Payer plus pour recevoir plus

Publié le 01/01/2009 à 00:00

Payer plus pour recevoir plus

Publié le 01/01/2009 à 00:00

Le gouvernement américain tente de sortir du marasme en stimulant l'économie à coups d'investissement dans les banques et d'octrois de crédits d'impôt à la classe moyenne et de subventions aux entreprises. Ici aussi, le gouvernement fédéral a annoncé des subventions aux entreprises. Et on entend parler de crédits d'impôt pour stimuler la consommation de la classe moyenne. On fait fausse route. Tant qu'à dépenser pour stimuler l'économie, il serait préférable de hausser les salaires de certains emplois pour lesquels le gouvernement éprouve déjà de la difficulté à recruter des travailleurs. Augmenter de 1 000 dollars le salaire d'une infirmière aura le même effet multiplicateur que d'accorder un crédit d'impôt de 100 dollars à 10 contribuables, mais cela aura aussi pour effet d'améliorer nos services de soins de santé.

Les infirmières gagnent en moyenne 55 000 dollars par an, soit à peu près la même chose que les enseignants. Un directeur d'école, lui, ne touche que 75 000 dollars. Pendant ce temps, les courtiers en valeurs mobilières ont un salaire moyen de 95 000 dollars, sans que cet emploi exige de longues études universitaires. Est-il normal que l'on paye ceux qui placent notre argent presque deux fois plus cher que ceux qui éduquent nos enfants ?

Au-delà de ces questionnements philosophiques, ce sera la réalité qui forcera nos gouvernements à augmenter les salaires de leurs employés clés. La proposition de verser une prime de 8 000 dollars pour convaincre les infirmières en âge de prendre leur retraite de rester en poste illustre bien la situation impossible dans laquelle les hôpitaux se trouvent sur le plan du recrutement. Sachant cela, les jeunes infirmières auront tous les arguments nécessaires pour demander, elles aussi, une augmentation.

L'émergence des cliniques privées vient aggraver le problème : plus de 2 000 infirmières y travaillent, et leurs conditions d'emploi y sont souvent plus avantageuses et moins stressantes. Si le gouvernement veut garder ses infirmières dans le réseau public, il devra allonger des dollars.

La pénurie d'infirmières est déjà bien connue. C'est aussi le cas dans l'enseignement, en particulier dans les domaines scientifiques, et le gouvernement rivalise maintenant avec les laboratoires privés sur le plan du recrutement. Nous n'aurons pas d'autre choix que de donner des moyens aux écoles si nous voulons qu'elles puissent attirer de bons candidats.

Ces augmentations pourraient être rattachées à des changements nécessaires pour améliorer nos écoles et notre réseau de soins de santé. Pour ce qui est des infirmières, il faudra notamment donner plus à celles qui travaillent la nuit. Et dans l'enseignement, la question du prolongement de l'horaire de travail pourrait aussi faire des progrès dans ce contexte de réinvestissement. Depuis longtemps, les parents ne comprennent pas pourquoi les cours cessent à 15 h 30, alors que la plupart d'entre eux viennent chercher les enfants à 17 h 30. Nous pourrions donner plus d'argent aux enseignants, en échange d'un horaire un peu plus souple.

Les réductions d'impôt des dernières années ne nous aideront pas à faire face à la pénurie d'infirmières ou d'enseignants. Pourtant, les problèmes de recrutement sont connus depuis longtemps déjà. On aurait dû y penser à deux fois avant de s'offrir un party de baisses d'impôt.

FRANÇOIS REBELLO est consultant sur les questions éthiques et d'investissement responsable pour plusieurs grandes sociétés québécoises.

frebello@videotron.ca

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