Pour que les chaînes d'approvisionnement fassent davantage appel aux entrepreneures


Édition du 03 Octobre 2015

Pour que les chaînes d'approvisionnement fassent davantage appel aux entrepreneures


Édition du 03 Octobre 2015

Ruth Vachon, pdg du Réseau des femmes d’affaires du Québec.

Les femmes ont encore du mal à se tailler une place dans les grandes chaînes d'approvisionnement. Cette réalité touche aussi d'autres acteurs minoritaires dans le milieu des affaires. Pour remédier à ce déséquilibre, diverses initiatives voient le jour.

«Ah ! Vous tombez sur mon sujet préféré !» Au bout du fil, Ruth Vachon, du Réseau des femmes d'affaires du Québec (RFAQ), a réellement à coeur l'accès des femmes aux chaînes d'approvisionnement. C'est même l'objectif numéro un du RFAQ, selon sa pdg.

Tandis que le nombre d'entreprises à propriété féminine est en pleine croissance, l'accès aux chaînes d'approvisionnement pour les femmes est un réel problème. Moins de 5 % des achats des grands acteurs commerciaux sont faits auprès d'entreprises qui appartiennent à des femmes. «Nos études indiquent même que c'est plutôt 1 %, mais c'est moins gênant de parler de moins de 5 %», lâche Ruth Vachon.

Aider les femmes au démarrage de leur entreprise ou à la recherche de financement, c'est bien, mais il faut des mesures concrètes pour leur permettre d'atteindre des marchés difficilement accessibles.

Aux États-Unis, par exemple, le gouvernement demande aux entreprises de s'approvisionner à hauteur de 5 % auprès de fournisseurs en position de minorité dans le monde des affaires : des entreprises détenues par des femmes, mais aussi par des personnes ayant un handicap, des vétérans, etc.

«Les entreprises qui ne le font pas ne seront pas pénalisées, mais celles qui le font seront avantagées fiscalement», explique Ruth Vachon.

Plusieurs entreprises américaines ont donc mis en place des programmes de diversification de leur approvisionnement. À titre d'exemple, Walmart a un programme intitulé Women's Economic Empowerment, et IBM, le Global Supplier Diversity and Supplier Connection.

Mais pour se faire connaître de ces grands groupes, les entreprises à propriété féminine (ou toute autre entreprise de groupe minoritaire) ont besoin de soutien.

Coup de pouce aux Québécoises

Au Québec, le RFAQ aide les entrepreneures d'ici à accéder à des marchés internationaux par l'intermédiaire de WEConnect International, un organisme mondial qui émet une certification aux entreprises à propriété féminine et qui inclut ces entreprises dans des banques de données pour les grandes chaînes d'approvisionnement.

Au Canada, aucune initiative gouvernementale n'a encore été mise en place afin d'encourager l'achat dans les entreprises appartenant à des femmes. Au Québec, le RFAQ travaille à ce que le Conseil du trésor accorde plus de points aux entreprises à propriété féminine, à compétences égales, dans ses appels d'offres. «C'est une idée bien reçue jusqu'à maintenant», estime la présidente du Réseau.

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