Entrevue n°220: Sir Ronald Cohen, président du comité du G8 sur l'investissement d'impact

Offert par Les Affaires


Édition du 04 Octobre 2014

Entrevue n°220: Sir Ronald Cohen, président du comité du G8 sur l'investissement d'impact

Offert par Les Affaires


Édition du 04 Octobre 2014

Par Diane Bérard

«L'investissement s'est soucié de rendement, puis de risque. Et aujourd'hui, d'impact» - Sir Ronald Cohen, président du comité du G8 sur l'investissement d'impact

C'est un des pères fondateurs de l'industrie du capital-risque. Aujourd'hui, Sir Ronald Cohen est un ardent défenseur du capital social, autrement dit de l'argent investi dans des entreprises sociales. Sir Cohen croit toujours à l'efficacité des marchés, mais il veut les mettre au service du bien commun. Miser sur «le coeur invisible des marchés pour aider ceux que la main invisible a oubliés.»

Diane Bérard - Sir Cohen, vous êtes le père du capital-risque britannique. Vous voilà aussi père du capital social. Racontez-nous.

Sir Ronald Cohen - En 1972, j'ai fondé Apax, une des premières firmes de capital-risque en Grande-Bretagne. Dans les années 1990, Apax est devenue la plus grande de son secteur. Et, en 1996, j'ai fondé Easdaq, l'équivalent européen du Nasdaq. Depuis les années 2000, je me consacre au capital social. C'est-à-dire au capital investi dans des entreprises qui ont pour unique mission de résoudre des problèmes sociaux ou environnementaux.

D.B. - Il y a quelques jours, vous avez déposé un rapport affirmant que le marché du capital social peut atteindre 1 billion de dollars américains...

S.R.C. - Tout indique que cette cible est réaliste. À condition, bien sûr, de mettre en place les préalables nécessaires à la création et au développement d'un écosystème de l'investissement social (impact investing). La situation est comparable à celle du capital-risque il y a 50 ans. Il a fallu des investisseurs, des intermédiaires, des projets, des chercheurs, de nouvelles lois, une bourse, etc. pour que le capital-risque prenne son envol. Cette industrie qui semble aller de soi aujourd'hui a exigé beaucoup d'efforts pour émerger. C'est possible de répéter cette démarche pour l'investissement social.

D.B. - Pourquoi ce rapport est-il une initiative britannique ?

S.R.C. - C'est à titre de président du G8 que David Cameron a placé l'investissement social dans la liste de priorités de la communauté internationale.

D.B. - Quand a-t-on employé le terme investissement social, ou investissement d'impact, pour la première fois ?

S.R.C. - Cela remonte à 2007, lors d'une réunion organisée par la Fondation Rockefeller, en Italie.

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