Transfert d'entreprise: Relève absente? Des solutions.

Offert par Les Affaires


Édition du 07 Mars 2015

Transfert d'entreprise: Relève absente? Des solutions.

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Édition du 07 Mars 2015

Par Claudine Hébert
Les comptables en première ligne

À ce sujet, une fois sur deux, le comptable (34 %) ou le fiscaliste (24 %) est le premier confident des intentions du cédant, rapporte une étude CROP/Raymond Chabot Grant Thornton (RCGT) publiée à l'automne 2013.

«Il s'agit de conseillers de proximité», explique Denis Kapicek, qui administre le site relève.ca depuis plus de 10 ans. Ce sont des professionnels qui ont aidé le chef d'entreprise à faire progresser sa société. Le comptable est souvent la personne la mieux placée pour évaluer la valeur de l'actif, explique-t-il.

Conscientes des besoins des cédants, certaines grandes firmes comptables ont décidé de faire leur part. «Nos études démontrent qu'un entrepreneur sur trois songe à amorcer son transfert d'entreprise au cours des cinq prochaines années. Au lieu d'attendre qu'ils se manifestent, nous avons décidé de les identifier nous-mêmes», indique l'associée fiscaliste Édith Pion, responsable du dossier de relève d'entreprises pour la région de Montréal chez RCGT.

Depuis 10 ans, le bureau de RCGT du Saguenay-Lac-Saint-Jean développe avec succès une stratégie en amont. La firme demande à ses associés de déceler les entreprises susceptibles d'entamer leur processus de relève et de leur proposer un diagnostic de relève. «Ce diagnostic ne les engage en rien, mais il peut les orienter quant à la façon d'entamer leur transfert d'entreprise», rapporte Mme Pion. La stratégie, qui vient d'être testée en Montérégie (plus de 30 cas de relève en trois ans) sera appliquée à l'ensemble des bureaux de RCGT de la province.

Certains cédants communiquent avec des courtiers d'alliances d'affaires. C'est ainsi que Frédéric Lebel a pu acheter ABM Enviro, de Laval, en 2010. «Après avoir consulté les membres de sa famille et ses employés, le propriétaire Yvon Morin avait mandaté une firme externe pour trouver un repreneur», relate M. Lebel, qui détient aujourd'hui 100 % de l'entreprise.

Ouvrir l'actionnariat aux employés

Par ailleurs, de plus en plus d'entrepreneurs effectuent leur recrutement en ajoutant l'option d'actionnariat dans les avantages offerts aux employés, note Mariepier Tremblay. Cela a été le cas de Restos Plaisirs, à Québec, lorsque Pierre Moreau a été embauché en 2010 à titre de directeur général. Le scénario d'actionnariat a motivé l'ex-vice-président des Rôtisseries St-Hubert à faire le saut, rapporte Jacques Gauthier, copropriétaire majoritaire de Restos Plaisirs.

La coopérative s'avère aussi une possibilité. Il existe plus de 3 300 coops au Québec. «C'est un modèle robuste qui a la réputation de bien franchir les années», rappelle Éric Lessard, directeur du Groupe Coop relève. Il se trouve à la tête d'une initiative de promotion du modèle coopérant mise en place par le Conseil québécois de la coopérative et de la mutualité. Depuis trois ans, le Groupe Coop Relève a le mandat de contacter les ressources régionales et locales (comptables, avocats, notaires, consultants, etc.) pour promouvoir le modèle de la coopération auprès des entrepreneurs et des employés.

Au-delà des occasions qui se présentent à l'externe, les cédants devraient vérifier si leurs enfants, y compris ceux qui ne travaillent pas dans l'entreprise, veulent ou non reprendre les rênes de l'entreprise, rappelle Maripier Tremblay.

L'étude sur les transferts entrepreneuriaux menée par CROP/RCGT révèle à ce propos que seulement 4 % des entrepreneurs consultent les membres de leur famille pour leur faire part de leur intention de se retirer progressivement.

Maripier Tremblay est également d'avis qu'il faut aider les cédants à déceler le potentiel des employés qui les entourent. «Même chez ceux qui au départ n'avaient jamais envisagé la possibilité de devenir entrepreneur. Il faut leur donner l'occasion d'aller se former ou d'explorer cette avenue» dit-elle.

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