Rien à perdre, tout à apprendre


Édition du 09 Décembre 2017

Rien à perdre, tout à apprendre


Édition du 09 Décembre 2017

« Commencer en entrepreneuriat très jeune permet d’accumuler beaucoup d’expérience à un moment où on n’a pas beaucoup à perdre », croit Vincent Lachance, qui a fondé Startup Basecamp Montréal et qui travaille maintenant sur Event Spaces.

Entreprendre à... 25 ans

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Y a-t-il vraiment un âge pour se lancer en affaires ? Doit-on miser sur l'énergie de la jeunesse ou la sagesse de l'expérience ? Les Affaires se penche sur les réalités entourant la vie d'un entrepreneur à 25 ans, à 35 ans et à 55 ans.

Le gouvernement québécois a beaucoup mis l'accent sur la promotion de l'entrepreneuriat auprès des jeunes ces dernières années, et a remporté un certain succès. Quels sont les avantages et les défis des entrepreneurs dans la vingtaine ?

«Nous sommes toujours en train de travailler sur notre entreprise, ça exige un temps fou, admet Alyeska Guillaud, cofondatrice du commerce en ligne Le Coffret de Rachel. C'est un avantage d'être jeune et de ne pas encore avoir d'enfants. Nous pouvons nous investir à 100 %.»

Mme Guillaud a fondé le Coffret de Rachel en 2014, à l'âge de 25 ans, avec deux amies dans la vingtaine. Elles avaient du temps, mais moins d'argent, un vrai défi. «Nous vendons un produit, il y a donc des dépenses à engager avant la première vente», explique-t-elle. Heureusement, l'aventure a rapidement décollé et les ventes ont quadruplé en 2016. Les trois travaillaient dans un organisme d'aide aux entrepreneurs avant de se lancer. Elles connaissaient bien les ressources, nombreuses pour les jeunes de moins de 35 ans. Elles ont remporté une bourse d'un centre local de développement montréalais, en plus d'avoir l'appui de Fondation Montréal Inc, de Futurpreneur et de l'accélérateur Banque Nationale - HEC Montréal.

Les entrepreneurs dans la vingtaine ont accès à un grand nombre de ressources, mais Liette Lamonde, directrice générale de Fondation Montréal Inc., met un bémol. «La plupart des programmes sont ouverts au moins de 35 ans, rappelle-t-elle. La concurrence est féroce et les entrepreneurs de 30 à 35 ans ont souvent plus d'expérience de travail, de meilleurs réseaux et un peu plus de capital que les plus jeunes.»

Bâtir sa crédibilité

En revanche, les jeunes dans leur vingtaine ont des atouts, dont une grande liberté et une certaine tendance à sous-estimer les risques, le temps et l'énergie qu'exige l'entrepreneuriat. Ils craignent d'autant moins l'échec qu'ils ont peu à perdre. L'Indice entrepreneurial 2017 du Réseau M montre que 40,9 % des jeunes de 18-34 ans ont l'intention de démarrer ou de reprendre une entreprise, soit presque le double de la moyenne québécoise (21 %). Chez les 18-34 ans, 14,1 % faisaient des démarches entrepreneuriales en 2017, contre 9,4 % pour l'ensemble des Québécois. Enfin, 5,3 % des 18-34 ans étaient propriétaires d'entreprises, contre 7,6 % pour l'ensemble des Québécois.

Parmi ceux-ci, on trouve Vincent Lachance, qui s'est fait remarquer par son passage aux Dragons à 18 ans. Il présentait alors Montréal Frais. Fermée en 2016, l'entreprise proposait aux Montréalais de faire leurs courses pour eux. Il a cofondé Startup Basecamp Montréal et travaille maintenant sur Event Spaces, qui utilise l'intelligence artificielle pour fournir à ses clients tout ce qui est nécessaire à leurs événements (salle, pyrotechniciens, services de base, décorations, etc.). «Commencer en entrepreneuriat très jeune permet d'accumuler beaucoup d'expérience à un moment où on n'a pas grand-chose à perdre», croit M. Lachance. Il soutient toutefois qu'il n'est pas toujours aisé d'avoir de la crédibilité lorsqu'on défend son projet devant des bailleurs de fonds ou des clients. «Il faut être parfait, dit-il. Il faut vraiment créer une bonne première impression à mon âge. Sinon, on n'est pas pris au sérieux.» Lui aussi a bénéficié de ressources, dont Fondation Montréal Inc., la Banque de développement du Canada, Futurpreneur, les Anges financiers et un mentor, Alexandre Taillefer. Déjà, il sent qu'il mûrit comme entrepreneur. «Au début, j'avais beaucoup d'énergie, mais pas toujours bien canalisée. Maintenant, je deviens plus stratégique, je sais mieux où mettre mes efforts.»

Trouver des alliés

Âgé maintenant de 26 ans, Alexandre Mclean en avait 21 lorsqu'il a quitté son emploi pour fonder Alvéole. Comme ses parents, oncles et grands-parents sont tous entrepreneurs, il avait un peu l'entrepreneuriat dans son ADN. «Tout de même, je n'avais pas tant confiance en moi, admet-il, surtout que mon projet était loin d'être traditionnel.»

Alvéole fait de l'apiculture urbaine. Elle propose à des entreprises d'adopter une ruche, de la gérer et d'en récolter le miel. «Nous avons passé deux bonnes années à démontrer que ça pouvait fonctionner et nous avons eu un bon accueil, se réjouit Alexandre Mclean. De gros joueurs nous ont rapidement fait confiance, comme Desjardins, le Cirque du Soleil et Birks.» Présente à Montréal, Québec, Toronto et bientôt Vancouver, l'entreprise compte une trentaine d'employés et double son chiffre d'affaires annuellement.

Si Alexandre McClean peut bénéficier des conseils de sa famille en affaires, ce n'est pas toujours le cas des jeunes entrepreneurs. «Plusieurs ont peu d'alliés et un réseau peu étendu, note Mme Lamonde. Rien de grave, à condition d'être capable d'admettre qu'il leur manque certaines ressources et de se faire aider.»

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