Innovation: 10 trucs pour faire germer les idées créatives

Publié le 09/02/2010 à 10:54

Innovation: 10 trucs pour faire germer les idées créatives

Publié le 09/02/2010 à 10:54

Par Aude Marie Marcoux

Formation de Philippe Meunier sur la créativité - Source: Jeune chambre de commerce de Montréal

«La créativité est essentielle en affaires. Lorsqu’une entreprise, peu importe son domaine d’activités, perd le désir d’aller dans des zones d’inconfort et cesse d’explorer de nouvelles dimensions, elle perd toute son intelligence et sa vitalité», soutient Philippe Meunier, chef de la création et associé principal chez Sid Lee, une agence de marketing, design, communication et publicité.


PLUS: La clé du leadership en affaires: la créativité


Dans le cadre du volet «Prendre sa place, laisser sa marque!» du programme Leadership action de la Jeune chambre de commerce de Montréal, Philippe Meunier a invité une trentaine de convives de la relève d’affaires à plonger dans l’univers de la création. Cherchant à casser le mythe de la créativité innée, M. Meunier a présenté dix techniques pratiques afin de faire germer les idées créatives en entreprise.


Aux comptables, ingénieurs, conseillers en gestion et autres professionnels présents, le cofondateur de Sid Lee a affirmé que chacun d’eux a un côté créatif. Le secret est de garder l’esprit ouvert et de tenter de faire preuve de créativité au quotidien.


«Tout le monde est créatif, mais certains ont la chance d’arriver plus facilement dans l’inconnu», a-t-il lancé. «C’est aussi une question de muscle, tout dépend de comment on le travaille.»


Dix mots, dix trucs pour faire place à la création, selon Philippe Meunier :


1. La machine : Il existe une formidable machine de création que personne ne connaît, a lancé avec humour le conférencier : le cerveau! «Quand on fait de la création, il faut partir la machine, mettre le cerveau à On. Quand j’ai un problème, je le mets dans la machine et je l’actionne», note M. Meunier. Ce dernier explique que les gens ont souvent la fâcheuse tendance à «démarrer la machine à idées» trop tard, comme peut le faire un cégépien qui s’attelle à un travail de 25 pages à remettre un 12 décembre… le 10 décembre! «Il faut démarrer la machine aussitôt qu’on rencontre un problème, parce que celle-ci fonctionne tout le temps», conseille M. Meunier. Ainsi, une fois que vous êtes prêt à investiguer directement le problème, la solution se trouve souvent parmi les idées qui ont mijoté.


2. Les questions : Que met-on dans la machine? Des questions. «Better question, better answer. Si quelqu’un arrive au bureau avec un problème, plus vous poserez des questions, plus vous vous approcherez de la solution», affirme M. Meunier.


3. Les «post-it» : Lors des évaluations de rendement des employés chez Sid Lee, Philippe Meunier ne parle pas d’objectifs de rentabilité ou d’autres formules complexes. Chacun sort de son bureau avec un «post-it» sur lequel il y a un mot ou un dessin, que ce soit un bocal avec un poisson rouge, un arbre ou un roseau. Ce symbole leur indique les points sur lesquels ils devraient s’améliorer, ou encore s’investir. Ces derniers colleront leur «post-it» sur leur écran, leur miroir, de façon à toujours se rappeler ce qu’ils doivent travailler.


«C’est la meilleure place pour mettre une idée», affirme M. Meunier, qui a pris soin de distribuer des fameux «post-it» aux participants à sa formation. «On peut en avoir plusieurs, faire des listes avec plusieurs d’entre eux, en mettre dans nos poches… On met une idée par «post-it» et après, on peut jouer avec, les tester et faire des liens.»


4. La vitesse : Fonctionner sur l’adrénaline s’avère une excellente façon de faire émerger les idées. Qui ne s’est pas déjà retrouvé dans une réunion sans entrain, remplie de temps morts et donc assurément improductive et coûteuse en termes de temps et d’argent? «S’il ne se passe plus rien dans une réunion, faites autre chose et revenez-y», soutient M. Meunier. «Lorsqu’il n’y a plus de vitesse, il n’y a plus de création. Pour arriver à un vrai brainstorming, dites n’importe quoi, mais dites quelque chose.»


Et par vitesse, l’associé principal chez Sid Lee entend bien sûr des échanges rapides, mais l’environnement physique est également important. À son avis, plusieurs entreprises n’ont pas un environnement propice à la création. Par exemple, les firmes où des employés passent leur journée dans des bureaux à cloisons.


