Comment éviter les mauvais comportements au travail?

Publié le 14/06/2022 à 11:45

Comment éviter les mauvais comportements au travail?

Publié le 14/06/2022 à 11:45

Par Olivier Schmouker

Le piège est de croire qu'il y a de «petits» crimes... (Photo: 123RF)

MAUDITE JOB! est une rubrique où Olivier Schmouker répond à vos interrogations les plus croustillantes [et les plus pertinentes] sur le monde de l’entreprise moderne… et, bien sûr, de ses travers. Un rendez-vous à lire les mardis et les jeudisVous avez envie de participer? Envoyez-nous votre question à mauditejob@groupecontex.ca

Q. — «Ça n’a peut-être l’air de rien, mais moi ça me choque: des employés volent des rames de papier au bureau pour les emmener chez eux. Ils s’en servent peut-être de brouillon, ou pour les dessins de leurs enfants. Comme personne ne dit rien, plusieurs agissent ainsi, sans se gêner. Ce qui m’inquiète, c’est que lorsqu’on franchit ainsi une barrière morale, on peut être tenté d’en franchir d’autres, encore plus graves…» – Lucie

R. — Chère Lucie, vous avez raison, il y a un problème au sein d’une organisation quand un mauvais comportement se généralise, pour ne pas dire se normalise. C’est-à-dire quand une norme morale est allègrement bafouée par certains. Car on risque alors d’assister à un dérèglement de la «boussole morale» du groupe.

Ce phénomène a un nom: le «désengagement moral». À mesure qu’un comportement répréhensible devient routinier, le sentiment de culpabilité va en s’amenuisant, parfois à tel point que les individus ne voient plus de raison valable de faire amende honorable quand ils sont pris la main dans le sac. Et la situation va sans cesse en empirant, les barrières morales finissant par tomber les unes après les autres.

Fort heureusement, il y a moyen de remédier à tout cela. C’est ce qui ressort d’une récente étude pilotée par Roberta Fida, professeure de psychologie du travail à l’École de commerce Norwich de l’Université d’East Anglia. Son équipe de recherche a procédé à des sondages auprès d’un millier de travailleurs italiens et britanniques visant à identifier les mesures qui pouvaient être prises afin de diminuer le désengagement moral en entreprise. Cela lui a permis de faire de belles trouvailles à ce sujet.

– Autoréflexion. Plus une personne est capable de réfléchir sur elle-même, en particulier sur ses «erreurs morales» passées, plus elle est capable d’éviter de commettre une nouvelle «bourde morale». Voire mieux, d’anticiper le bon comportement lorsqu’elle est confrontée à un dilemme éthique.

— Autorégulation. Plus une personne est capable de contrôler ses envies, moins elle est susceptible de se laisser tenter par un acte répréhensible. Elle offre une vraie résistance aux mauvais comportements, même si d’autres s’y mettent sans gêne.

— Deux précieux leviers. L’autoréflexion et l’autorégulation sont les deux leviers individuels qui permettent d’éviter un désengagement moral collectif ou à tout le moins, de freiner grandement celui-ci. D’où l’intérêt de voir les gestionnaires et autres leaders naturels soucieux de moralité intervenir judicieusement sur ces deux leviers lorsque la situation l’impose.

Comment? L’étude indique qu’il peut être bon de prendre le temps de réfléchir en équipe à des situations épineuses d’un point de vue éthique, qu’elles se soient déjà produites ou pas. Par exemple, ça peut consister à se demander quelle est la bonne réaction à avoir si l’on est membre des ressources humaines et que le patron demande à consulter le dossier médical d’un employé, ou encore si un client fait pression sur un employé pour obtenir un avantage indu en lui soulignant qu’il est un «bon ami du patron».

En effet, cela permettra à chacun d’exercer fictivement son autoréflexion et son autorégulation, et ce faisant, de mieux s’armer pour faire face à une éventuelle tentation de mal agir. Cela permettra aussi de réajuster la «boussole morale» de l’équipe, et offrira peut-être bien, un jour, l’occasion d’engager une discussion à propos de la curieuse disparition de rames de papier de l’imprimante du bureau. Bien entendu, le but ne sera pas alors de désigner des coupables, mais d’amener les concernés à réfléchir sur leur comportement inapproprié et à changer d’attitude par eux-mêmes, sans avoir à subir de leçon de qui que ce soit.

En passant, Lucie, l’écrivain français Frédéric Beigbeder a dit dans «99 francs»: «La morale, c’est peut-être ringard, mais ça reste encore ce qu’on a trouvé de mieux pour distinguer le bien du mal».

 


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