LDetek : le triomphe tranquille


Édition du 06 Mai 2017

LDetek : le triomphe tranquille


Édition du 06 Mai 2017

Par Pierre Théroux

[Photo: 123RF]

LDetek est méconnue des consommateurs. Pourtant, l'empreinte de cette PME de Thetford Mines se trouve dans une multitude de produits utilisés au quotidien aux quatre coins de la planète. Comme des téléphones cellulaires, des ordinateurs, des automobiles, des emballages en plastique ou encore des boissons gazeuses et des médicaments. La NASA et le CERN, ce prestigieux laboratoire scientifique européen, utilisent même les produits spécialisés conçus par cette entreprise qui n'a pas encore 10 ans.

«Notre expertise n'est pas connue du grand public, mais elle a fait ses preuves auprès des grands joueurs mondiaux», souligne Dany Gagné, directeur général de l'entreprise qu'il a fondée en 2009 avec Louis Paradis.

LDetek oeuvre dans une niche particulière : la conception et la fabrication d'analyseurs de gaz. Ses équipements utilisent la chromatographie, une technique de séparation des substances chimiques des composants d'un mélange. En clair, «l'analyseur de gaz sert à vérifier la pureté des gaz, comme l'argon, l'azote ou le CO2, qui entrent dans la fabrication de centaines de produits», explique Dany Gagné.

Ainsi, le dioxyde de carbone (CO2) qui permet la gazéification des boissons doit être exempt d'impuretés avant son intégration dans des boissons comme le Coke, le vin, les spiritueux ou la bière. Les analyseurs de gaz permettent de certifier la qualité des gaz en vérifiant les parties par million ou même par milliard. Il en va de même pour la production de semi-conducteurs, d'écrans plats, d'emballages alimentaires, de pièces automobiles, ou encore pour le traitement de l'acier.

Or, la technologie développée par LDetek a séduit les grands fournisseurs mondiaux de gaz industriel, comme Air Liquide, Praxair, Air Products ou Linde. La PME a réussi à se démarquer dans un marché qui compte seulement une demi-douzaine de concurrents, tous d'envergure internationale.

«Nos équipements sont très performants. Ils ont la capacité d'offrir des cycles d'analyse très rapides et des niveaux de sensibilité très élevés», fait valoir Dany Gagné. La recherche et le développement sont d'ailleurs au coeur des activités de l'entreprise, qui y consacre environ 20 % de ses revenus annuellement. «C'est le nerf de la guerre», dit-il.

Outre les producteurs de gaz industriel, qui représentent quelque 80 % de son chiffre d'affaires, LDetek compte des entreprises du secteur industriel et du domaine de l'électronique parmi sa clientèle.

Dany Gagné et Louis Paradis travaillaient depuis quelque 10 ans au sein de la firme Contrôle analytique, une entreprise de Thetford Mines qui fabriquait des analyseurs de gaz. Après sa vente en 2008 au géant britannique Servomex, qui a mis la clé sous la porte et rapatrié toute la production en Angleterre, les deux collègues sont brièvement restés en poste.

«L'entreprise nous a gardés comme consultants, et on faisait la navette entre le Québec et l'Angleterre», précise M. Gagné. Pour ce faire, les deux comparses avaient exigé d'être dégagés de tout contrat signé entre les propriétaires de Contrôle analytique et de Servomex. Ainsi libérés des clauses de non-concurrence, ils ont décidé de lancer leur propre entreprise de conception et de fabrication d'analyseurs de gaz.

«On connaissait très bien le marché et les améliorations à apporter aux équipements. On avait aussi un très bon réseau de contacts développé au fil des ans avec les clients chez qui on allait implanter des équipements», souligne le jeune entrepreneur de 36 ans.

L'aventure commence alors dans le garage de Dany Gagné, où les deux fondateurs conçoivent de nouveaux prototypes qu'ils s'empressent de faire breveter à l'échelle internationale. Ils engagent aussi d'anciens collègues qui avaient perdu leur emploi après la vente de Contrôle analytique.

Aujourd'hui, les analyseurs de gaz de LDetek, dont les prix varient de 20 000 $ à 200 000 $, sont vendus en quasi-totalité dans quelque 30 pays d'Amérique, d'Europe et d'Asie. Et ça ne fait que commencer ! «Les premières années ont surtout servi à des fins de validation. On faisait plutôt des ventes passives. On vient à peine de mettre le pied sur l'accélérateur pour accroître la commercialisation de nos équipements», indique M. Gagné.

La PME, qui a généré des ventes de 2 millions de dollars (M$) ces dernières années, prévoit tripler ses revenus à 6 M$ en 2017. Elle vient de décrocher un important contrat de 1 M$ au Qatar, auprès de la plus grande usine de purification et de liquéfaction d'hélium du monde. Elle mise aussi sur l'Asie, en particulier sur la Chine, où elle a ouvert en 2013 un bureau qui génère 50 % de ses revenus. La reprise économique aux États-Unis, où elle enregistre 30 % de son chiffre d'affaires, offre aussi un potentiel de développement. Elle s'attaque également à de nouveaux marchés, notamment l'Inde, et à d'autres secteurs, comme les industries de la santé, de l'alimentation et des raffineries. L'entreprise, qui comptait 15 employés il y a deux ans, en compte aujourd'hui 25 et prévoit augmenter ses effectifs à 30 d'ici la fin de l'année.

50 %

C'est la proportion des revenus de LDetek qui proviennent des ventes de l'entreprise en Chine.

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