Lorsqu’il travaillait sur le projet du Moulin à Images de Québec avec Robert Lepage, plusieurs bonnes idées ont pris naissance lors de leurs promenades quotidiennes dans les rues de Québec.


«Depuis, je vais faire du jogging avec les gens de la création, c’est une chose que Robert Lepage m’a apprise. Marcher crée de la dynamique. Allez marcher le midi!», conseille M. Meunier.


5. La crap : En matière de création, le cerveau comporte deux zones importantes selon M. Meunier. D’abord, la zone du connu, donc de tout ce qui a été acquis depuis la naissance. Le cerveau emmagasine des choses, de la musique, des poèmes, des messages radio, des gens qui pleurent… Tous ces éléments stockés ont un potentiel de création. Plus la zone du connu du cerveau, celle de la culture générale, est remplie, plus il sera possible de déborder vers l’autre côté : l’inconnu.


Comme le cerveau a le réflexe de vouloir associer les choses et faire des liens, le danger est de rester au premier degré, au premier niveau. «Il faut faire sortir la crap!», lance M. Meunier. Par crap, le créatif entend tout ce qui est superflu, inutile, nuisible, sans intérêt, bref tout ce qui empêche de traverser la barrière qui mène vers l’autre zone du cerveau, essentielle en création : la zone de l’inconnu. «Parfois, vous direz que quelqu’un est bizarre. Il n’est pas bizarre, il est seulement rendu dans cette zone, alors que vous en êtes encore à essayer d’associer des idées. Pour entrer dans l’inconnu, il faut faire sortir la crap! », affirme M. Meunier.


6. Le steak : «Quand je parle de steak, j’entends les protéines, la viande qui vous nourrit. Dans mon tas de crap, il y a un steak, des protéines qui forment les bonnes idées», image M. Meunier. Les Guy Laliberté et les Richard Branson de ce monde vous le diront : il y a toujours une bonne idée derrière leur projet. Ainsi, quand vous lancez un produit ou une stratégie d’affaires, le cofondateur de Sid Lee conseille de vous poser toujours la même question : «c’est quoi l’idée?»


7. Les 180 degrés : Par 180 degrés, l’entrepreneur créatif parle de la quête de la vérité, de la réalité, en cherchant le contraire d’une affirmation. «Allez voir à 180 degrés d’une idée, d’un projet, et vous aurez votre réponse», note-t-il. Par exemple, une entreprise qui fait la publicité d’une bière qui n’est pas bonne vous dira qu’elle est rafraîchissante ou qu’elle n’a pas d’arrière-goût. La réalité, soit le fait qu’elle n’a pas bon goût, se trouve à 180 degrés.


8. La peur : «On est rempli de peur au Québec; peur de perdre son travail, de déplaire, de ne pas avoir de dividendes… C’est triste parce que cela démontre un manque de courage. Et les idées ont besoin de courage pour vivre», déplore M. Meunier. Selon lui, la peur est la pire ennemie de la création. Et surtout en création, la peur est partout, même chez Sid Lee. «Aussitôt qu’il est question de lancer quelque chose de différent, les gens ont peur», affirme-t-il.


9. Le doute : Contrairement à la peur, le doute est la faculté de se remettre en question, et ce, «pas à minuit moins cinq», affirme M. Meunier. Il est donc important de mettre un pied à l’extérieur de notre travail, d’avoir du recul. La clé est de travailler l’idée sous différentes formes, la tester, jouer avec les possibilités. Chez Sid Lee, les employés sont invités à inscrire leurs idées sur des tableaux disposés sur les murs. L’initiative a pour but d’inviter les passants à les commenter. «C’est bien de partager avec d’autres, car cela nous permet de savoir si on consacre toute notre énergie à quelque chose de mauvais. Il est donc important de toujours se poser, se remettre en question en cours de processus», conseille M. Meunier.


10. La musique : La musique est essentielle pour ouvrir des fenêtres, des portes, selon M. Meunier. La création requiert des déclencheurs émotionnels et la musique permet de se laisser aller dans des sentiments différents à chaque changement de rythme. «Je mets de la musique dans mon bureau et quand les gens entrent, ils changent de rythme», note le créatif. «La musique nous permet de faire des voyages dans notre cerveau, de nous faire partir.» Et ce sont souvent ces états d’esprit qui font valser les idées créatives.


 


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