oeuvres d'artistes exceptionnels comme Sophie Calle, Marc Quinn et Ryoji Ikeda», m'a-t-il indiqué, les yeux pleins d'étincelles. Un travail remarqué, qui lui a permis d'être sollicité pour prendre les rênes du MAC.

Une identité à préserver

«J'ai été libraire, organisateur de conférences, professeur, conservateur, etc. Et pourtant, je n'ai jamais eu l'impression de passer du coq à l'âne. Car il y a en moi une constante : l'authenticité. Dans l'action, je suis toujours moi-même. Je ne triche pas. Je demeure fidèle à mes valeurs», m'a-t-il dit.

«Pour le MAC, je veux agir de la même façon. Je vais le transformer, tout en préservant son identité. Je vais commencer par agrandir son espace, une nécessité quand on sait que nous avons aujourd'hui la place de ne présenter que 150 des 8 000 oeuvres que nous détenons», a-t-il ajouté, tandis que le musée était investi, en ce lundi matin, par des architectes chargés d'analyser la situation pour ce faire.

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