«Je n'ai aucun doute que nous allons réussir à réduire le fardeau fiscal qui pèse sur les PME» - Bardish Chagger, ministre de la Petite Entreprise et du Tourisme du Canada


Édition du 30 Janvier 2016

«Je n'ai aucun doute que nous allons réussir à réduire le fardeau fiscal qui pèse sur les PME» - Bardish Chagger, ministre de la Petite Entreprise et du Tourisme du Canada


Édition du 30 Janvier 2016

Par Matthieu Charest

« Nous voulons regrouper les informations et les programmes en un seul endroit », dit la ministre fédérale de la Petite Entreprise et du Tourisme, Bardish Chagger. [Photo : Sébastien Lavallée]

Bardish Chagger a été élue députée de la circonscription ontarienne de Waterloo lorsque la vague libérale a balayé le pays en octobre dernier. Nommée ministre de la Petite Entreprise et du Tourisme, c'est à Les Affaires qu'elle a accordé sa première entrevue à un grand média francophone. Un entretien qui s'est révélé très contrôlé et ponctué d'interventions de deux adjoints politiques et d'une fonctionnaire. Bien qu'elle se soit montrée évasive sur les détails pour soutenir les PME, c'est avec énergie et passion que Mme Chagger a affirmé qu'un vent nouveau soufflait sur le Canada et que les PME seront au centre des préoccupations gouvernementales.

Les Affaires - Vous n'avez jamais été propriétaire d'une PME. En quoi êtes-vous bien placée pour être ministre de la Petite Entreprise et du Tourisme ?

Bardish Chagger - Je ne suis pas une entrepreneure, mais j'ai travaillé au sein de plusieurs petites entreprises. Et plusieurs de mes amis et proches ont des PME. Je comprends et je reconnais les efforts que les propriétaires d'entreprises doivent faire. Nous avons tous un petit côté entrepreneurial, vous savez. Au Canada, 99 % des entreprises sont de petites entreprises. On doit absolument travailler avec elles, parce que c'est de ces dernières qu'émanera la croissance économique.

L.A. - Selon vous, quelles sont les préoccupations actuelles des PME ? Quels sont les éléments qui reviennent le plus souvent lors de vos discussions avec des entrepreneurs ?

B.C. - Au Canada, nous sommes très bons pour lancer des entreprises, mais beaucoup moins efficaces lorsque vient le moment de croître. Nous devons encourager les entreprises à s'orienter davantage vers les exportations. C'est pourquoi nous avons lancé le programme CanExport au début de janvier. Ce sont 50 millions de dollars pour soutenir nos PME dans leurs projets d'exportations, quels qu'ils soient. Elles peuvent embaucher un consultant, participer à des salons commerciaux ou explorer de nouveaux marchés. C'est ce que les PME voulaient ; nous les avons écoutées. Cela ne s'était pas vu depuis longtemps. Parfois, ça prend seulement quelqu'un pour dire aux PME de croître pour qu'elles emboîtent le pas. Comme Canadiens, nous sommes parfois très modestes.

L.A. - Bien que 50 M$ soit une somme substantielle, est-ce suffisant pour aider nos entreprises à exporter ?

B.C. - C'est un début. S'il nous faut davantage, je vais certainement demander plus. Mais attendons de démontrer toute l'efficacité de cette initiative avant de bonifier le programme : 50 M$, c'est quand même considérable.

L.A. - Dans sa plateforme électorale, le Parti libéral du Canada a promis de réduire le taux d'imposition des PME de 11 % à 9 %. À quel moment cette mesure entrera-t-elle en vigueur ?

B.C. - Je vais justement rencontrer le ministre des Finances [Bill Morneau] la semaine prochaine. Je me suis engagée à réduire à la fois le fardeau fiscal et le fardeau administratif qui pèsent sur les PME. Je n'ai aucun doute que nous allons y parvenir. Quant à l'échéancier pour la réduction du taux d'imposition, je mettrai certainement de la pression pour que ça se produise, ça fait partie de mon mandat. Le budget sera déposé bientôt. Je pense que ce sera une belle surprise pour les Canadiens. Nous allons donner ce qu'ils demandent.

L.A. - Vous avez annoncé que votre gouvernement voulait réduire la bureaucratie pour les entreprises.

En pratique, comment cela se traduira-t-il ?

B.C. - Nous serons plus innovants. Notre gouvernement nous amènera au 21e siècle. Nous allons par exemple mettre sur pied des plateformes en ligne, accessibles en tout temps, parce que ce n'est pas vrai que les entrepreneurs travaillent de 9 h à 17 h. Nous voulons offrir du soutien et regrouper les informations et les programmes en un seul endroit. Le programme CanExport en est d'ailleurs un très bon exemple. Il s'agit d'un programme auquel il est très simple de s'inscrire en ligne, c'est même surprenant ! (Rires.) Nous ne sommes pas habitués à ce qu'un processus administratif émanant du gouvernement soit si simple.

L.A. - Votre gouvernement parle beaucoup d'innovation. Qu'est-ce que l'innovation, à vos yeux, et comment comptez-vous soutenir son déploiement au sein des PME ?

B.C. - Notre plan d'action détaillé quant à l'innovation est en pleine élaboration. Il y aura plusieurs aspects, dont du soutien financier pour nos incubateurs et accélérateurs d'entreprises dans tout le pays. Nous travaillerons également sur le mentorat, trop longtemps négligé. À mon avis, le gouvernement n'a pas toujours été très en phase avec les nouvelles réalités.

L.A. - Qu'allez-vous faire pour soutenir l'essor des technologies propres au pays ? Et que pensez-vous de la décision de la Banque de développement du Canada (BDC) de soutenir les PME dans l'industrie des énergies fossiles à hauteur de 500 M$ ?

B.C. - La BDC ne répond pas aux ordres du gouvernement. Pourquoi devrions-nous renoncer à soutenir ces PME, pour les aider à se diversifier ? Le bateau coule, et nous devrions quitter le navire ? Ce n'est pas très canadien. Quant aux technologies propres, je crois que nous sommes très bons dans ce secteur au Canada. Par contre, on ne l'a pas soutenu suffisamment dans le passé. Nous, nous allons le faire.

L.A. - Pendant la dernière campagne électorale, les conservateurs ont accusé les libéraux de vouloir augmenter les contributions des entreprises au Régime de pensions du Canada. Qu'en est-il ?

B.C. - Je n'en ai pas entendu parler. Vous savez, il y a eu beaucoup de désinformation pendant la dernière campagne. Cela dit, devrions-nous apporter des changements aux pensions dans un contexte de vieillissement de la population ? C'est une chose à analyser. D'ailleurs, quant aux hausses dont vous parlez, je vais vous revenir là-dessus. [Au moment de mettre sous presse, nous attendons ces précisions.]

L.A. - En terminant, avez-vous un message à transmettre aux PME canadiennes ?

B.C. - Il y a plusieurs services, comme la BDC, EDC [Exportation et développement Canada] et le Service des délégués commerciaux qui sont offerts à nos entrepreneurs. Mais ceux-ci ne les utilisent pas suffisamment. Ils sont occupés, ça se comprend, mais je ne saurais trop mettre l'accent sur l'importance d'explorer de nouveaux marchés. Il y a aussi le Programme de financement des petites entreprises du Canada. Dans un autre ordre d'idée, je serai à Montréal en avril, à l'occasion de Rendez-vous Canada [un salon de tourisme international]. J'ai hâte d'y être et d'explorer la ville, notamment le Mile End, haut lieu des start-up !

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