«Si on admet sa faute, on peut changer» - Yasuhiro Yamakawa, professeur d'entrepreneuriat à Babson Collège


Édition du 18 Avril 2015

«Si on admet sa faute, on peut changer» - Yasuhiro Yamakawa, professeur d'entrepreneuriat à Babson Collège


Édition du 18 Avril 2015

Yasuhiro Yamakawa, professeur d'entrepreneuriat à Babson Collège.

Les Affaires - Dans le milieu des start-ups, tout le monde suppose qu'avoir connu un échec dans le passé rend plus susceptible de réussir notre prochaine aventure entrepreneuriale. Est-ce vrai et, si oui, dans quelles conditions ?

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Yasuhiro Yamakawa - Je pense que cela dépend de la culture. Des cultures différentes ont des niveaux différents de tolérance à l'échec. Par exemple, je pourrais faire une comparaison entre le Japon et les États-Unis. Au Japon, si vous échouez, il y a rarement une seconde chance. La tolérance de la société japonaise à l'échec est très faible. Chez les hauts dirigeants, entrepreneurs et travailleurs autonomes japonais, la seconde cause de décès est le suicide. Cela signifie que les Japonais sont très réticents à dire aux autres qu'ils ont échoué. Par ailleurs, aux États-Unis, l'échec est presque une source de fierté. Les entrepreneurs américains font savoir aux autres qu'ils ont échoué, en particulier lorsqu'ils se présentent devant des capital-risqueurs. Et les capital-risqueurs préfèrent ceux qui ont échoué, parce qu'ils estiment que ces entrepreneurs ont tiré des leçons de leurs expériences précédentes.

L.A. - Est-ce que cette tolérance élevée à l'échec est la raison pour laquelle il y a tant d'innovation et d'entrepreneuriat aux États-Unis ?

Y.Y. - Cela dépend de nombreux facteurs ; il faut un marché favorable, une infrastructure d'innovation et ainsi de suite, mais une culture de l'esprit d'entreprise doit être présente. J'admets que, en matière de culture, un pays où la peur d'échouer est grande se trouve désavantagé par rapport à un pays comme les États-Unis, où les gens sont plus tolérants face à l'échec.

L.A. - Comment l'échec engendre-t-il de meilleurs entrepreneurs ?

Y.Y. - Nous n'avons pas de recherches qui nous disent comment les entrepreneurs apprennent. C'est pourquoi je mène beaucoup d'études individuelles sur la façon dont les entrepreneurs déterminent la cause de leur échec et comment cette analyse mène à l'apprentissage. Voici ce que j'ai trouvé. Ceux qui attribuent la cause de l'échec à des facteurs internes ont tendance à apprendre de leur expérience et à réussir plus tard. En d'autres termes, si j'échoue et que je dis que c'est ma faute, je peux changer. Par contre, ceux qui attribuent les causes de leur échec à des facteurs hors de leur contrôle ont tendance à ne jamais rien apprendre.

L.A. - Est-ce l'apprentissage qui rend les entrepreneurs meilleurs après un échec, ou les statistiques sont-elles une conséquence de l'élimination des moins persistants, qui n'entreprendront pas une deuxième fois ?

Y.Y. - C'est surtout lié à la motivation. Quand les gens essaient à nouveau après un échec, ils sont motivés soit intérieurement, soit extérieurement. Une motivation intérieure ressemble à ça : «C'est toujours mon rêve d'être un entrepreneur, je ne veux pas travailler pour quelqu'un d'autre». Il y a des gens qui reviennent uniquement pour l'argent et la renommée, et ils tendent à sous-performer. Pour leur part, ceux qui réessaient à cause de leur motivation intérieure réussissent mieux la fois suivante.

L.A. - Pourquoi certains entrepreneurs apprennent-ils de leurs échecs et d'autres pas ?

Y.Y. - J'aimerais connaître la dynamique de ceux qui échouent, mais la façon dont les entrepreneurs changent réellement leur état d'esprit reste une boîte noire pour moi. Ce qui me manque dans ma recherche, ce sont ceux qui ont effectivement échoué, mais qui ne sont jamais revenus.

L.A. - Les études actuelles se contredisent sur la question de savoir si un entrepreneur qui a connu un échec est plus susceptible de réussir dans sa prochaine entreprise. Y a-t-il plus d'études qui affirment comme vous que oui, l'échec est un facteur présidant au succès ?

Y.Y. - Du fait du biais de l'échantillon choisi en faveur des entrepreneurs à succès qui ont connu des échecs, la conclusion est que l'échec est une expérience positive. Nous ne disons pas qu'échouer est bon, mais nous disons qu'échouer peut être bon. Ce que j'ai essayé de faire est de comprendre les conditions dans lesquelles un échec est bon.

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