La preuve que c'est possible


Édition du 08 Mars 2014

La preuve que c'est possible


Édition du 08 Mars 2014

Par Marie-Claude Morin

Paula Keays

Encore trop peu nombreuses, les dirigeantes féminines ? Difficile de prétendre le contraire. En 2012, elles ne représentaient que 18,1 % des cadres supérieurs des 500 plus grandes sociétés canadiennes, selon Catalyst. Les femmes que nous vous présentons prouvent toutefois qu'il est possible de se frayer un chemin jusqu'au sommet, y compris dans des services gorgés de testostérone. De quoi inspirer nos lectrices (et lecteurs !) à viser, eux aussi, les hautes sphères... et à les atteindre !

Josée Perreault : accepter d'être mutée partout sur la planète

Elle jure n'avoir jamais rêvé d'être pdg. Pourtant, le poste qu'occupe Josée Perreault en ferait baver plusieurs d'envie. Vice-présidente principale aux affaires mondiales, elle gère de Californie toutes les unités d'affaires d'Oakley, mis à part les activités américaines. C'est d'elle que relèvent les cinq vice-présidents régionaux... et que dépendent les trois quarts du chiffre d'affaires de 1,5 G $US de la célèbre marque de lunettes.

Mais tout ça, il faut lui tordre un peu le bras pour qu'elle le précise. «Je m'en fous du titre. L'important est ce que tu fais de la job, comment tu prends des initiatives et à quel point tu penses outside the box», dit Josée Perreault en entrevue téléphonique.

Lorsque des femmes lui demandent conseil, elle les exhorte à calmer leur soif de grimper les échelons. «Quand tu es passionnée et que tu produis des résultats, ça arrivera puisque tu vas te faire découvrir.»

La Montréalaise d'origine est bien placée pour parler. En août, elle fêtera ses 20 ans avec la marque américaine, propriété du groupe italien Luxottica depuis 2007. Elle a d'abord été embauchée par le distributeur canadien d'Oakley, puis a été nommée directrice générale de la filiale canadienne lorsque, deux ans plus tard, la multinationale a internalisé la distribution.

De là, elle a fait son chemin. «Je suis arrivée où je suis maintenant en voyageant un peu partout dans le monde pour développer la marque et construire des équipes.» Envoyée trois ans à Paris pour «restructurer une partie de l'Europe», elle est revenue quelque temps au Canada pour des raisons personnelles, puis s'est installée à Zurich au début de 2008. Elle y a été pendant trois ans responsable de l'Europe, du Moyen-Orient et de l'Afrique. «Durant mon séjour à Zurich, la direction a décidé de m'envoyer en Californie [au siège social] et de me créer un rôle mondial.» Elle y collabore de très près avec le pdg, tout en passant au moins la moitié de l'année en déplacement.

Même si elle ne regrette rien, Josée Perreault avoue que ces décisions ont toujours été déchirantes. «C'est stressant au boutte une expatriation, et ça a des implications importantes pour la vie personnelle et familiale. Quand tu en as vécu une, tu hésites encore plus.» Surtout que son mari, le député caquiste Christian Dubé, vit toujours au Québec. Leur fils de 16 ans, par contre, l'a toujours suivie. «Ça a fait de lui un enfant hyper adaptable et super mature, qui connaît le monde», se félicite la femme de 50 ans, pour qui «tout rentre dans l'ordre quand on arrête de se sentir coupable».

À l'écouter, on se dit que Josée Perreault déborde de confiance. «Tu penses ça, hein ? Eh bien non», dément-elle vivement. Chaque fois qu'elle s'est fait offrir un gros poste, elle a douté d'être à la hauteur. Pourtant, elle a toujours dit oui. «Je n'ai jamais refusé de mandat, mais j'ai toujours défini très clairement les attentes, comment j'allais les atteindre et ce dont j'avais besoin pour y arriver», dit celle qui a «de grandes aspirations de croissance» pour la marque.

La confiance de Mme Perreault a d'ailleurs été vivement ébranlée récemment par l'arrivée d'un nouveau collègue, «brusque, intimidant et agressif». «J'ai vraiment mal réagi, perdant complètement confiance et me refermant sur moi-même.» La situation s'est envenimée au point où elle a dû demander l'aide de son pdg. «Je n'étais pas capable de m'en sortir toute seule», dit-elle, consciente que tous n'ont pas la chance d'avoir une telle confiance en leur supérieur. Mme Perreault raconte cet épisode sans amertume. Elle en ressort grandie, et c'est ce qu'elle a décidé de retenir. «C'est normal de frapper des murs. L'important, c'est d'apprendre de ces expériences.»

La dirigeante aura une nouvelle occasion d'apprendre cette année, puisqu'elle est devenue administratrice de WSP (anciennement Genivar) en janvier. La «rookie des conseils» compte bien y apporter son expertise en gestion de marque et en développement international. «Ils cherchaient quelqu'un de différent», dit-elle. Ils l'ont.

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