Coopérathon: quand 500 professionnels travaillent bénévolement

Publié le 24/10/2017 à 14:52, mis à jour le 24/10/2017 à 15:17

Coopérathon: quand 500 professionnels travaillent bénévolement

Publié le 24/10/2017 à 14:52, mis à jour le 24/10/2017 à 15:17

Par Diane Bérard

Des participants de la première édition du Coopérathon (photo: Renaud Vinet-Houle)

Jusqu'au 9 novembre se tient le Coopérathon 2017. Plus de 500 participants, à Montréal et à Québec - des programmeurs, des marketers, des entrepreneurs, des citoyens - cherchent des solutions à des enjeux liés à l’univers des fintechs, de la santé, de la ville intelligente et inclusive et de l’éducation. Cet événement est propulsé par Desjardins.


Le Coopérathon s’inspire de la formule hacketon, ces événements intensifs où, l’espace d’un week-end, on élabore en équipe une solution technologique à des enjeux sociaux. L’idée développée appartient à toute l’équipe. Si certains membres ne souhaitent pas poursuivre le projet au-delà du hacketon, ils peuvent céder leurs droits.


Desjardins a organisé son premier hacketon en novembre 2015, en collaboration avec l’organisation montréalaise Hacking Health. L’expérience, soutenue par Desjardins Assurances, s’est concentrée sur la recherche de solutions innovantes en santé. Plus de 250 participants ont généré 28 idées.


«Nous voulions tester si cet outil d’innovation pouvait générer du développement socio-économique, explique Federico Puebla, directeur de l’innovation chez Desjardins. Notre constat : le hacketon produit de bonnes idées inachevées. Comment s’assurer que celles-ci se réalisent?»


Ainsi naît la formule du Coopérathon. «Les participants au hacketon auraient souhaité être plus accompagnés et mieux outillés », poursuit Federico Puebla.


Le Coopérathon propose donc des ateliers correspondant aux étapes du développement d’un projet et un camp post-événement. Ceux-ci sont gratuits et la participation est optionnelle.


Une expérience de mixologie sociale


Pour la formation des équipes, Desjardins compte la « mixologie sociale ». Une expression empruntée à Alexandre Shee, directeur de la stratégie et des solutions chez Element AI. La mixologie sociale c’est la rencontre de porteurs de projets qui ont des carences à combler et d’experts qui ont envie de contribuer. Le 12 octobre dernier, ils ont été 700 à vivre cette expérience de mixologie sociale au New City Gaz. Les ateliers, quant à eux, se dérouleront chez les partenaires du Coopérathon, comme Deloitte et First Capital Partners. Pour le reste, les équipes travailleront où elles le souhaitent.


Les questions auxquelles les participants répondront pendant ces quatre semaines ont été imaginées par des organisations spécialistes de ces enjeux, comme Allo Prof. Mais elles peuvent aussi émerger des participants eux-mêmes.


C'est la 2e édition du Coopérathon. Cette année, Desjardins exporte son modèle en Europe. En plus de Montréal et Québec, des équipes travailleront à Lyon, grâce à un partenariat avec la banque CIC. De plus, l’événement a ajouté une catégorie de participants: les entrepreneurs qui désirent modifier leur modèle d’affaires existant pour y infuser un impact social. Le projet gagnant de cette catégorie participera à une semaine intensive à l’accélérateur Plug and Play, à Silicon Valley. Des prix en argent seront remis à trois autres projets.


Quelle différence entre le Coopérathon et un programme d’accélération?


«Les programmes d’accélération visent uniquement les entrepreneurs, répond Federico Puebla. Les hacketons et le Coopérathon incluent les grandes entreprises, les employés et les citoyens. Et on exige des projets à impact social durable. Peu d’accélérateurs ont cette demande.»


Un défi d’ouverture pour les entreprises


La plupart des participants ont un emploi. Certains gestionnaires pourraient voir leur participation au Coopérathon d’un mauvais œil. Et craindre une baisse de leur productivité pendant l’événement. Ou redouter leur départ par la suite pour se consacrer à temps plein au projet. «Je comprends qu’au niveau de la maturité et de l’évolution des consciences nous ne sommes pas tous à la même place, dit Federico Puebla. Toutefois, les entreprises sont de plus en plus engagées socialement. La participation de leurs employés à des événements comme le Coopérathon devient une contribution supplémentaire au bien collectif.»

À suivre dans cette section


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