MBA : l’avis de décès était prématuré !

Offert par Les Affaires


Édition du 23 Juillet 2015

MBA : l’avis de décès était prématuré !

Offert par Les Affaires


Édition du 23 Juillet 2015

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Courrier des lecteurs: des dirigeants d’entreprises internationales se prononcent pour la réinvention, l’innovation et la créativité.


Des articles récemment publiés ont mis en doute l’avenir des programmes de MBA et leur pertinence dans le monde. Les programmes de MBA sont-ils encore viables ? Les diplômés de MBA sont-ils toujours appréciés par les employeurs ?


Les programmes de MBA ont été créés aux États-Unis au début du 20e siècle (d’abord à Harvard en 1908), en réponse au besoin qui se faisait alors sentir, dans les pays industrialisés et au sein des entreprises, d’envisager la gestion sous un angle plus scientifique. La popularité des programmes de MBA ne se dément pas de nos jours : 84 % des entreprises du monde entier veulent s’adjoindre des employés titulaires de MBA en 2015, par rapport à 74 % en 2014 et 62 % il y a cinq ans, selon une enquête mondiale sur les employeurs qui a été publiée par le Graduate Management Admission Council. Les programmes de MBA ne sont donc pas à l’agonie, loin de là !


Plus d’un siècle après leur création, la plupart des programmes de MBA (dont le nombre total d’environ 10 000 va croissant) utilisent encore le modèle des cours magistraux, des silos de matières et des analyses de cas. Ce modèle avait été conçu pour mettre en valeur le caractère scientifique de la gestion. C’est d’autant plus vrai qu’il s’agit de programmes les mieux établis et les plus prestigieux. La multiplication des nouveaux programmes dans le monde entier et la concurrence qui fait rage pour attirer les étudiants les plus brillants devraient stimuler l’innovation.


En tant que titulaires de MBA et dirigeants d’entreprises qui emploient des diplômés de MBA dans différents pays, il nous incombe de montrer comment améliorer l’enseignement en gestion d’entreprise et d’encourager le succès du bassin actuel de talents. Lors d’une récente conférence en l’honneur des 50 ans du programme de MBA à Faculté de gestion Desautels de l’Université McGill, nous avons sollicité les opinions de plus de 200 professeurs et étudiants anciens et actuels du monde entier, en leur demandant d’exposer leur vision de ce que devrait être le MBA de l’avenir. Quelques constatations générales se dégagent de nos discussions.


Comme l’a répété le réputé McGillois Henry Mintzberg, il faut d’abord admettre que la gestion n’est pas une science. C’est une pratique qui réunit l’art, la science et le métier. Il faut donner aux titulaires de MBA les approches et les expériences vécues complexes dont ils ont besoin pour les aider à mieux tirer profit du pouvoir de l’intuition, du design et de la créativité. Nous croyons qu’une formule plus intégrée pour l’enseignement constitue un excellent moyen d’y parvenir. La gestion intégrée montre aux étudiants comment voir les choses selon plusieurs perspectives afin de trouver des solutions créatives. Pour ce faire, il faut briser les moules des vases clos traditionnels à l’égard de l’enseignement, de la recherche et de la résolution de problèmes. Dans un monde de plus en plus complexe et interconnecté, rempli d’une multitude de données et d’options d’externalisation ouverte, il est impératif d’aider les dirigeants de l’avenir à comprendre ce qui est à leur disposition, la façon de lui donner un sens et de prendre des décisions plus innovantes et de meilleure qualité.


Nous avons appris par l’expérience qu’il est parfois difficile de faire éclater ces limites au sein de nos propres organisations. Cela peut faire des dégâts. Mais le jeu en vaut la chandelle, et on n’a pas vraiment le choix. Enseignons aux étudiants à penser de façon plus holistique et à agir de manière plus intégrative. Aidons-les à renforcer leurs compétences ; transmettons la théorie comme la pratique dans chaque matière. Offrons-leur davantage de projets, de stages et de situations réelles qui les incitent à résoudre des problèmes concrets dans tous les secteurs (public ou à but lucratif, économie sociale) qui nécessitent le partage des connaissances sur une myriade de sujets.


Nous, organisations qui embauchons des titulaires de MBA, pouvons commencer par leur donner des chances de mettre leurs connaissances en pratique en temps réel, et les amener à affronter les décisions complexes que nous devons prendre tous les jours, avant même qu’ils ne terminent leurs études.


Comme l’a dit Seymour Schulich, entrepreneur milliardaire, philanthrope et membre de la première classe de finissants de MBA de l’Université McGill (1965) : « Recevoir sa formation de gestionnaire dans le monde réel, ça coûte cher. Votre MBA sera le meilleur moyen, et le plus économique, d’amenuiser vos pertes. Plus vous obtiendrez de connaissances et de compétences dès maintenant, plus vous vous éviterez des erreurs coûteuses à l’avenir ».


On pourrait dire que les programmes de MBA ont révolutionné notre approche par rapport à la gestion au 20e siècle. En ce 21e siècle, nous n’avons jamais eu à relever des défis existentiels plus complexes (changements climatiques, soins de santé, terrorisme). Ce sont des problèmes créés par notre génération et celles qui ont précédé, et que la prochaine génération devra résoudre. Mais nous n’avons jamais eu autant de possibilités (technologie, science, sources mondiales de financement) pour relever ces défis. En tant que chefs d’entreprises et diplômés de MBA, nous avons le devoir non seulement d’aider les étudiants à se faire embaucher et à réussir, mais de mieux les préparer au monde complexe et difficile à venir. Prenons tous part à la réinvention du programme de MBA.


Alain Bellemare, MBA 1993 (président-directeur général, Bombardier), Tullio Cedraschi, MBA 1968 (président-directeur général, division des investissements, CN), Bertrand Cesvet, MBA 1988 (président exécutif du conseil et associé principal, Sid Lee), Darren Entwistle, MBA 1988 (président exécutif, TELUS), Lili de Grandpré, MBA 1981 (directrice générale, CenCEO Consulting), Marie-Josée Desrochers, EMBA 2014 (directrice artistique, Orchestre symphonique de Montréal), Ron Duerksen, MBA 2001 (chef de la stratégie, faculté de gestion Desautels, Université McGill), Rita-Rose Gagné, EMBA 2012 (vice-présidente exécutive, marchés en croissance, Ivanhoé Cambridge), Dave Hackett, MBA 2002, (producteur exécutif, Hakuhodo DY Media Partners, à Tokyo), Inez Jabalpurwala, MBA 2001 (présidente et pdg, Fondation Neuro Canada), Hubert T. Lacroix, MBA 1981 (président-directeur général, CBC/Radio-Canada), Eduardo Mandri, MBA 2000 (président, Tuango), François Moscovici, MBA 1987 (associé et administrateur, White Water Group), Luc Pinard, MBA 1975 (vice-président exécutif, performance de l’entreprise et gestion des connaissances, CGI), Samer Saab, MBA 1996 (chef de la direction, eXplorance), Alexander Toeldte, MBA 1986 (président du conseil, Jitasa), Bill Webb, MBA 1993 (chef des investissements, Gluskin Sheff), Renée Yardley, MBA 1997 (vice-présidente, ventes et marketing, Tembec).


 


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