Réussir les jeux de base

Offert par Les Affaires


Édition du 21 Juin 2014

Réussir les jeux de base

Offert par Les Affaires


Édition du 21 Juin 2014

Mon travail m'amène à rencontrer régulièrement des entrepreneurs brillants. Ce qui les rend très intéressants, c'est leur rêve, la vision qu'ils ont pour leur entreprise. Ils sont créatifs et ont su comprendre leur industrie, au point où ils croient pouvoir la réinventer, ou du moins apporter un produit inédit qui assurera la prospérité de leur entreprise. On pourrait penser que la principale menace qui plane sur ces entrepreneurs, c'est de se tromper, que leur idée ou leur produit ne soit tout simplement pas bon. Avec les années, j'en viens à la conclusion que la vision des entrepreneurs est rarement la cause de leur échec. À mon avis, la principale menace provient du fait que leur vision les absorbe, au point qu'ils ne réussissent pas ce qu'on appelle, au hockey, les jeux de base : réussir les passes simples, faire son échec avant, se replier en défensive.


En matière d'affaires, ça veut dire trouver un comptable et se préoccuper de la comptabilité. Les entrepreneurs se préoccupent le plus souvent des cashflows parce qu'ils en dépendent pour réaliser leur vision, mais sont peu attentifs aux factures, aux formalités administratives et à la planification des coûts. Ils croient économiser en engageant un commis bon marché, jusqu'au jour où un oubli, un paiement fiscal imprévu ou une structure de coûts hors de contrôle viennent les couler.


Ça veut aussi dire prendre un avocat avant de signer les contrats qui engageront l'entreprise. Ça semble évident, mais combien d'entrepreneurs signent leurs contrats majeurs sur un coin de table et consultent un avocat le jour où le contrat est abruptement résilié ? Le palais de justice de Montréal ressemble parfois à un cimetière de bateaux où les épaves de capitaines trop pressés, trop enthousiastes ou trop naïfs viennent s'échouer les uns à côté des autres.


Un travail d'équipe


Faire les jeux de base, ça veut dire s'occuper de ses coéquipiers. Les entrepreneurs absorbés par leur vision deviennent parfois obnubilés par leur succès, au point où ils interprètent les réussites de l'entreprise comme les leurs sans réaliser qu'il s'agit d'un succès d'équipe. Une petite entreprise survit mal au départ d'un employé clé et survit rarement à une chicane entre actionnaires. Si ces situations donnent du travail aux avocats en litige, elles ne donnent presque jamais de croissance ni de chance à la vision de l'entreprise de se concrétiser.


Faire les jeux de base veut aussi dire résister à la tentation de croître trop rapidement. Plusieurs entrepreneurs sont tellement accaparés par leur rêve qu'ils sont tentés de prendre un raccourci. Or, la croissance trop rapide ne pardonne pas. Des processus internes inadéquats, des livrables escamotés, des problèmes de liquidité ou une réputation entachée à tout jamais feront en sorte que l'entrepreneur ne se remettra pas de sa décision de vouloir sauter des étapes.


Si vous n'êtes pas un entrepreneur, ces jeux de base vous semblent peut-être constituer des évidences, mais vous seriez renversés par le nombre d'entrepreneurs talentueux qui échouent pour ces raisons. Durant mes études, j'écoutais avec incrédulité lorsqu'on enseignait que les anges financiers préfèrent généralement une équipe solide et stable avec une idée moyenne à une équipe avec une idée extraordinaire mais qui manque de stabilité, d'expérience et d'engagement. La raison est simple : les équipes gagnantes sont celles qui exécutent les jeux de base correctement.


À surveiller...


À chaque chronique, je vous fais découvrir une entreprise à surveiller issue de la génération Y et qui réinvente son secteur d'activité. Cette semaine, j'ai choisi Typhoon média.


Comment elle innove : La firme de production de vidéos publicitaires et d'entreprise mise sur les nouvelles technologies et sur l'apport d'une équipe réduite mais versatile, afin de livrer un produit vidéo cohérent et à coût plus concurrentiel.


Principal défi : Se concentrer sur un nombre limité d'occasions d'affaires.

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Gestion du changement

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