Relève d’entreprise: Un jeune homme seul face à la relève


Édition du 14 Juin 2014

Relève d’entreprise: Un jeune homme seul face à la relève


Édition du 14 Juin 2014

Patrice, Robert et Daniel Laflamme

Série 3 de 3. Le transfert d'une entreprise familiale pose plusieurs défis. Des dirigeants qui ont négocié le virage témoignent de leur expérience vécue.

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Chez Laflamme et associés audioprothésistes, le passage du flambeau de la deuxième à la troisième génération est en cours. De quatre associés de la famille, l'avenir repose, pour le moment, sur les épaules de Patrice Laflamme, le petit-fils du fondateur et seul releveur de sa génération.

Suzanne, 64 ans, Denise, 61 ans, Daniel, 57 ans, et Robert, 48 ans, se sont demandé pendant

un certain temps qui allait leur succéder. Patrice Laflamme, 28 ans, et unique releveur pour le moment, a mis du temps à se décider à rejoindre l'entreprise, qui compte aujourd'hui sept bureaux à Montréal, dans la couronne nord et en Montérégie. « J'ai fait des études en administration, ça ne me tentait pas trop d'aller dans ce secteur d'activité où les clients sont principalement des personnes âgées. Et puis j'ai eu le déclic. Je ne me voyais pas laisser cette entreprise sortir de la famille. L'idée de gérer l'entreprise et d'être mon propre patron m'a plu finalement », se souvient Patrice Laflamme, dans la société depuis sept ans comme audioprothésiste et chargé du marketing.

La transmission concrète de l'entreprise est en cours puisque Denise Laflamme a prévu de partir à la retraite dans cinq ans et qu'elle a déjà commencé à vendre ses actions à son neveu. Daniel, le père de Patrice, lui, commence à penser à une retraite progressive. « Je travaille trois jours par semaine en ce moment. À 60 ans, je voudrais passer à deux jours et tenir comme cela peut-être pendant encore quatre ou cinq ans », indique Daniel Laflamme. Le départ à la retraite de Suzanne, 64 ans, n'est quant à lui pas encore prévu.

Un plan sur cinq ans

« On a un plan sur cinq à sept ans. On ne voulait pas que ce soit un changement d'un seul coup. Je suis content d'avoir encore autour de moi cette génération. Ce sont mes anges gardiens », reconnaît Patrice Laflamme, qui appréhende un peu le départ de son père. « J'aimerais qu'il reste encore 20 ans. Tout le monde le connaît, c'est la figure de l'entreprise. C'est comme si une équipe perdait son meilleur joueur. Le défi, ce sera le transfert de la clientèle, qui lui est très attachée », poursuit l'audioprothésiste.

Les membres de la deuxième génération, excepté Denise, qui gère le volet administratif, sont audioprothésistes. Ils ont toujours tenu à exercer leur métier tout en s'occupant de la gestion de la société. Une voie que veut suivre le releveur. Il pense toutefois qu'il passera plus de temps que ses aînés à la gestion de l'entreprise, qui a pris de l'ampleur depuis la première reprise dans les années 1990.

Le jeune homme a plein d'idées pour l'avenir de la société, mais il se sent un peu seul pour prendre la relève. « Je voudrais bien être avec quelqu'un de mon âge, même si ce n'est pas quelqu'un de ma famille. Il sentirait les choses comme moi, de façon actuelle. Ça me rassurerait et ça serait un bon moteur pour l'entreprise », confie le jeune homme. Ni sa soeur ni ses cousins - à l'exception de l'un d'entre eux qui a fait savoir tout récemment qu'il s'intéressait à la relève - ne veulent l'accompagner dans l'aventure. Par conséquent, « on ne va pas pouvoir y arriver seulement avec la famille, constate Daniel Laflamme : il va falloir intégrer des étrangers ».

« On est en train de repérer une relève à l'interne et, si ce n'est pas possible, on cherchera à l'externe », complète Patrice Laflamme. Car, au-delà de la solitude comme dirigeant, se pose le problème du rachat des parts des trois actionnaires les plus âgés dans un court laps de temps. Patrice a déjà commencé à racheter, grâce à un prêt interne, la moitié des actions de sa tante, ce qui pèse déjà beaucoup sur ses finances.

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