Le b.a.-ba de l’assurance pour les entrepreneurs

Publié le 22/06/2016 à 09:30

Au Québec, une personne sur cinq songe à se lancer en affaires, et près de 80 % des entreprises sont créées à partir de rien, indique la Fondation de l’entrepreneurship.

Ainsi, la majorité des PME ne sont ni le fruit d’un rachat ni d’un transfert, mais plutôt la somme de nombreux efforts d’entrepreneurs qui ont investi temps, talents et argent pour donner vie à leur vision.

« C’est pourquoi la valeur d’une entreprise, de même que la capacité de travailler de ses dirigeants, sont des richesses à protéger, explique Antoine M. Falciglia, directeur régional, planification financière et successorale, Financière Sun Life. En plus d'assurer aux proches une protection en cas de décès, d’accident ou de maladie, plusieurs produits d’assurance permettent du même coup d’assurer la pérennité de l’entreprise et à la protéger du mieux possible. »

Assurance vie, assurance invalidité, assurance maladies graves… Peu importe leur nature, ces produits doivent s’intégrer au cycle de vie des entreprises. « L’important, c’est que les protections évoluent selon la valeur de l’entreprise et ses besoins — assurances pour les dirigeants, actionnaires, collaborateurs clés, employés, etc. –, et sa capacité de payer », ajoute Richard Chiasson, directeur régional des ventes de produits d’assurance individuelle, Financière Sun Life. « Par exemple, une entreprise en démarrage, qui a souvent moins de moyens, pourrait opter pour une assurance vie temporaire, dont la prime est moins élevée, puis la convertir plus tard en police permanente. »

Le grand potentiel de l'assurance vie

L’assurance vie est le produit le plus souvent offert aux entreprises. En plus d’assurer une protection financière aux proches en cas de décès, elle peut financer une convention entre deux actionnaires copropriétaires ; si l’un d'eux décède, la somme versée par l’assureur permettra au survivant de racheter la part de l’autre.

L’assurance vie peut aussi viser un collaborateur clé, par exemple, un représentant qui génère 60 % d’un chiffre d’affaires, illustre Antoine M. Falciglia. « Cette protection contribue à protéger l'entreprise d'importantes pertes financières et peut aider à rassurer les clients et les fournisseurs. »

Lorsqu’elle est souscrite par l’entreprise elle-même, une assurance vie peut aussi constituer un levier financier, notamment au sein d’une stratégie de maximisation de succession : au décès, si certaines conditions sont respectées et selon des règles fiscales bien établies, les prestations pourraient devenir non imposables puisqu’elles seraient versées au nouvel actionnaire, le plus souvent, le conjoint. Il est aussi possible d’utiliser une assurance vie dans une stratégie de retraite : dans ce cas, l’entrepreneur peut contracter un prêt garanti par cette police afin de recevoir une source stable de revenu de son vivant.

Finalement, un contrat d’assurance vie peut également faciliter la recherche de financement pour agrandir une entreprise ou pour acheter un concurrent.

L’assurance vie créditeur : pour emprunter « en paix »

Tout comme une assurance prêt hypothécaire rembourserait un prêt si la personne assurée décédait, une assurance vie créditeur pourrait servir à couvrir les dettes d'une entreprise si cette même personne décédait.

Ce type de police, dont une partie de la prime payée par l’entreprise peut, dans certaines conditions, être déductible d’impôt, est offert soit par une institution prêteuse (sans l’intervention d’un représentant en assurance), soit par un représentant certifié en assurance. « Dans le dernier cas, la protection ne décroît pas dans le temps, l’entrepreneur peut garder le contrôle de son contrat et peut également se permettre de changer de prêteur, sans se soucier de son état de santé. Ce sont des éléments très avantageux », souligne Antoine M. Falciglia. « De plus, une entreprise en démarrage peut se servir de cette garantie pour obtenir du financement plus facilement. »

Invalidité et maladies graves : prévoir l’imprévisible

Malheureusement, personne n’est à l’abri d’un accident ou d’une maladie.

L’assurance invalidité permet de protéger le revenu qu’une personne est en mesure de générer par ses activités commerciales ou professionnelles. « Le seul désavantage de ce produit, c’est de ne pas en avoir !, affirme Richard Chiasson. C’est essentiel de pouvoir remplacer le revenu de l’entrepreneur, car l’entreprise pourrait ne pas survivre à cette épreuve. »

« Les actionnaires se protègent beaucoup en cas de décès – si je meurs, tu me rachètes, et vice versa –, mais en cas d’invalidité, il y a peu de protections en place », constate Antoine M. Falciglia. Or, les statistiques tendent à démontrer qu’avant l’âge de 65 ans, l’invalidité est un risque plus susceptible de se produire que le décès. »

L’assurance maladies graves, quant à elle, verse une prestation forfaitaire non imposable lorsqu’un diagnostic d’une des maladies couvertes est posé – le client doit survivre à la maladie pendant le délai d’attente prévu au contrat – et permet de réduire les préoccupations financières.

Dans le cadre d’un contrat d’assurance maladies graves en copropriété, l’entreprise couvre alors le risque si un coactionnaire est atteint d’une maladie grave. Si aucun malheur ne survient après une période déterminée, l’ajout de l’avenant « remboursement de primes » donne l’option à l’entreprise de récupérer les primes versées. Attention toutefois : « Il est important de démontrer le besoin d’assurance. Ce n’est pas un moyen de détourner des fonds, prévient Antoine M. Falciglia. La loi prévoit que s’il y a un appauvrissement de l’entreprise, ça ne fonctionne pas.»

Frais de bureaux et assurance santé

MM. Falciglia et Chiasson soulignent également que les entreprises peuvent se doter de polices d'assurance qui peuvent couvrir les frais de bureau (loyer, etc.) et les frais de santé (médicaments, hospitalisation, voyages, etc.) des dirigeants et des employés.

Gérer le risque intelligemment

Bien sûr, ces protections ont un coût. Les primes d'assurance sont calculées en fonction du sexe de l’entrepreneur, de son âge, de son état de santé, de son usage du tabac et de la valeur de l’entreprise. Plus une entreprise exige de protections, plus la prime augmente.

Cependant, un manque de planification pourrait coûter bien plus cher. En cas d’absence prolongée ou du décès d’un entrepreneur, qui est souvent le moteur et le gouvernail d’une entreprise, la productivité et la rentabilité pourrait décliner, le crédit se faire plus capricieux, et les fournisseurs, les clients, voire même les employés, pourraient vite aller voir ailleurs.

De quoi faire réfléchir, quels que soient la taille ou le stade de croissance de votre entreprise.

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