Bombardier cesse la production de son avion amphibie

Publié le 15/10/2015 à 15:25, mis à jour le 16/10/2015 à 09:43

Bombardier cesse la production de son avion amphibie

Publié le 15/10/2015 à 15:25, mis à jour le 16/10/2015 à 09:43

Par Martin Jolicoeur

Photo: Bombardier

Aux prises avec un carnet de commande à sec, Bombardier met fin temporairement à la production de son avion amphibie Bombardier 415. Une décision qui survient au moment où l’avionneur cherche à dégager les fonds nécessaires à la poursuite de son programme d’avions CSeries.

L’entreprise montréalaise a confirmé à Les Affaires avoir pris la décision de s'offrir «une pause» et, par voie de conséquence, de ne pas renouveler le bail de son usine de North Bay, en Ontario, où l'emblématique appareil de lutte contre les incendies est assemblé depuis 1998. Les principales composantes de l’appareil sont toujours fabriquées à Montréal, mais elles sont depuis acheminées ensuite en Ontario pour leur assemblage final.

Bombardier justifie sa décision par l'épuisement de son carnet de commandes. L’entreprise a assemblé deux avions amphibie cette année mais n’a pas réussi à remporter de nouvelles commandes depuis le début de l’année. Un troisième appareil 415 doit être terminé et livré d’ici la fin de 2015, après quoi l’entreprise cessera sa production, a expliqué Isabelle Gauthier, porte-parole de Bombardier Aéronautique.

Au cours des derniers mois, selon The Globe and Mail, cet arrêt de production a déjà entraîné des réaffectations de personnels à Montréal, et la mise à pied d'une trentaine de travailleurs de North Bay, employés du sous-traitant Vortex Aerospace Services, devrait suivre dans les prochaines semaines. La porte-parole de Bombardier a déclaré ne pas être en mesure de préciser le nombre de travailleurs de Montréal qui ont été réaffectés depuis le printemps, se limitant à dire que les quelques 60 emplois liés au soutient à la clientèle seraient maintenus.

«On parle bien d'une pause, c'est un arrêt temporaire», a précisé Mme Gauthier. Bombardier demeure entièrement dévoué à cet appareil. Il suffirait de quelques ventes pour que reprenne la production». La porte-parole a cependant admis ne pouvoir assurer que les activités d'assemblage retourneraient à North Bay, le cas échéant.

Au plus fort de la production de cet appareil, venu remplacé le CL-215 lancé en 1966, environ 200 travailleurs oeuvraient à sa production. Du nombre, une soixantaine de travailleurs étaient en Ontario, y compris les travailleurs de Vortex. Actuellement, 162 de ces appareils sont toujours en opération. La Grèce, l'Italie, l'Espagne et la France, figurent parmi ses plus importants clients de cet appareil.

Décision liée au CSeries?

Dans une tentative de sauver son programme CSeries, en retard de deux ans et aux prises avec des dépassements de coûts importants, Bombardier a déjà repoussé le développement de ses Global 7000 et Global 8000, mis en veilleuse son programme d’avion Learjet 85 et suspendu le paiement de dividendes.

La semaine dernière, Bombardier et Airbus ont tous deux confirmé avoir discuté de la possibilité de vendre une part majoritaire du programme CSeries au consortium aérospatial européen. Des discussions similaires auraient été entreprises avec un groupe chinois, mais n'ont jamais été confirmées.

La décision de cesser la production de son avion amphibie, a été interprété par certains comme le dernier geste de Bombardier visant à sauver le navire. Selon une estimation de Moody’s Investors Service, produite en août dernier, les coûts de développement du nouvel appareil aurait déjà atteint les 6,1G$US, dont 1,6 G$US au cours des seuls six derniers mois.

Peu après 15 heures, le 15 otobre, l’action de Bombardier se négociait à 1,70$ à la Bourse de Toronto. Depuis le début de l’année, la valeur de son action a reculé de 2,45$ ou de 59,04% de sa valeur.

 

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