MBA pour cadres et dirigeants: vers un MBA entrepreneuriat au Québec?


Édition du 17 Janvier 2015

MBA pour cadres et dirigeants: vers un MBA entrepreneuriat au Québec?


Édition du 17 Janvier 2015

Il existe plusieurs MBA spécialisés dans la province, mais aucun ne s’adresse exclusivement aux entrepreneurs. Pourtant, « ce serait une bonne chose, estime Michel Bundock, premier vice-président du Groupement des chefs d’entreprise du Québec, lui-même titulaire d’un EMBA. Il y a une différence entre les gestionnaires et les entrepreneurs. Il faudrait pour ces derniers des contenus plus stratégiques qu’opérationnels ».

Plusieurs programmes comportent des cours à option sur l’entrepreneuriat. L’UQAM, par exemple, offre une spécialisation en financement des entreprises. L’Université Laval propose un MBA gestion des entreprises. Pour préparer sa nouvelle mouture, l’Université de Sherbrooke a eu comme ligne directrice de s’adapter à la demande grandissante de formation à l’entrepreneuriat, notamment en offrant davantage d’apprentissage par la pratique. « Cela correspond bien au mode de fonctionnement des entrepreneurs, qui veulent toujours être en action », explique Jean-François Guertin, directeur des programmes MBA de l’UdeS.

Diplôme et plan d’affaires

Ailleurs dans le monde, des programmes sont destinés spécifiquement à la relève entrepreneuriale, notamment en France, où on en compte une vingtaine. L’ISC Paris propose un MBA entrepreneur depuis déjà plus de 20 ans. « Il existe des programmes avec option création d’entreprise, indique Jérémie Renouf, enseignant chercheur en entreprise et responsable pédagogique du programme. Mais le nôtre est axé à temps plein sur l’entreprise. » Les étudiants admis doivent avoir un projet de création ou de reprise d’entreprise.

Dans ce programme, les matières habituellement enseignées au MBA (RH, finance, marketing, etc.) sont adaptées aux réalités et aux petits moyens des PME. Par exemple, chaque étudiant sort du programme avec un diplôme et plan d’affaires en poche.

Trouver le bon message

Le succès du MBA Entrepreneur de l’ISC, qui dure neuf mois à temps partiel, ne cesse de grandir. Les cohortes sont passées de 25 par an à 32 cette année, et l’établissement envisage d’ouvrir une autre promotion l’année prochaine.

Au Québec, aucun projet d’un tel MBA ne semble être en cours actuellement. Richard-Marc Lacasse, professeur de stratégie et d’entrepreneuriat au campus de Lévis de l’Université du Québec à Rimouski, verrait plutôt un post-MBA entrepreneuriat qui viendrait compléter un MBA généraliste avec l’intervention « de professeurs aux connaissances plus pratiques, car les chercheurs universitaires risqueraient d’avoir du mal à trouver le bon message », avance-t-il.

Edmée Métivier, ex-vice-présidente exécutive financement et consultation à la Banque de développement du Canada, est persuadée que, « puisqu’il existe des cours à l’université sur l’entrepreneuriat, mais pas de MBA spécialisé, les universités n’auront pas le choix d’évoluer ». À suivre…

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