SIM conquiert le monde en surfant sur les grosses vagues


Édition du 08 Avril 2017

SIM conquiert le monde en surfant sur les grosses vagues


Édition du 08 Avril 2017

Le travail de Chantal Trépanier (à gauche) pour propulser SIM lui a valu d’être nommée pdg de l’année par l’AQT en 2015.

LES GRANDS EXPORTATEURS

En complément de chaque Focus régional, découvrez le portrait d'une entreprise locale dont le chiffre d'affaires repose principalement sur l'exportation.

Lorsque j'ai joint Chantal Trépanier par téléphone pour vérifier quelques détails, elle était en partance pour Winnipeg, pour discuter avec un client actuel de développement des affaires vers l'international.

C'est tout à fait dans la ligne de pensée de la présidente de SIM. Chantal Trépanier a compris qu'il n'existe pas de meilleur ambassadeur qu'un client satisfait.

SIM a pignon sur rue en plein coeur de Shawinigan. Elle y compte 85 employés, plus une trentaine d'autres répartis à Toronto, Sept-Îles et Port-Cartier. Pourquoi Port-Cartier ? À cause d'ArcelorMittal. Les clients satisfaits...

Dans les faits, ses activités se déploient aujourd'hui dans une soixantaine de pays. Comme c'est souvent le cas, le succès de l'entreprise vient du fait qu'elle a investi une niche où elle fait aujourd'hui figure d'autorité : la santé et la sécurité au travail.

Imaginez une multinationale avec une foule de sous-traitants. Les questions de santé et sécurité sont incontournables, ne serait-ce que parce que des dérapages éventuels vont finir par éclabousser la maison mère, qui ne peut pas toujours avoir prise sur tout.

Arrive SIM et sa plateforme Web Cognibox, conçue expressément pour garantir que les employés des organisations participantes sont dûment formés aux règles essentielles en la matière. Et on ne parle pas ici de diplômes de complaisance... la formation est rigoureuse et vérifiée.

«Nous pouvons savoir quels employés dans le monde ont suivi quel cours et à quel moment, dit Mme Trépanier Et le dossier suit l'employé.» De quoi conforter les donneurs d'ordres qui tiennent à éviter les mauvaises surprises.

Comme pour d'autres, l'élan de SIM est venu de contrats locaux, dans ce cas de la défunte Alcan. Créée en 1999, SIM a pris son envol en 2004 avec un mandat accordé par l'aluminerie pour veiller à ce que ses employés soient rompus aux consignes essentielles. Elle ne cesse depuis de croître aux côtés des grands donneurs d'ordres.

«C'est une question d'arborescence, dit Mme Trépanier. ArcelorMittal fait affaire au Québec, en Chine, au Brésil, en Islande et ailleurs dans le monde... ses sous-traitants doivent être certifiés. Elle va alors leur signifier que leurs employés doivent passer avec succès le cheminement offert par notre plateforme. Ce sont ces mandataires qui nous paient. S'ils ne suivent pas la consigne, ils ne recevront plus de contrats. Dans les faits, quand nous gagnons une grande entreprise, nous gagnons en même temps tout son réseau !»

Parlez d'un modèle d'affaires : en obtenant l'adhésion d'une grande entreprise, voire d'une multinationale, l'ensemble de ses sous-traitants doivent par la suite recevoir votre aval ! Pour pénétrer un marché international, pourquoi ne pas surfer sur les grosse vagues ?

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Un parcours peu habituel

C'est la stratégie que suit SIM, dirigée depuis bientôt 20 ans par Chantal Trépanier, qui en a pris la direction en 1999, avec un parcours plutôt atypique. Elle vient du milieu de l'enseignement, du primaire jusqu'à l'université. Au moment d'entrer chez SIM, elle enseignait depuis cinq ans à l'UQTR en formation des maîtres. Ses goûts et les besoins de l'entreprise se sont rejoints.

Son travail pour propulser SIM a d'ailleurs été reconnu en 2015 par l'Association québécoise des technologies. Elle a alors été élue «pdg de l'année» lors de la rencontre annuelle, à Tremblant, de ces dirigeants d'entreprise en technologies de l'information et des communications qui élisent leur champion... qui était, pour une première fois, leur championne !

Elle reconnaît évidemment que le potentiel de croissance est à l'international et qu'il faut miser sur l'exportation de sa plateforme, en utilisant ses mandats d'ici comme tremplin, ce qui est bien amorcé.

Oui, mais quand on touche des marchés aux quatre coins du monde, et qu'il faut assurer le service dans une multitude de langues, 24 heures par jour et sept jours sur sept, comment y parvenir à partir de Shawinigan, où ne se trouvent pas autant de polyglottes qu'on le voudrait ?

Elle n'est pas la seule pdg d'une PME québécoise axée sur les marchés extérieurs à se le demander.

«Il va nous falloir trouver les ressources et nous adapter, dit-elle, d'autant plus que d'autres questions surgissent quant à ces environnements toujours différents. Les normes varient, les lois fiscales aussi, la stratégie de prix doit tenir compte des réalités locales... Plus on va loin, plus le défi d'accompagnement grandit, il faut des avocats, des fiscalistes, des interprètes et plein d'autres gens qui nous aident, mais c'est le chemin obligé.»

En tout cas, sur la 5e rue de la Pointe à Shawinigan, chez SIM, le personnel s'active tous les jours à faire valoir, à l'échelle du monde, le savoir québécois en matière de santé et sécurité au travail. C'est une autre preuve du passage de Shawinigan au XXIe siècle !

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