La relève, mure pour prendre les commandes


Édition du 22 Avril 2017

La relève, mure pour prendre les commandes


Édition du 22 Avril 2017

Par Matthieu Charest

Une nouvelle génération arrive au pouvoir, saura-t-elle faire les choses autrement ? Grande question et vaste chantier, qui étaient au coeur de l'événement Tribu17, début avril dans les Laurentides. Trois jours de conférences, d'entrevues et de réseautage afin d'en débattre. Et comme pour montrer l'exemple, les organisateurs ont eux aussi décidé de faire les choses différemment.

Créé par l'Institut du Nouveau Monde, l'événement rassemblait des gens âgés de 30 à 45 ans, issus de tous les milieux. Banquiers, politiciens, journalistes, comptables, activistes, entrepreneurs, le mélange était éclectique pour amorcer les débats qui porteraient sur trois grands volets : l'argent, le pouvoir et l'identité.

La grande conférence d'ouverture était donnée par Steven Olikara, fondateur du Millennial Action Project. L'Américain tente de rassembler les «milléniaux» de toutes allégeances, afin de mettre fin au statu quo en politique. Un thème qui a permis de mettre la table pour l'événement. Les jeunes, leurs valeurs et leur potentiel seront au coeur des échanges. Pour M. Olikara, aucun doute : nonobstant les frontières, la jeunesse a la volonté et le pouvoir de bousculer l'ordre établi.

Marie-Antoinette et le pouvoir de l'argent

Le lendemain, la matinée a commencé avec le volet argent. Lors d'un panel animé par notre chroniqueur Diane Bérard, l'homme d'affaires Alexandre Taillefer a encore une fois pris position en faveur de la responsabilité sociale des entreprises, du salaire minimum à 15 $ et d'un filet social plus complet pour les travailleurs, tirant des flèches vers les Walmart de ce monde. «Le capitalisme doit être réinventé, sinon il connaîtra le même sort que Marie-Antoinette», a-t-il affirmé.

Les discussions se sont poursuivies avec un échange sur la responsabilité et l'impact social des entreprises. Très axée sur le développement durable, l'ancienne travailleuse sociale devenue femme d'affaires Natalie Voland, présidente de Gestion immobilière Quo Vadis se distingue par sa volonté de préserver le patrimoine des immeubles que son entreprise exploite. «Quand j'ai pris les rênes de l'entreprise [familiale], les gens trouvaient ça "cute" que je veuille faire les choses différemment», raconte-t-elle. Comme quoi le changement ne s'applique pas sans heurts.

Pour Nicolas Duvernois, PDG de PUR Vodka, de Romeo's gin et blogueur à Les Affaires, «le fait de s'engager comme entrepreneur met de la pression sur les autres pour faire de même. Il ne faut pas attendre le gouvernement pour recevoir de l'aide. Nous, les jeunes entrepreneurs, nous ne sommes pas l'avenir du Québec, nous sommes le présent.»

«Il faut que tous, peu importe la nature de l'incorporation, embarquent», a conclu Simon Robert, directeur de la responsabilité sociétale chez Loto-Québec.

D'autres jeunes entrepreneurs de milieux très divers ont parlé de leur engagement. Simon De Baene, de GSOFT (également blogueur à Les Affaires), a implanté une culture d'entreprise à contre-courant. Dans son entreprise : vacances illimitées, bureaux temporaires à l'étranger pour que ses employés travaillent à des projets spéciaux et barista à temps plein au bureau. De quoi rendre sa société très attirante auprès des jeunes travailleurs. «Quand les grandes entreprises vont comprendre que les jeunes peuvent choisir entre un cubicule gris et un travail ailleurs, elles vont réagir», a-t-il lancé.

Corriger les erreurs du passé

Au fil des discussions traitant des deux thèmes suivants, le pouvoir et l'identité, le constat était toujours le même : les jeunes veulent faire les choses différemment et corriger les erreurs du passé. Au cours du deuxième volet, sur la politique, des élus d'à peu près tous les principaux partis étaient représentés. Malgré quelques échanges de flèches, ils se sont entendus sur le fond : la politique a mauvaise presse, et l'engagement de la nouvelle génération est crucial pour remédier à cette perception.

L'équation est assez simple, a résumé Alexandre Cloutier : si on parle de santé plutôt que de mettre l'accent sur l'éducation, c'est entre autres parce que les jeunes ne votent pas.

Bref, si plusieurs tentent de changer le système de l'intérieur, l'appui des citoyens est fondamental pour arriver à quelque chose sur ce plan.

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