Bien-être au travail: pourquoi vos efforts ne donnent-ils rien?

Publié le 14/05/2013 à 06:19, mis à jour le 14/05/2013 à 09:14

Bien-être au travail: pourquoi vos efforts ne donnent-ils rien?

Publié le 14/05/2013 à 06:19, mis à jour le 14/05/2013 à 09:14

Par Stéphane Rolland

Photo: Bloomberg

Les entreprises n’investissent pas là où ça compte lorsqu’elles tentent d’encourager leurs employés à adopter de meilleures habitudes de vie, prévient Michael O’Donnel, le président de l’American Journal of Health Promotion, qui a prononcé une allocution dans le cadre du Rassemblement pour la santé et le mieux-être en entreprise, à Montréal lundi.

Les employeurs mettent trop d’énergie à essayer de susciter une prise de conscience tandis que cette étape ne représente que 5 % d’une démarche de changement réussi. Autrement dit, on perd son énergie à marteler des évidences.

« Les organisations ne comprennent pas que de savoir qu’une habitude est mauvaise, ce n’est pas suffisant, explique-t-il. Tout le monde sait que la cigarette est nocive pour la santé. Si le fait de le savoir était suffisant, il n’y aurait plus de fumeurs. »

M. O’Donnel estime que la prise de conscience ne représente que 5 % d’un changement d’habitude réussi. Les étapes les plus importantes sont : la motivation (30 %), les habiletés (25 %) et la création d’occasions (40 %).

Les employeurs ne doivent pas se limiter à formuler des objectifs avec les employés, ils doivent les aider à développer des outils pour réussir. « Changer une habitude, comme cesser de fumer peut prendre entre 5 et 6 ans », rappelle-t-il.

Les organisations doivent aussi être prêtes à investir si elles veulent vraiment obtenir un bon taux de succès avec leur programme. Selon le chercheur, une démarche de bien-être nécessite entre 200$ et 250$ par employé. « Quand je rencontre un gestionnaire qui dit que la santé au travail est une priorité, mais qu’il doit y consacrer un petit budget, je lui réponds que ce n’est pas une priorité pour lui, raconte-t-il. Dirait-il la même chose pour l’achat d’équipements. »

Si les entreprises veulent vraiment faire du bien-être au travail une priorité, les dirigeants doivent se demander comment leurs décisions auront un impact sur la qualité de vie au travail, ajoute Jean-Pierre Brun, professeur de l’Université Laval et spécialiste de la santé au travail, lors de la conférence suivante.

M. Brun donne l’exemple d’une gestionnaire intérimaire dont la tâche était surchargée. Elle a demandé de l’aide à son supérieur. Celui-ci lui donnait une bonne écoute, mais n’intervenait pas. Après un an et demi à travailler à un rythme effréné, elle a fait une dépression.

À son retour au travail, on a finalement embauché l’assistante qu’elle réclamait. «Il faut être plus vigilant», prévient M. Brun, qui constate que les gestionnaires ont tendance à ne percevoir que les « signaux forts » comme la maladie, mais pas les signes avant-coureurs.

Le Rassemblement pour la santé et le mieux-être en entreprise est organisé par Groupe entreprises en santé en collaboration avec l'Association des professionnels en santé du travail (APST) et Opus 3. L’évènement se déroule au Palais des Congrès de Montréal le 13 et 14 mai.

 

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