Votre gestionnaire est-il talentueux ?

Offert par Les Affaires


Édition du 22 Septembre 2018

Votre gestionnaire est-il talentueux ?

Offert par Les Affaires


Édition du 22 Septembre 2018

Par Richard Guay

[Photo: 123RF]

Nous souhaitons tous confier notre patrimoine à un gestionnaire talentueux qui saura le faire fructifier mieux que les autres. Bill Sharpe, prix Nobel de l'économie, a déjà écrit : «Il peut y avoir des gestionnaires très talentueux, mais ils sont en minorité. Et ils sont très difficiles à repérer».


Effectivement, c'est difficile. Tous les gestionnaires affirment devant leurs clients qu'ils sont talentueux. À la suite d'une performance décevante, l'un soutiendra qu'il est talentueux, mais a été malchanceux. Et que le vent tournera en sa faveur prochainement. Ce qui est possible. Le gestionnaire qui performe mieux sur la même période, lui, affirmera probablement que son rendement est directement lié à son talent, que la chance n'y est pour rien. C'est aussi possible, mais sans garantie.


Ne pas se fier aux dernières années


Le plus souvent, pour choisir un gestionnaire, nous accordons beaucoup d'attention aux rendements des dernières années. Pourtant, c'est bien connu et démontré, la performance des dernières années d'un gestionnaire est un piètre prédicteur de sa performance future.


Y a-t-il un réel indicateur qui permet de trouver un bon gestionnaire ? Oui : le contre-courant. Les gestionnaires talentueux sont ceux qui exécutent le plus souvent des transactions à contre-courant, conclut une étude qui sera publiée dans le prochain numéro du Journal of Finance. Ils achètent plus souvent quand la majorité des institutions vendent. Et ils vendent quand la majorité achète.


L'étude porte sur plus de 2 200 fonds communs de placement en gestion active pour les actions américaines. Elle soutient que les gestionnaires qui effectuent le plus de transactions à contre-courant dégagent en moyenne une performance annuelle de 2,28 % supérieure à ceux qui suivent les tendances des institutions.


Une des innovations de cette étude est d'avoir développé une mesure pour déterminer ce qu'est un gestionnaire à contre-courant. C'est celui qui augmente ses positions sur un titre lorsqu'au trimestre précédent, la majorité des institutions ont réduit leurs positions sur ce même titre. Il a aussi plus souvent tendance à réduire ses positions sur les titres qui ont été achetés au cours de ce trimestre par la majorité des institutions.


Quant aux gestionnaires qui suivent les tendances, ce sont ceux qui achètent les mêmes titres que ceux qui ont été achetés par les institutions au fil des derniers trimestres. De la même façon, ils vendent les titres que les institutionnels ont vendu.


Les institutions négocient surtout sur les titres connus et de grandes capitalisations. On pourrait donc penser que les gestionnaires qui négocient à contre-courant des institutions dégagent leur bonne performance sur ces titres plus connus et de grandes capitalisations.


Eh bien non. Ce sont sur les titres peu ou pas transigés par les institutions, souvent parce que l'information est plus difficile à trouver, que les gestionnaires à contre-courant sont les plus performants, affichant un rendement de 4,5 % supérieur. La performance des meilleurs gestionnaires est cependant instable dans le temps. C'est dans les périodes où il y a le plus de volatilité et de dispersion dans les rendements des titres que celle-ci est la meilleure. Lorsque la volatilité est faible, il y a moins d'occasions d'achat et de vente et les gestionnaires talentueux ont plus de difficulté à se démarquer.


Un exemple à suivre


Évidemment, il n'est pas toujours facile de trouver les bons gestionnaires à contre-courant.


Le plus connu est certainement Warren Buffett. Il ne fait pas de doute que le président de Berkshire Hathaway a un talent supérieur pour déceler de bonnes occasions. Mais ce n'est pas suffisant d'avoir ce talent. Il faut aussi le courage d'agir selon ses convictions en achetant des titres, même si plusieurs institutions vendent. Il n'a jamais manqué de courage à cet égard.


Des étudiants m'ont déjà demandé s'il était judicieux pour eux de construire un portefeuille en achetant les mêmes titres qu'un gestionnaire reconnu comme Warren Buffett. Pas de doute que, dans le passé, il aurait été très rentable d'acheter les mêmes titres, et ce, même avec un trimestre de retard. Pour l'investisseur qui n'est pas expert ou qui a peu de ressources, copier M. Buffett est une stratégie qui peut encore avoir ses avantages : une bon rendement à long terme avec peu d'effort et à peu de frais.


Vous pouvez également demander à votre gestionnaire si c'est le style de stratégie d'investissement qu'il préconise.


CHRONIQUEUR INVITÉ
Richard Guay
redactionlesaffaires@tc.tc


 

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