SiliCycle : demeurer dans sa niche pour être à l'avant-garde

Publié le 03/11/2009 à 09:26

SiliCycle : demeurer dans sa niche pour être à l'avant-garde

Publié le 03/11/2009 à 09:26

Par Audrey Myrand-Langlois

Photo : Audrey Myrand-Langlois

Se tailler une place dans une niche bien précise et prévenir la concurrence d'entrer dans son créneau. C'est le défi que s'est lancé SiliCycle, un fabricant de produits à base de silice, principalement des gels de silice, établi dans la région de Québec.

 

En fait, ces gels sont des filtres utilisés par des entreprises pharmaceutiques pour isoler les molécules qui ont potentiellement un pouvoir thérapeutique. Les gels peuvent également être utilisés afin d’isoler les mauvaises molécules qui n’ont pas leur place dans le médicament et qu’on veut ainsi éliminer.

 

J’ai rencontré le président-directeur général de SiliCycle, Hugo St-Laurent, lors d’un récent séjour à Québec, afin de voir comment l’entreprise continue de croître dans son créneau si précis.

 

Pourquoi avez-vous choisi de vous lancer dans la fabrication de produits à base de silice ? C’est assez avant-gardiste comme idée…

 

C’était l’idée de mon associé, Luc Fortier, qui en a beaucoup utilisé lors de ses études. Il a vu le potentiel du produit et trouvait que c’était un bon créneau. C’est donc comme ça que notre collaboration a débuté, alors que j’avais 23 ans.

 

Pourquoi n'avez-vous pas de concurrents canadiens dans votre créneau ?

 

C’est vraiment un marché très spécialisé. Ça prend beaucoup d’effort de recherche et de développement. On a travaillé de 1988 à 1994, avant la création de l’entreprise, sur la recherche et le développement. Ensuite, depuis 1995, quand SiliCycle à vu le jour, on n’a jamais arrêté de faire de la R & D pour peaufiner nos recettes, améliorer nos succès au niveau des silices et des silices modifiées. Les employés chez SiliCycle ont des doctorats en chimie, sur la silice, alors c’est vraiment très pointu comme domaine. Nos chimistes proviennent du Canada, des États-Unis, ainsi que de l’Europe et on espère, évidemment, avoir les meilleurs au monde.

 

Alors quel est votre secret pour demeurer l’unique joueur dans votre niche ?

 

On ne se compare jamais à l’échelle du Québec, ni du Canada, car nos concurrents sont vraiment à l’échelle mondiale. Le secret pour essayer de les devancer et prendre de l’avance, c’est d’être près du marché, donc près des utilisateurs, des scientifiques des entreprises pharmaceutiques et être capable de transposer leurs besoins via notre marketing et la recherche et le développement pour arriver avec des produits qui répondent à ces besoins.

 

Quel est le territoire de votre marché ?

 

On n’a pas de limite, on vend à travers le monde. Notre plus gros marché, ce sont les États-Unis, mais nous réalisons également des ventes en Europe, en Asie et au Moyen-Orient. En fait, c’est dans tous les endroits où il se fait de la recherche au niveau pharmaceutique, où il y a des universités avec de la chimie organique. Et même là, avec notre nouvelle ligne de produits, les colonnes HPLC (chromatographie en phase liquide à haute performance), on touche tout ce qui est contrôle de qualité dans tous les secteurs d’activités. Alors, les pays qui n’étaient peut-être pas très forts en recherche pharmaceutique vont maintenant être intéressés par nos nouveaux produits.

 

Où voyez-vous SiliCycle dans dix ans ?

 

Je nous vois poursuivre notre progression via la croissance organique et par = des implantations et des acquisitions. Dans dix ans, on aimerait franchir le cap des 100 millions de chiffres d’affaires. Présentement, le chiffre d’affaires est plus de l’ordre de dix millions de dollars.

 

Vous n’aviez que 23 ans lorsque vous avez démarré l’entreprise. Comment avez-vous fait pour bâtir de qu’est devenu aujourd’hui SiliCycle, sans expérience concrète en affaire ?

 

C’est surtout en s’entourant de partenaire au sein même de l’entreprise, en se bâtissant un conseil d’administration avec des gens compétents qui ont de l’expérience et qui nous guident dans nos bonnes actions. Ils nous aident aussi, évidemment, à éviter de prendre de mauvaises décisions. Il y avait aussi beaucoup d’organismes dans la région de Québec pour venir en aide aux jeunes entrepreneurs, Entrepreneuriat Laval par exemple. On a également passé par un incubateur d’entreprise.

 

Est-ce que c’est important pour vous de demeurer dans la ville de Québec ?

 

Très important ! C’est grâce à la région qu’on est né, qu’on va grandir et qu’on va devenir une entreprise de calibre mondial. On a de grands atouts ici : la beauté de la région, la qualité de la vie et l’Université Laval qui est assez performante. Donc il faut continuer à développement des bons programmes à l’Université Laval et de bons étudiants qui vont venir travailler chez SiliCycle et qui vont ainsi bonifier nos compétences.

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