Entrevue n°253: Kimbal Musk, chef entrepreneur, The Kitchen, The Kitchen Community

Offert par Les Affaires


Édition du 20 Juin 2015

Entrevue n°253: Kimbal Musk, chef entrepreneur, The Kitchen, The Kitchen Community

Offert par Les Affaires


Édition du 20 Juin 2015

Par Diane Bérard
D.B. - Votre expérience d'entrepreneur technologique à Silicon Valley, avec votre frère Elon, vous sert-elle dans votre vie d'entrepreneur social ?

K.M. - Oui. À cette époque, et au contact d'Elon, j'ai appris l'importance de la massification. Vous ne pourrez probablement pas rejoindre le monde entier, mais il faut envisager de le faire. Si ça ne fonctionne pas, avancez quand même.

D.B. - Vous avez deux entreprises, The Kitchen et The Kitchen Community. Quelle est leur mission ?

K.M. - The Kitchen est une chaîne de restaurants qui met l'accent sur la cuisine simple et les ingrédients locaux. Les gens viennent chez nous pour bien manger à bon prix. The Kitchen Community est un organisme à but non lucratif (OBNL) qui installe des jardins dans les cours d'école. Ces jardins servent de matériel d'apprentissage. Au primaire, les jeunes y découvrent le monde de la science. On constate que lorsqu'un élève apprend la science au moyen d'un de nos jardins plutôt qu'en classe, il affiche un score de 15 points supérieur aux tests. Au secondaire, la production du jardin permet d'initier les jeunes à l'entrepreneuriat.

D.B. - Quel est le lien entre ces deux entités ?

K.M. - Nos restaurants sont un levier de financement et de sensibilisation pour l'OBNL. Plus d'un million de personnes mangent dans nos restaurants chaque année. Ces convives ont accès à l'information sur The Kitchen Community. Ils peuvent devenir donateurs ou bénévoles. D'ailleurs, les jardins scolaires qui se trouvent dans des villes où nous avons aussi des restaurants sont beaucoup mieux financés. Nous implantons 100 jardins par ville à la fois. Cela nécessite beaucoup de financement, d'où l'importance stratégique des restaurants.

D.B. - Pourquoi n'avez-vous pas tout simplement lancé une fondation, comme tant d'autres gens d'affaires qui décrochent le gros lot ?

K.M. - Je ne pense pas ainsi. Pour moi, les fondations traditionnelles signent des chèques. Je l'ai fait, mais ce n'est pas ce que j'aspire à faire régulièrement. Je veux créer de la valeur moi-même. J'ai observé un problème : les jardins scolaires sont sous-utilisés. Ils sont emprisonnés derrière une clôture, hors de la portée des enfants. J'ai une solution : installer le jardin à côté du terrain de jeu, à hauteur des enfants. Utiliser des matériaux durables, pour que le jardin survive au passage du temps.

D.B. - En 2013, lors de la conférence Milken, qui a réuni de nombreux investisseurs, vous aviez manifesté un certain scepticisme face à l'investissement à impact. Pourquoi ?

K.M. - À l'époque, je m'interrogeais sur la forme que l'investissement d'impact pouvait prendre. Je ne voyais pas d'outil d'investissement satisfaisant qui tienne compte à la fois des rendements financiers et des rendements extrafinanciers. Aujourd'hui, je crois que nous avons trouvé une formule intéressante qui s'applique bien à notre organisation. Nous l'expérimentons à Memphis, au Tennessee.

D.B. - Parlez-nous de la forme d'investissement à impact que vous testez actuellement ?

K.M. - Il s'agit d'un prêt assorti d'un taux d'intérêt raisonnable, qui m'est accordé par une fondation. À ce prêt sont liées un certain nombre de mesures de notre impact social. Le prêt est accordé au restaurant The Kitchen, qui lui, s'engage à contribuer à bâtir une chaîne alimentaire d'approvisionnement dans la région de Memphis. Cette contribution se traduit par un certain volume d'achat auprès des agriculteurs locaux. C'est là une des mesures d'impact. Tout comme les emplois que nous créons localement chez d'autres acteurs de la chaîne alimentaire et l'argent que nous donnons à nos jardins scolaires de Memphis. Lorsqu'on mesure la création d'emploi, on mesure aussi la qualité de ceux-ci.

D.B. - Quelle est votre priorité pour 2015 ?

K.M. - Nous allons ouvrir deux restaurants et bâtir 100 jardins scolaires à Memphis.

D.B. - Étendrez-vous vos activités au Canada ?

K.M. - Pourquoi pas ? Après tout, je suis à moitié Canadien grâce à ma mère. Et puis, j'ai eu un entretien avec votre maire, Denis Coderre. On verra...

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