Le délégué du Québec à New York se prépare à une montée du protectionnisme

Publié le 12/09/2016 à 11:50

Le délégué du Québec à New York se prépare à une montée du protectionnisme

Publié le 12/09/2016 à 11:50

Par François Normand

Le dÉlégué général du Québec à New York, Jean-Claude Lauzon. (crédit photo: Sylvie-Ann Paré)

En poste depuis décembre 2014, le délégué général du Québec à New York, Jean-Claude Lauzon, se bat constamment pour préserver l'accès des marchés publics aux entreprises québécoises aux États-Unis. Et il s'attend à devoir en faire plus après l'élection présidentielle.

«Absolument, c'est un dossier prioritaire pour nous. Il va falloir en faire davantage», affirme Jean-Claude Lauzon, joint par Les Affaires à son bureau à New York.

Et pour illustrer à quel point le travail de la diplomatie du Québec est primordial pour les entreprises québécoises, il donne l'exemple d'une récente proposition de l'État de New York qui aurait pu grandement nuire à l'industrie de l'acier et de l'aluminium dans la province.

Cet État voulait inclure une clause du Buy American dans son budget. Or, ce sont les démarches de la délégation du Québec qui ont convaincu le gouvernement de faire marche arrière, selon Jean-Claude Lauzon.

«On a fini ça à 4h30 du matin, avant que cela aille au budget, dit-il. Ce sont des milliers d'emplois au Québec qui auraient pu être affectés dans l'industrie de l'acier et de l'aluminium.»

Ce cas n'est qu'un exemple du travail fait dans l'ombre par la diplomatie québécoise. Car chacun des 50 États américains à la possibilité d'avoir son propre Buy American Act, sans parler du gouvernement fédéral.

Cela dit, la majorité des entreprises québécoises qui brassent des affaires avec des sociétés privées aux États-Unis n'ont rien à craindre. «Il y a 4 500 entreprises au Québec qui font affaire aux États-Unis tous les jours, alors, cela ne les touche pas toutes», souligne Jean-Claude Lauzon.

Par contre, le Buy American - ou le Buy America, qui encadre uniquement le transport public - concerne les achats faits par un État notamment pour le transport en commun, les ports, les aéroports, les commissions scolaires ou les hôpitaux.

Ce qui inquiète Jean-Claude Lauzon, c'est qu'on assiste à une montée du protectionnisme aux États-Unis et ailleurs dans le monde.

«Non seulement le protectionnisme fait la manchette ici au niveau des élections qui s'en viennent, mais on l'a vu avec le Brexit et dans plusieurs pays d'Europe. On a vu ce qui s'est passé en Autriche [où l'extrême droite a presque gagné la présidentielle en mai, qui a été annulé par la suite] ... Quand certains pays ont de la difficulté au niveau économique, le protectionnisme est le premier réflexe qu'ils ont.»

Depuis son élection en novembre 2008 (en pleine récession mondiale), le président sortant Barack Obama a fait adopter plusieurs mesures protectionnistes.

Par exemple, en décembre 2015, il a signé le Fixing America’s Surface Transportation Act (FAST Act). Ainsi, le pourcentage de contenu américain exigé actuellement (60 %) pour le matériel de transport en commun (Buy America) passera à 65% en 2018 et à 70% en 2020.

«Ces exigences de contenu américain auront des répercussions négatives sur les entreprises québécoises, particulièrement dans les secteurs des transports et de l’acier de construction», souligne dans un courriel à Les Affaires le ministère de l'Économie, de la science et de l'Innovation (MESI).

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